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Comprendre - Article 3
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Comprendre - Article 4
Staking : quelles opportunités ?
Comprendre - Article 5
Mapping : les acteurs principaux de l’industrie du staking
Comprendre - Article 6
Laszlo Szabo (Kiln) : “Nous allons offrir toutes les variétés de récompenses que peuvent générer les blockchains
Aller plus loin - Article 7
Liquid staking : une révolution pour la démocratisation
Aller plus loin - Article 8
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Aller plus loin - Article 9
ETF Ethereum : les immenses perspectives du staking
Perspectives - Article 10
Restaking et EigenLayer : une nouvelle vague d’opportunités
Perspectives - Article 11
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William O’Rorke (ORWL Avocats) : “J’anticipe une action progressive des régulateurs pour limiter les risques pour le grand public”
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Synthèse : un environnement de plus en plus complexe qui regorge d’opportunités

Laszlo Szabo (Kiln) : “Nous allons offrir toutes les variétés de récompenses que peuvent générer les blockchains

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Laszlo Szabo (Kiln) : “Nous allons offrir toutes les variétés de récompenses que peuvent générer les blockchains

Le PDG français du leader mondial des fournisseurs indépendants de services de staking voit des fortes perspectives pour le staking chez les institutionnels.

À qui vos offres de staking s’adressent-elles ?

Nous travaillons principalement avec des exchanges, des services de conservation d’actifs numériques, des wallets et demain probablement des fintechs et des banques. Grâce à Kiln, nos clients sont en capacité d’offrir des services de staking aux particuliers et à des institutionnels. Nous opérons en marque blanche pour eux. Nous sommes le leader mondial parmi les staking providers indépendants (hors des exchanges, ndlr).

Qu’est-ce qui différencie Kiln dans le paysage du staking ?

Principalement nos produits on-chain. Nous sommes présents sur Ledger Live depuis plus d’un an et absolument tout se passe sur la blockchain. Les utilisateurs gardent en permanence le contrôle de leurs fonds. Nous offrons également du pooling qui permet de faire du staking sans minimum de montant déposé. Et toujours totalement on-chain, quand beaucoup de concurrents reposent sur des services centralisés.

Voyez-vous un appétit des acteurs institutionnels ?

Ce marché est plus lent à démarrer mais il y a déjà une grande maturité chez les pure players (fonds crypto, gestionnaires d’actifs spécialisés, etc.). Je pense que les acteurs traditionnels de la finance arriveront dans un second temps.

Quels sont les acteurs non-crypto qui vous semblent les plus mûrs ?

Nous travaillons, par exemple, avec le groupe japonais SBI qui fabrique des puces électroniques. Après avoir œuvré pendant des années dans le mining, ils s’intéressent aujourd'hui au staking. On peut également parler de la banque Nomura, japonaise elle aussi. En revanche, les autres grandes banques internationales ne sont pas encore prêtes. Nous avons des discussions avec elles, mais c’est encore le tout début. Pour celles qui ont identifié le staking comme un élément central de leur stratégie, cela mettra une ou deux années à s’implémenter.

Est-ce que le staking pourrait intéresser les émetteurs d’ETF ?

À l’instar des émetteurs de stablecoins qui investissent leurs réserves en dollars dans des bons du Trésor américain, les émetteurs d’ETF pourraient utiliser une partie de leurs réserves d'ethers en staking pour en récolter les récompenses. Je pense que ce mécanisme sera au cœur de leur modèle économique (voir chapitre 7).

Échangez-vous avec les sociétés américaines qui ont lancé des ETF Bitcoin et qui prévoient de lancer des ETH Ethereum ?

Oui, environ 90% d’entre elles. Nous avons la conviction qu’elles utiliseront toutes le staking sur les actifs numériques qui le permettent. Mais la question réglementaire est encore un peu compliquée aux États-Unis comme on a pu le voir avec Kraken et Coinbase où les offres de staking ont fait l’objet de questions ou de poursuites par le régulateur.

Kraken a été contraint d’arrêter son service de staking aux États-Unis, c’était quoi le problème ?

La SEC a constaté qu’il y avait une décorrélation entre le niveau de récompense du staking réel et celui qui était proposé aux utilisateurs de Kraken. De plus, les actifs étaient immédiatement liquides alors qu’il faut normalement observer une période de blocage des fonds. D’une manière générale, le régulateur américain a jugé que Kraken n’était pas assez transparent sur ce qu’ils faisaient avec les fonds de leurs clients. Selon moi, un acteur qui fait de la conservation doit être en mesure d’expliquer tout ce qu’il fait et comment le rendement se calcule. C’est pour cela que nous croyons que le futur du staking sera on-chain afin de pouvoir auditer les fonds en temps réel.

Vous avez des exchanges parmi vos clients, que leur proposez-vous pour être en conformité ?

Afin de staker 100% de leur réserve et conserver une liquidité optimale, la solution qui s’impose est le liquid staking (voir chapitre 5). Néanmoins, cela peut poser un problème pour ces entreprises car le liquid staking tel qu’il est conçu aujourd’hui mélange les fonds d’utilisateurs venant de différentes juridictions. Dans une pool Lido, on peut y trouver des fonds américains, chinois, suisses, etc. Nous avons donc créé un validateur NFT qui est une tokenisation de la représentation d’un validateur. Cela permet de donner une nationalité à un produit et de le rendre compatible avec les règles d’une juridiction.

Pourriez-vous lancer votre propre token de liquid staking ?

Nous proposons déjà en marque blanche une solution à destination des exchanges qui souhaitent lancer leur propre token de liquid staking. En revanche, ce n’est pas dans nos projets de lancer le nôtre. Certes, nous avons une partie de notre activité qui se réalise aussi en direct, mais je pense qu’il faudra être régulé pour lancer un token en propre. À court et moyen terme, ce n’est pas dans notre stratégie.

La régulation est-elle plus souple en Europe ?

Le staking n’est pas encore abordé par les textes européens, mais le régulateur suisse (la Finma, ndlr) est probablement celui qui a la compréhension la plus fine du sujet. Il en est arrivé à la conclusion qu’un acteur qui offre du staking à des institutionnels n’a pas besoin d’avoir une licence bancaire et donc d’être soumis aux règles de Bâle III qui imposent des ratios de fonds propres importants. C’était un point très important qui menaçait le modèle économique de cette activité. En revanche, pour ceux qui s’adressent aux particuliers avec du pooling, la Finma considère qu’il faut une licence bancaire. C’est une vision qui nous semble équilibrée. Et lorsque tout se passe on-chain, nous pensons qu’il n’y a pas de besoin de licence bancaire car le régulateur a une visibilité en temps réel de ce qui se passe et l’utilisateur garde le contrôle de ses fonds.

Avez-vous des discussions avec l’AMF et la BaFin (le régulateur allemand, ndlr) ?

Tout à fait. Ça commence à bouger avec la BaFin sous l’impulsion de sa nouvelle responsable qui était précédemment à la Finma. Du côté de la France, nous espérons que l’AMF donnera rapidement un cadre clair et donnera le tempo en Europe.

Peut-on vraiment dire que le staking est sans risque ?

Rien n’est sans risque, mais le risque du staking est beaucoup moins élevé que ce qu’on peut trouver dans la finance décentralisée (DeFi). Ici le risque c’est surtout le slashing (une pénalité qui sanctionne les mauvais validateurs, ndlr), mais le plus gros événement du genre n’a coûté “que” 700.000 dollars. C’est une belle somme, c’est certain, mais c’est beaucoup moins important que les différents piratages qui ont eu lieu ces dernières années dans la DeFi.

Les récompenses du staking ont eu tendance à baisser sous l’effet de sa démocratisation, comment maintenir son attractivité ?

Je pense que la composabilité du staking doit être essentielle, d’où la pertinence du liquid staking (voir chapitre 5) qui permet de continuer à utiliser ses fonds alors qu’ils sécurisent le réseau. On peut les utiliser dans le lending, le liquidity providing, dans la DeFi, etc. Bien sûr ce n’est pas sans risque, mais cela permet d’aller au-delà de la simple récompense du staking.

On a beaucoup parlé du phénomène du “restaking” ces dernières semaines, qu’est-ce que c’est ?

On peut le voir comme du liquid staking horizontal. Le restaking (voir chapitre 9) permet, à partir des fonds stakés dans Ethereum, de sécuriser d’autres réseaux qui en auraient besoin. Ainsi, des utilisateurs qui auraient immobilisé des ethers pourraient également participer à valider les transactions sur d’autres blockchains qui n’auraient pas l’ambition de le faire elles-mêmes. À l’arrivée, on peut toucher les récompenses d’Ethereum et d’autres blockchains en même temps. À ce jour, c’est le protocole EigenLayer qui apparaît en pointe sur ce sujet. Nous prévoyons de le proposer à nos clients qui le désireraient. C’est assez révolutionnaire et tous les spécialistes l’ont identifié comme une innovation importante.

On n’arrête pas l’innovation dans ce secteur…

Oui, et ce n’est pas terminé. On voit déjà émerger du “liquid restaking” qui permet d'utiliser les tokens de restaking dans la finance décentralisée.

N’y a-t-il pas un risque de centralisation autour d’Ethereum qui assurerait la sécurité de toutes les blockchains ?

Oui c’est un risque et cela pourrait avoir des conséquences importantes en cas de problème sur l’un des réseaux. En cas de slashing sur un validateur (une pénalité si le validateur ne fait pas bien travail, ndlr), cela pourrait avoir des répercussions en cascade sur tous les réseaux qu’il participe à sécuriser et sur Ethereum en premier lieu.

Kiln est aujourd’hui perçu comme une start-up spécialisée dans le staking, mais avez-vous d’autres horizons ?

Nous nous voyons comme une société qui offre toutes les variétés de récompenses générées par des blockchains. C’est ce que réclament nos clients. Nous proposerons bientôt des récompenses à partir de stablecoins utilisés dans la DeFi (Aave, Compound, Morpho, etc.). Nous voyons de plus en plus de fintechs traditionnelles qui lancent des produits de stablecoins à très large échelle. Mais ce n’est pas tout, nous croyons énormément à la tokenisation d’actifs du monde réel et des récompenses associées.

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