SWIFT accélère dans la blockchain. Selon nos informations, le réseau interbancaire a retenu Linea, le layer 2 développé par l'entreprise américaine Consensys, pour expérimenter le passage de son système de messagerie “onchain”. Plus d'une dizaine de banques participent à cette expérimentation, parmi lesquelles BNP Paribas et BNY Mellon.
“Le projet mettra plusieurs mois avant de voir le jour, mais c'est la promesse d'une mutation technologique importante pour l'industrie des paiements interbancaires internationaux”, souffle une source au sein d'une des banques partie prenante.
Toujours selon nos informations, SWIFT, qui réunit 11.000 banques, travaillerait également sur un "token interbancaire".
Créée dans les années 1970, SWIFT n'est pas une banque ni un système de paiement à proprement parler. Il s'agit d'une messagerie sécurisée qui permet aux établissements financiers d'échanger des instructions de paiement dans un format standardisé. Chaque institution dispose d'un code unique, appelé BIC ou code SWIFT, qui lui permet d'être identifiée.
Lorsqu'une entreprise française doit régler un fournisseur brésilien, par exemple, la banque de l'acheteur envoie via SWIFT un message au format MT103 à la banque du vendeur, ou à une banque correspondante si elles n'ont pas de relation directe. L'argent lui-même ne circule pas sur SWIFT : il transite via les comptes que les banques détiennent entre elles, appelés nostro/vostro, ou via les systèmes nationaux de règlement.
Cette architecture a fait de SWIFT la colonne vertébrale de la finance internationale, avec plus de 11 000 institutions connectées et des milliards de messages échangés chaque année. Mais elle reste lourde, dépendante de relais multiples, et repose sur une infrastructure centralisée.
Pourquoi Linea ?
C'est dans ce contexte que SWIFT s'intéresse aux blockchains. Selon nos informations, le consortium bancaire estime que ces technologies pourraient offrir plus de rapidité, de transparence et de programmabilité dans le traitement des paiements, sans remettre en cause la nécessité de contrôles stricts.
Le choix de Linea, un réseau de seconde couche d'Ethereum, n'est pas anodin. Développé par Consensys, Linea met l'accent sur la confidentialité des transactions grâce à l'usage de preuves cryptographiques avancées.
>> L’analyse fondamentale de Linea
Un atout décisif pour SWIFT et ses partenaires, soucieux de concilier les promesses de la blockchain avec les impératifs de la banque, notamment en matière de protection des données et de respect des réglementations.
>> Sharplink, le bras armé de Consensys et Linea
Ce que pourrait changer la blockchain
Dans un scénario futur, un transfert international pourrait ne plus passer par une succession de messages et de comptes correspondants. L'instruction de paiement et son règlement pourraient être fusionnés dans une même transaction on-chain, validée simultanément par les participants au réseau.
Un paiement entre une banque européenne et une banque asiatique pourrait, par exemple, être inscrit sur Linea sous forme de transaction sécurisée, avec une visibilité en temps réel sur son avancement, des coûts réduits et une interopérabilité accrue avec d'autres actifs financiers tokenisés (obligations, actions, stablecoins).
>> Neuf banques européennes s’unissent pour lancer un stablecoin euro
L'annonce ne marque toutefois pas une bascule immédiate. Nos sources bancaires évoquent plusieurs mois de développement et de tests avant une première mise en production. Les enjeux techniques sont nombreux : interconnexion avec les systèmes bancaires existants, respect des standards de conformité, robustesse des mécanismes de confidentialité.
Pour l'heure, il s'agit donc d'un pilote exploratoire, mais il mobilise déjà un cercle restreint d'institutions financières de premier plan qui y voient l'opportunité de se préparer à une éventuelle mutation de l'infrastructure mondiale des paiements.
>> Rapport The Big Whale - Comment les spécialistes des paiements intègrent les actifs numériques









.png)




