Comprendre - Article 1
Un phénomène unique et particulièrement captivant dans l'histoire de la finance
Comprendre - Article 2
L’impact de l’arrivée d’un ETF Bitcoin aux États-Unis
Comprendre - Article 3
Pourquoi proposer de l’exposition aux actifs numériques ?
Enjeux - Article 4
Jérôme Castille (CoinShares) : “Notre but est de retirer à l’investisseur le risque de contrepartie”
Enjeux - Article 5
Jacques Lolieux (Aplo) : “L’équipe conformité est la plus nombreuse de l’entreprise”
Enjeux - Article 6
La cartographie des acteurs du secteur
Enjeux - Article 7
Les produits disponibles en Europe
Enjeux - Article 8
États-Unis : Les yeux braqués sur l’arrivée des ETF Bitcoin
Perpectives - Article 9
Du bitcoin dans les contrats d’assurance-vie ?
Perpectives - Article 10
CGP : Des options pour chaque profil
Perpectives - Article 11
Vers qui se tourner ? 6 services à destination des CGP
Perpectives - Article 12
Sécurité : la grande exigence post-FTX
Perpectives - Article 13
Vivre l’expérience la plus complète : l’exemple de Montaigne Patrimoine
Perpectives - Article 14
Conclusion & remerciements : Les institutionnels ont besoin qu’on réponde à leurs normes

Jérôme Castille (CoinShares) : “Notre but est de retirer à l’investisseur le risque de contrepartie”

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Jérôme Castille (CoinShares) : “Notre but est de retirer à l’investisseur le risque de contrepartie”

Pionnier du secteur, le gestionnaire d’actifs CoinShares propose l’un des moyens les plus simples et sûrs pour s’exposer au bitcoin. Son responsable de la conformité Jérôme Castille détaille la vision du groupe.

La fin 2023 est marquée par l’engouement autour de l’arrivée prochaine de plusieurs ETF Bitcoin aux États-Unis, comment s’explique-t-il ?

Pour une raison simple : les Américains gèrent une grande partie de leur épargne avec leur compte-titre. C’est l’instrument le plus populaire pour investir et beaucoup ne fonctionnent qu’avec ça. Le jour où des ETF Bitcoin feront leur apparition sur le marché américain, on peut supposer qu’une quantité importante de liquidités se tournera vers ces nouveaux produits.

Pourquoi ces ETF captent-ils également l’attention des investisseurs européens ?

Car il y a la terminologie “ETF”, le fait que c’est nouveau, etc. Il faut aussi se rendre compte que les États-Unis doivent peser environ 60% de l’épargne mondiale. Potentiellement, cela pourrait avoir un impact important sur le prix du bitcoin.

Les ETF américains seront-ils disponibles en Europe ?

Certains institutionnels européens pourront en acheter en compte propre, mais concernant les particuliers seuls les Américains y auront accès. En Europe, le seul moyen de s’exposer à un produit similaire revient à investir dans les ETC, comme ceux de CoinShares. Cela s’explique par des raisons réglementaires car la structuration des ETF telle qu’elle proposée aux États-Unis n’est pas autorisée en Europe. On observe la même chose avec l’or : les particuliers européens n’ont pas la possibilité de s’exposer à des ETF américains qui suivent cet actif. Ils passent, par exemple, par l’ETC d’Amundi.

Qu’est-ce qui distingue vos ETC des ETF Bitcoin américain ?

C’est uniquement l’enveloppe juridique contenant l’actif sous-jacent qui change. Lorsqu’on détient la part d’un ETF, c’est une copropriété du sous-jacent entre tous les détenteurs. Cela se distingue d’un ETC qui est un titre de dette. Ici, l'émetteur s’engage à offrir la performance de l’actif sous-jacent qu’il détient de son côté. En réalité, ce sont des instruments très proches car aucun ne permet aux investisseurs de récupérer l’actif sous-jacent. On peut uniquement les échanger contre du cash.

Comment jugez-vous l’appétit de l’Europe et en particulier de la France pour ce type de produit ?

L’Europe n’est pas homogène. Nous avons déjà beaucoup de succès dans les pays nordiques, en Allemagne et en Suisse où les épargnants ont une culture de l’investissement plus développée. Concernant la France, notre implantation n’a que deux ans. C’est un marché qui est traditionnellement considéré comme difficile d’accès pour les gestionnaires de fonds indépendants car les infrastructures sont souvent liées aux banques et aux assurances. Mais notre conviction, c’est que l’actualité autour de l’ETF américain va nous permettre de faire de la sensibilisation par rapport à nos produits. Ils sont listés sur Euronext Paris et ils sont très faciles d’accès.

Votre défi, c’est surtout l’acculturation ?

Complètement. D’abord vis-à-vis des actifs en tant que tel (et particulièrement le bitcoin). Puis par rapport à l’instrument financier qui permet de s’y exposer dans un cadre que tout le monde connaît : le compte-titres.

Proposez-vous de l’exposition à d’autres actifs que le bitcoin ?

Nous avons une quinzaine de produits, mais les plus gros se concentrent sur le bitcoin et l’ether. Nous avons également deux nouveaux produits qui sont des indices contenant un panier de plusieurs actifs numériques. Mi-novembre, l’ensemble de nos actifs sous gestion représentait environ 3,4 milliards de dollars.

La question que tout le monde se pose, c’est le risque de contrepartie. Comment vos actifs sont-ils protégés ?

Il n’y aucun risque sur nos ETC. Les actifs sont détenus chez un dépositaire indépendant (Komainu, ndlr).

Qu’est-ce qui rend votre produit si sûr ?

Si un investisseur souhaite acheter pour 50 millions de dollars d’un ETC Bitcoin, un market maker va se rendre sur le marché comptant pour acheter le nombre de bitcoins correspondant. Ces bitcoins seront ensuite envoyés chez le dépositaire, en l'occurrence Komainu, qui va ensuite faire certifier ce dépôt auprès d’un administrateur indépendant. Ce n’est qu’après la validation de ce dernier que de nouvelles parts ETC pourront être émises et envoyées sur le portefeuille de l’investisseur via Euronext. À aucun moment Coinshares ne touche aux bitcoins, ce n’est pas notre métier. Nous sommes uniquement un émetteur de titres. De plus, CoinShares est coté en Bourse à Stockholm et tous nos comptes sont publics.

Pourquoi conseillez-vous à des investisseurs d'utiliser vos produits plutôt que de détenir des actifs numériques en direct ?

Ce que nous proposons n’a qu’un seul but : retirer à l’investisseur le risque de contrepartie. Ceux qui souhaitent détenir leurs actifs numériques en self-custody peuvent le faire, mais je suis pas sûr qu’on arrivera à attirer 30 millions de Français de cette manière. Et quand on regarde les plateformes d’échange de crypto-actifs qui se sont construites sur un énorme réseau de contreparties, je trouve qu’on est à l’envers de tout ce qui a été construit pour protéger les investisseurs depuis 20 ans. Je suis beaucoup plus à l’aise pour proposer à quelqu’un d’investir dans une infrastructure qu’il connaît avec la simplicité du compte-titres et où le risque de contrepartie a quasiment disparu.

Quel est le profil des gens qui investissent dans vos ETC ?

Nous n’avons pas de données précises car nos produits sont intermédiés, mais nos recherches ont montré que c’étaient surtout des investisseurs particuliers via des plateformes de néo-brokers. On commence néanmoins à voir arriver de nouveaux acteurs qu’on imagine plus institutionnels en raison des montants qui sont beaucoup plus conséquents.

Où peut-on acheter vos ETC en France ?

Nous sommes disponibles sur toutes les plateformes de trading spécialisées, ainsi que sur des brokers comme Saxo Bank ou Degiro. Nous sommes également en discussion avec d’autres acteurs qui évoluent dans la banque en ligne. L’un de nos objectifs, c’est d’offrir une perspective liée à l’épargne afin de lever les verrous psychologiques vis-à-vis des actifs numériques.

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