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Base : l'énorme potentiel du layer 2 de Coinbase

Base : l'énorme potentiel du layer 2 de Coinbase

Base : l'énorme potentiel du layer 2 de CoinbaseBase : l'énorme potentiel du layer 2 de Coinbase

Présenté en février et lancé officiellement en août, Base s’est rapidement imposé parmi les solutions de scalabilité d’Ethereum les plus utilisées. Décryptage des enjeux liés à son développement.

Depuis plusieurs mois maintenant, la guerre des layers 2 fait rage et Coinbase y est officiellement entrée le 9 août, date à laquelle sa solution de scalabilité Base a été déployée sur le mainnet.

Au-delà de l'objectif affiché d'embarquer “le prochain milliard d'utilisateurs et le prochain million de développeurs sur la blockchain”, Base a surtout permis à Coinbase de trouver de nouveaux relais de croissance. Et de ce point de vue, le lancement est réussi.

En un peu plus de 5 mois, Base a intégré le podium des layers 2 en termes de valeur totale immobilisée (TVL) avec un peu moins de 400 millions de dollars, derrière Arbitrum (2,35 milliards de dollars) et Optimism (820 millions de dollars). Il a même intégré le top 10, toutes blockchains confondues, selon les données agrégées par DeFi Llama.

Base a généré plus de 5 millions de dollars de revenus à partir des transactions effectuées par les plus de 390 000 utilisateurs, selon les données agrégées par le gestionnaire d’actifs 21Shares sur Dune Analytics.

Ces bons chiffres ont en grande partie été réalisés grâce au lancement l’été dernier du réseau social FriendTech, dont la frénésie passagère a provoqué un nombre record de transactions sur Base, avec un pic à 1,8 million la journée du 14 septembre puis 1,4 million le 2 octobre.

Mais la spéculation n'explique pas uniquement le succès du layer 2 de Coinbase. “Base a mis en place un système d'onboarding très complet. Contrairement à d'autres blockchains, il est bien plus facile de s'y déployer. Grâce à cela, ils ont réussi à mobiliser une communauté importante assez rapidement”, remarque Mounir Benchemled, CEO de l’agrégateur de DEX ParaSwap, qui s’est également déployé en septembre sur le layer 2 de Coinbase.

Une alliance stratégique avec Optimism

Pour lancer son layer 2, Coinbase a choisi d’utiliser l’OP-Stack, l’optimistic roll-up développé par Optimism lancé en juin dernier.

“Aujourd’hui, l’OP-Stack est la solution de layer 2 la plus développée. Optimism offre également l’avantage de fournir une roadmap plus claire que ses concurrents et un accompagnement pour les projets plus poussés”, poursuit Mounir Benchemled. Des arguments forcément différenciants pour une entreprise aux ambitions institutionnelles comme l’entreprise dirigée par Brian Armstrong.

Quelques semaines après le lancement de Base, Coinbase a annoncé partager la vision d’Optimism fondée sur les principes d’une “Superchain”, soit un réseau de layers 2 interopérables entre eux.

Le 24 août, les deux entreprises ont même annoncé un accord de partage des revenus générés par Base. En retour, le layer 2 de Coinbase pourra recevoir jusqu’à 118 millions de tokens OP (environ 250 millions de dollars au cours actuel) sur une période de 6 ans, ce qui lui permettra de participer à la gouvernance d’Optimism.

Profiter de sa marque

“Même si Base a eu un départ intéressant, il devra trouver sur le long terme des éléments différenciants par rapport aux autres solutions de layer 2”, avertit Stanislas Barthélémi, responsable blockchain & crypto chez KPMG.

Base dispose d’une base potentielle de plus de 100 millions d’utilisateurs et de la puissance d’une marque qui est actuellement l’une des plus rassurantes du marché en termes de réglementation.

“Ces dernières années, Coinbase a dépensé énormément d’argent pour simplifier au maximum son expérience utilisateur à la fois pour sa plateforme mais aussi pour ses différents produits comme Coinbase Wallet. Elle pourrait en faire de même pour Base et ainsi s’assurer une traction intéressante”, poursuit Stanislas Barthélémi.

Les possibilités ne manquent pas, d’autant plus que l’USDC, le stablecoin de Circle, est disponible depuis début septembre de manière native sur Base, c’est-à-dire sans passer par un bridge. Pour Stanislas Barthélémi, “cette intégration ouvre un champ des possibles assez important pour du paiement du quotidien ou cross-border à moindre frais. Coinbase a clairement de nombreux leviers à actionner pour rendre viable Base”.

La décentralisation en ligne de mire

Au-delà de faciliter l’accès pour ses utilisateurs à la blockchain, Coinbase n’a cessé de marteler ces derniers mois sa volonté de décentraliser le fonctionnement de Base pour en faire “une plateforme ouverte et neutre où les développeurs et les utilisateurs peuvent participer librement”, explique l’entreprise qui pour le moment n’a pas dévoilé de calendrier précis.

Un temps évoqué comme une possibilité “à un moment donné dans le futur” par son directeur juridique Paul Grewal, le lancement d’un token natif pour Base a pour le moment été totalement exclu par le CEO Brian Armstrong. “Nous n’avons pas prévu de créer un jeton pour Base”, a-t-il expliqué début décembre au média américain Decrypt.

“Il est plus difficile d’imaginer décentraliser un layer 2 sans token”, soulève Mounir Benchemled. “Un token procure davantage de flexibilité pour mettre en place des modèles de gouvernance ou des incitations à utiliser le protocole”, complète-t-il.

Il faut dire que l’environnement américain n’est pas forcément propice à un tel lancement, la Securities and Exchange Commission (SEC) ayant drastiquement resserré la vis réglementaire concernant le secteur crypto depuis la chute de FTX. Depuis plusieurs mois, le gendarme boursier américain tend à considérer la majorité des cryptos ou tokens comme des titres financiers. Une requalification que Coinbase souhaite éviter plus que tout.

“En raison de cette menace et du manque de clarté dans les règles, de nombreux projets ont mis en stand-by leur projet de token”, confie un entrepreneur français qui vient de passer plusieurs mois aux États-Unis.

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