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"Je fais ce que je veux de mon argent" : ces jeunes qui misent tout sur les cryptos

"Je fais ce que je veux de mon argent" : ces jeunes qui misent tout sur les cryptos

"Je fais ce que je veux de mon argent" : ces jeunes qui misent tout sur les cryptos"Je fais ce que je veux de mon argent" : ces jeunes qui misent tout sur les cryptos

Ils ont moins de 25 ans, s’intéressent aux marchés, mais n’utilisent quasiment que les cryptomonnaies et la finance décentralisée pour investir et gérer leur épargne. Pourquoi ? C’est ce qu’on a voulu comprendre 🔍

Pour y parvenir, nous avons discuté avec des dizaines de jeunes qui, eux aussi, ont basculé dans l’univers crypto et parlent plus de finance décentralisée que d'assurances-vie ou de livrets d’épargne populaires.

Certains d’entre eux sont connus dans l’écosystème, d’autres ont préféré rester anonymes.

Nous avons aussi sollicité des banques et des fintech pour savoir ce qu’elles pensent de cette nouvelle génération et de ce qu’elles font, ou pas, pour s’adapter à elles et les attirer.

Mais avant d’aller plus loin, il faut comprendre ce qui motive ces jeunes !

Les raisons sont en réalité nombreuses :

Il y a évidemment la volonté de gagner de l’argent 🤑. Comme leurs aînés, ces investisseurs qui ont tous entre 16 et 25 ans veulent, eux aussi, réussir LE bon coup et, selon leurs ambitions et leur parcours, s’offrir des vacances, se payer des études, ou même “mettre la daronne (maman, ndlr) à l’abri” comme disent certains. Le schéma est le même, sauf que le terrain de jeu est celui des cryptos.

Il y a encore quelques mois, il était possible de trouver des protocoles de DeFi (finance décentralisée) qui vous offraient plus de 10% de rendement… mensuel ! “C’est forcément tentant”, s’amuse Hugo, 23 ans. Mais aussi très risqué. La chute de Terra-Luna et la succession de scandales qui ont suivi en sont le meilleur exemple.

Prix et transparence

Au-delà de l’attrait financier, les jeunes sont aussi séduits par l’univers crypto qui correspond à leurs aspirations et leur paraît plus “simple”.

Quand on parle de simplicité, ce n’est pas au niveau de l’usage technique - la crypto est encore un univers compliqué - mais au niveau de la liberté des prises de décision.

“Avec les cryptos, je fais ce que je veux de mon argent. Je n’ai pas de compte à rendre ou d’autorisation à demander à ma banque”, explique Noé, qui est l’un des cofondateurs de White Loop Capital, un fonds français qui investit dans les projets Web3.

Il est également possible de faire des opérations à toute heure du jour et de la nuit. “Il n’y a pas d’horaire d’ouverture comme pour les marchés financiers traditionnels”, insiste de son côté Simon.

Beaucoup soulignent également l’importance de la transparence de l’univers crypto. Grâce à la blockchain, tout est traçable, les opérations sont visibles, et il n’y a pas de frais cachés. “Rien n’est gratuit dans la crypto, mais on sait pourquoi on paye, et c’est très important”, souligne Hugo, qui utilise la DeFi et les stablecoins dès qu’il le peut pour se passer le plus possible des euros.

“Les frais bancaires sont trop importants pour le niveau de services dont on bénéficie”, explique de son côté Simon, qui a quand même un compte bancaire parce que “c’est indispensable” pour être payé dans le cadre de son stage.

Combien sont ces jeunes en France et en Europe ? Des centaines de milliers, des millions ? Difficile de le savoir. Ce qui est sûr, c’est que leur nombre ne cesse de progresser 🚀

Selon différentes études, et notamment celles de l’Association pour le développement des actifs numériques (Adan), 15% des 18-35 ans ont déjà acheté et vendu des cryptomonnaies. Pour la catégorie des 18-25 ans, ce chiffre pourrait dépasser les 20% selon certaines estimations ! Et la tendance n’est pas prête de s’inverser.

Pour l’instant, la finance traditionnelle ne s’inquiète pas trop de ces chiffres. Interrogées, la plupart des banques, qui n’ont pas souhaité faire de commentaires, reconnaissent toutefois le phénomène.

“Il se passe quelque chose, c’est une certitude”, explique un banquier, tout en nuançant : “Est-ce que c’est pour autant le début d’une révolution financière ?” Pas à court terme, évidemment.

Un risque pour les banques ?

Aujourd’hui, les cryptos et la DeFi ne représentent qu’une goutte dans l’océan financier, et les revenus des banques viennent essentiellement des catégories plus âgées, surtout les plus 50 ans, c’est-à-dire celles qui ont du patrimoine, financier et immobilier.

Mais les banques auraient tort de sous-estimer le phénomène. Car si Damien, Noé et les autres jeunes “aliens” de la crypto ne sont aujourd’hui pas très nombreux, et surtout pas très puissants financièrement, ils vont grandir, et leur patrimoine avec… “On va devoir s’adapter à cette nouvelle donne”, reconnaît-on du côté d’une grande banque française.

Certains acteurs, surtout du côté des fintech, ont d’ailleurs déjà commencé à s’adapter. C’est le cas de Trade Republic : l’application d’investissement allemande, qui revendique un peu plus de 2 millions d’utilisateurs en Europe, a récemment accéléré sur les cryptos, notamment pour attirer cette jeune génération.

“On veut permettre à ces nouveaux investisseurs d’aller à la fois sur les marchés traditionnels, c'est-à-dire les marchés actions, et aussi sur les cryptos”, explique Matthias Baccino, responsable France de Trade Republic.

D’autres pensent que cette nouvelle génération va finir par revenir dans le “droit chemin” et quitter gentiment les cryptos. “Vous verrez que lorsqu’il faudra acheter une maison ou préparer sa retraite, la plupart préfèreront aller voir les bonnes vieilles banques parce que c’est plus rassurant”, s’amuse un banquier.

A-t-il tort ?

Seules les années qui viennent nous le diront.

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