Après la condamnation de Binance, les filiales sous pression
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L'accord avec le département américain de la Justice et la reconnaissance de culpabilité de Binance et de son PDG vont avoir des conséquences pour les filiales du groupe, notamment en France.

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C'est une conséquence collatérale, mais en reconnaissant mardi sa culpabilité devant les autorités américaines pour sauver l'entreprise, Changpeng Zhao a mis dans l'embarras toutes les autres filiales de la société.

"Pour être régulée en France, une entité doit présenter des dirigeants et des actionnaires compétents mais surtout honorables, ce qui ne semble plus être le cas pour Binance", explique William O'Rorke, avocat associé pour le cabinet ORWL.

L'accord scellé avec Washington prévoit bien le départ de Changpeng Zhao de la direction opérationnelle de son entreprise, mais ce dernier a confirmé dans un message posté sur les réseaux sociaux qu'il entendait rester actionnaire de Binance. Un point qui devrait compliquer de nombreux dossiers, notamment ceux visant l'obtention de licences réglementaires.

À ce jour, le dossier d'agrément PSAN (prestataire de services sur actifs numériques) déposé en France par l'entreprise est au point mort. L'obtention de ce dernier est capitale, car il sera obligatoire pour continuer à exercer à partir de 2025.

Et preuve que les régulateurs français sont sensibles aux affaires américaines de Binance, un second dossier déposé pour autoriser le retour des produits dérivés (futures) sur sa plateforme n'a pas avancé d'un iota. Selon nos informations, l'AMF redoutait qu'une condamnation de Binance aux États-Unis ternisse sa réputation.

Un avenir européen incertain

Binance emploie actuellement près de 150 personnes dans l'Hexagone et dispose même d'un incubateur à Station F, la plus grande pépinière de start-up d'Europe, installée à Paris. À ce jour, c'est depuis la capitale française que Binance pilote toute sa stratégie européenne.

"Binance a fait d'énormes progrès dans sa structuration ces dernières années, en témoigne son enregistrement PSAN (moins exigeant que l'agrément mais suffisant pour opérer actuellement, ndlr) obtenu en 2022 en France", souligne une autre source proche de Binance. "Néanmoins, sa culture d'entreprise reste à améliorer."

Ce qui est sûr, c'est que le temps est compté et que les régulateurs attendent des résultats. Notamment car l'entreprise fait l'objet de plusieurs enquêtes diligentées en France, notamment pour "blanchiment aggravé".

"Si Binance n'entame pas une révolution réglementaire rapidement, il sera difficile d'envisager un futur, surtout dans l'Hexagone", confie une source proche du dossier. La question est la même dans plusieurs pays européens. Est-ce pour cette raison que la plateforme a commencé à retirer dès cet été ses dossiers dans plusieurs pays européens ? Sollicitée, Binance n'a pas souhaité faire de commentaire.

En attendant, si les dossiers n'avancent pas, l'éventualité d'une fermeture progressive des filiales n'est pas à exclure. "C'est plus que jamais une hypothèse car les autorités pourraient également choisir de retirer l'enregistrement PSAN obtenu en 2022", poursuit un bon connaisseur du secteur.

Format
Analyses
Louis Tellier

Louis Tellier est Lead Institutional Research chez Blockstories, où il se concentre sur le développement de l’offre institutionnelle dédiée aux actifs numériques. Il a rejoint Blockstories en avril 2025. Fondée en 2022, Blockstories est basée à Berlin et dispose d’une présence en France et en Suisse.

Avant de rejoindre Blockstories, Louis Tellier a travaillé comme journaliste crypto chez The Big Whale d’août 2023 à janvier 2025, couvrant les sujets liés aux crypto-actifs et à la blockchain. Auparavant, il a été journaliste à L’AGEFI de mai 2022 à juillet 2023, avec une spécialisation sur les cryptomonnaies. Plus tôt dans sa carrière, il a travaillé comme journaliste web et vidéo chez BFM Business, puis comme journaliste vidéo au Figaro. Il a également enseigné le journalisme à l’IICP à Paris pendant trois ans et demi, avec un focus sur le journalisme vidéo web. Louis Tellier est diplômé de Sciences Po Grenoble et de l’Université de Lille.

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