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EigenLayer, Symbiotic : la guerre du restaking a commencé

EigenLayer, Symbiotic : la guerre du restaking a commencé

EigenLayer, Symbiotic : la guerre du restaking a commencéEigenLayer, Symbiotic : la guerre du restaking a commencé

Opportunité majeur de ce cycle, le restaking est au cœur de nombreux projets à fort potentiel. Entre EigenLayer, Symbiotic, Karak et même Babylon, nous dressons un comparatif des forces en présence.

Introduction au restaking 🧬

La notion de restaking a été largement popularisée par EigenLayer, qui a été le premier projet à se lancer publiquement dans ce domaine.

Le staking consiste à immobiliser une cryptomonnaie spécifique pour sécuriser son propre réseau, par exemple, staker de l’ether (ETH) pour sécuriser Ethereum.

Le restaking, quant à lui, consiste à sécuriser un projet décentralisé en s’appuyant sur une crypto qui n’est pas native dans son fonctionnement. Par exemple, sécuriser un projet X avec de l’ether. L’idée est de créer une réserve de valeur qui peut ensuite servir de sécurité commune aux projets qui utilisent les protocoles de restaking.

L’avantage principal est qu'un même token peut contribuer à la sécurité d'un nombre illimité de projets. Cependant, plus un token sécurise de projets, plus il est exposé à des risques de slashing (une sanction financière contre les “mauvais” stakers et restakers).

Le restaking répond à un problème majeur : le coût de la sécurité économique des projets décentralisés, en particulier lors de leurs débuts.

En effet, un projet sécurisé uniquement par le staking de son propre token peut être attaqué, surtout si la valeur de son token est faible.

De plus, comme la plupart des nouveaux projets optent pour des récompenses de staking élevées pour compenser les risques associés à l'exposition d'un token émergent, cela engendre une inflation très élevée sur ces tokens.

Restaker un token comme l’ETH permet de s’appuyer sur un actif ayant une grande capitalisation et de réduire les émissions de tokens liées à la sécurité du réseau.

L’idée de sécurité économique commune avait déjà été abordée avec les “Parachains” dans l’écosystème Polkadot et l’"Interchain Security" pour l’écosystème Cosmos.

L’avantage du restaking est qu’il offre plus de flexibilité aux projets qui souhaitent utiliser cette sécurité, notamment en ne les soumettant pas à des sanctions lorsqu’ils souhaitent l’abandonner au bout d’un certain temps.

La multiplication des protocoles de restaking

Le restaking a été rapidement considéré comme une innovation majeure avec un important potentiel. Plusieurs protocoles ont émergé pour saisir cette opportunité. L'objectif principal de chaque protocole de restaking est de connecter une offre avec une demande :

  • Offre : accumulation d’une grande quantité de valeur verrouillée dans leur protocole
  • Demande : des projets qui veulent bénéficier de la sécurité offerte par le protocole de restaking

Pour atteindre ces objectifs, les protocoles de restaking cherchent à se différencier les uns des autres.

Le type de garantie acceptée par ces protocoles est un élément de différenciation. La valeur d'un token restaké n'est pas le seul indicateur important. Il faut également prendre en compte d'autres facteurs tels que sa volatilité et ses dépendances.

Par exemple, un ETH restaké nativement a plus de valeur qu'un token de liquid staking (comme le stETH de Lido), car ce token dépend également du protocole qui l'émet.

Nous proposons une analyse globale de des différents protocoles de restaking pour attirer la liquidité et sécuriser des projets.

EigenLayer

EigenLayer bénéficie de l'avantage du premier arrivé.

Le protocole a rapidement attiré 20 milliards de dollars de valeur verrouillée, en grande partie grâce à de nombreux projets qui ont annoncé très tôt leur intention de se lancer dessus.

EigenLayer a lancé son token EIGEN qui renforce la sécurité offerte par le restaking. Le token EIGEN facilite le consensus sur les données qui ne peuvent pas être directement vérifiées sur le réseau où elles sont stakées, mais qui peuvent être validées par un "accord intersubjectif" (consensus entre plusieurs observateurs humains). Pour plus de détails, lisez notre analyse détaillée.

EigenLayer est actuellement le seul protocole de restaking à supporter le staking natif d'ETH. Cela permet d'éviter de dépendre uniquement de tokens de staking liquide et offre un collatéral plus "pur".

EigenLayer fournit de la sécurité aux AVS "Actively Validated Services", le terme technique qui désigne les projets qui souhaitent bénéficier de sa sécurité. Comme l'explique Sreeram Kannan, le PDG d'Eigen Labs, EigenLayer peut servir de base au développement de centaines d'applications qui offriront des services spécialisés aux acteurs du Web3 et du Web2.

EigenLayer a publié une liste de services à fort potentiel qui peuvent être construits sur son protocole.

En plus de cela, Eigen Labs (la start-up à l'origine de son développement) a lancé l'initiative "Build on Eigen" pour accompagner les projets qui souhaitent se lancer sur EigenLayer.

EigenLayer a choisi de commencer comme un protocole avec une centralisation assez forte autour d'Eigen Labs : il construit ses propres AVS, l'équipe est largement mise en avant, les smart contracts peuvent être modifiés, les AVS doivent être validés par Eigen Labs.

Karak

Karak a été le deuxième protocole de restaking a avoir été annoncé publiquement.

Karak se différencie notamment par le fait d’accepter une grande variété de tokens pour son offre de restaking dont des tokens assez exotiques comme le stablecoin USDe d’Ethena (lire notre analyse), des tokens de produits dérivés émis par Pendle et même des tokens de restaking liquide dérivés d’ethers restakés sur EigenLayer.

Malgré cela le protocole reste loin derrière EigenLayer en termes de traction, puisque cela lui a pris plusieurs mois avant d'atteindre 1 milliard de dollars de valeur immobilisée (actuellement le seuil maximal de dépôt).

Karak a récemment annoncé un partenariat avec Wormhole qui compte construire deux AVS sécurisés par Karak. Par ailleurs, Karak a déclaré construire son propre AVS : un agrégateur de réseaux de data availability tels que Celestia, Avail et EigenDA.

Symbiotic

Symbiotic a été annoncé publiquement au début de juin 2024 et se positionne ouvertement comme un concurrent d’EigenLayer.

Il tire sa force de son lien étroit avec Lido, le leader incontesté du staking liquide (voir notre analyse). Konstantin Lomashuk et Vasiliy Shapovalov, les cofondateurs de Lido, ont activement financé Symbiotic.

De plus, Symbiotic fait partie de la “Lido Alliance”, un groupe de protocoles visant à étendre l'utilisation du stETH, le jeton de staking liquide de Lido, en particulier dans l’activité de restaking.

En effet, Lido souhaite conserver le stETH en tant que leader du staking liquide tout en exploitant les opportunités offertes par le restaking.

Contrairement à EigenLayer, où les utilisateurs délèguent leurs tokens restakés à des opérateurs qui choisissent les AVS à sécuriser, Symbiotic utilise un système de vaults qui permet aux utilisateurs de choisir directement les AVS à sécuriser.

Dès son lancement, Symbiotic a annoncé des partenariats avec des protocoles majeurs de l’écosystème (Ethena, LayerZero, Hyperlane, etc.).

Il est à noter que des projets comme Hyperlane envisagent de se construire à la fois sur EigenLayer et Symbiotic. Il n'est donc pas impossible que des projets s'appuient sur plusieurs protocoles de restaking simultanément.

En moins de deux jours, Symbiotic a attiré 250 millions de dollars en dépôts, même s'il n'est actuellement pas possible de déposer plus (ce seuil augmentera progressivement).

Symbiotic adopte une approche différente de celle d'EigenLayer en termes de stratégie. L'équipe du projet est moins mise en avant et les contrats intelligents sont immuables. De plus, l'équipe à l'origine de Symbiotic a annoncé qu'elle ne lancerait pas d'AVS construite par elle-même pour que le protocole reste le plus neutre possible.

Enfin, Symbiotic envisage à terme de se déployer au-delà d'Ethereum et de devenir agnostique en termes de blockchain.

Babylon

Babylon n'est pas en concurrence directe avec les protocoles mentionnés ci-dessus.

En effet, Babylon est construit sur le réseau Bitcoin et vise à permettre le restaking de bitcoins natifs. Il sera donc éventuellement possible de générer des rendements sur des bitcoins, ce qui représenterait une grande opportunité pour ce token dont l'utilité reposait jusqu’à présent sur la simple détention.

Le projet semble avoir réussi à intégrer un système de slashing sur le réseau Bitcoin, qui est pourtant très limité en termes de possibilités.

Pour le moment, Babylon est toujours en phase de testnet.

Les autres ?

Il existe d'autres protocoles de restaking tels que Picasso, qui souhaite permettre de restaker des tokens depuis différents réseaux de l'écosystème Cosmos et même de Solana.

De la même manière, Solayer vise à permettre le restaking sur Solana.

Cependant, ils ne bénéficient pas du même niveau de traction que les protocoles de restaking que nous avons mentionnés plus tôt.

Pour l'instant, le restaking semble avoir du mal à gagner du terrain en dehors de l'écosystème Ethereum (et éventuellement Bitcoin).

L'avis de The Big Whale 🐳

EigenLayer reste à ce jour le leader incontesté du restaking, grâce à deux avantages majeurs : le support du staking natif d'ETH et le token EIGEN qui renforce la sécurité offerte par le protocole.

Symbiotic semble se positionner en tant que concurrent sérieux d'EigenLayer, en s'efforçant de se présenter comme la plateforme de restaking la plus neutre possible dès le départ. EigenLayer, quant à lui, privilégie une approche de décentralisation plus graduelle.

D'autre part, Karak n'offre pas de perspectives précises, hormis la possibilité de supporter le restaking d'un grand nombre de tokens, une caractéristique qui sera également disponible sur EigenLayer et Symbiotic à l'avenir.

Enfin, Babylon semble également prometteur, notamment avec la possibilité d'offrir plus d'utilité à Bitcoin et un rendement pour ses détenteurs.

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