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Bilan - Article 2
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Bilan - Article 3
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Bilan - Article 4
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Bilan - Article 5
Les projets qui ont brillé en 2023
Bilan - Article 6
Cartographie de l’écosystème crypto en 2023
Perspectives - Article 7
Les grandes tendances crypto de 2024
The Ocean - Article 8
The Ocean : une plateforme de confiance au service de l’écosystème

Les grandes tendances crypto de 2024

Les grandes tendances crypto de 2024

Accessibilité

Si l'accent est mis depuis des années sur la compréhension des sous-jacents du Bitcoin et d'Ethereum, il faut dire que l'utilisation des outils crypto n'a pas beaucoup évolué. La conservation reste un aspect stressant de l'expérience, et les utilisateurs ont encore la main qui tremble avant de valider une opération sur une DApp. On peut néanmoins se réjouir que l'accessibilité soit désormais érigée en priorité et que des projets en fassent leur business. On vous a parlé de la start-up Privy dans les pages précédentes, mais il y en a beaucoup d'autres. On peut notamment évoquer le développement des "passkeys" pour faciliter l'identification ou encore "l'account abstraction" qui permet de programmer les wallets à la carte. L'essor des wallets utilisant la technologie MPC (Fireblocks notamment) et la possibilité de restaurer leur accès (Ledger Recover, ZenGo Pro) sont également des avancées importantes. Tout cela peut non seulement aider le Web3 à devenir plus grand public, mais également rendre l'expérience utilisateur meilleure et plus sécurisée que dans le Web2.

Concentration

L'année qui vient devrait être particulièrement structurante pour l'écosystème, notamment en Europe. De nombreuses plateformes proposant de l'investissement crypto au public vont se rendre à l'évidence que la marche est trop haute pour obtenir l'agrément PSAN, le sésame réglementaire obligatoire pour continuer à opérer d'ici 2025. Coûteuse et exigeante, cette licence a été conçue pour favoriser les acteurs les plus solides, et rares sont ceux qui vont entamer l'année en bonne santé financière. On devrait ainsi assister au rachat de plusieurs sociétés, voire à la faillite de certaines. Plus de 80 entreprises sont concernées en France. Selon les experts, près de 40 % pourraient disparaître.

Convergence IA / crypto

Le boom de l'intelligence artificielle n'a pas éclipsé le secteur blockchain, bien au contraire. Sa montée en régime laisse redouter la mainmise d'une poignée d'acteurs industriels (Nvidia, Microsoft, Google et Amazon en tête) qui seront en mesure de dicter leur loi sur l'utilisation de la puissance de calcul informatique. La blockchain nous paraît une réponse pertinente à ce sujet : il devient ainsi possible de créer des marchés mondiaux où chacun peut apporter sa puissance de calcul à ceux qui en ont besoin et d'être rémunéré en retour à travers des réseaux désintermédiés. Une idée inspirée par l'économiste Jeremy Rifkin, théoricien de la troisième révolution industrielle. Des protocoles comme Filecoin ou celui conçu par les Français de iExec pourraient y participer. Deuxièmement, les blockchains semblent être en mesure de lutter contre le développement des "deep fakes", ces contenus générés par IA qui usurpent l'identité de personnes bien réelles. Elles pourraient héberger des identités numériques infalsifiables (c'est le pari du projet Worldcoin). Enfin, la gouvernance de l'IA n'en est qu'à ses balbutiements, mais il y aurait du sens à ce qu'elle soit administrée démocratiquement sur des réseaux décentralisés et open source.

Décentralisation

Vœu pieux partagé par l'ensemble de la communauté crypto, la décentralisation n'est encore qu'un mirage pour de très nombreux projets qui fonctionnent avec une gouvernance concentrée dans les mains de quelques-uns. L'exploit réalisé par Bitcoin n'est pas reproductible à l'infini : il est extrêmement difficile de céder le contrôle total d'un protocole à une communauté dès son lancement. Les équipes fondatrices souhaitent mener à bien leur vision avant de partager le pouvoir, les puissances financières (les fonds de capital-risque principalement) pèsent de tout leur poids pour influencer les décisions, etc. L'évolution des modèles de DAO sera à suivre de près en 2024 avec l'émergence de modèles plus efficaces et démocratiques, tout en prenant en compte la question de la responsabilité pénale qui n'a pas été tranchée dans la plupart des juridictions. Parmi les expériences suscitant le plus de débats, on peut citer Maker, Aave, Uniswap ou encore Lido.

ETF Bitcoin

Bien qu'aucun dossier n'ait encore été approuvé par le régulateur financier américain, le marché s'attend à ce que la SEC autorise les premiers ETF Bitcoin spot (au comptant). Cette nouvelle pourrait être un catalyseur pour le secteur, car elle marquerait l'institutionnalisation du bitcoin en tant que nouvelle classe d'actifs. Pour beaucoup, l'investissement en bitcoins est freiné par les difficultés de conservation et la méconnaissance des acteurs de confiance à qui déléguer la gestion. Avec des ETF, les investisseurs américains pourront acquérir des bitcoins via leur compte-titre chez BlackRock, exactement comme s'ils achetaient des actions ou une exposition à l'or. L'Europe est déjà en avance avec de nombreux produits similaires (ETC) proposés par des gestionnaires d'actifs tels que CoinShares ou 21Shares. Une fois que le bitcoin aura ses ETF, l'ether devrait rapidement suivre.

Interopérabilité

L’un des aspects les plus excitants dans l’univers de la blockchain est la modularité, c'est-à-dire la capacité de développer de nouveaux outils à partir de briques technologiques déjà développées par d'autres. Cela est rendu possible grâce à l'open source, mais il est nécessaire que tous les projets du monde puissent communiquer entre eux pour générer de puissants effets de réseau. Nous suivrons donc avec attention les initiatives qui œuvrent pour une meilleure interopérabilité. C'est le cas des solutions de type “layer 0” comme LayerZero, des “bridges” comme Wormhole ou des protocoles tels que Cosmos. Cependant, en cas de failles, ces projets pourraient affecter de nombreux écosystèmes.

Scalabilité

Les solutions de type rollups (layers 2) devraient se développer considérablement dans l'écosystème Ethereum, impliquant plusieurs acteurs majeurs tels qu'Arbitrum, Optimism, Base (Coinbase), ZkSync, Linea (ConsenSys), Starknet et Polygon. Ils sont essentiels pour le passage à l'échelle d'Ethereum et devraient permettre de gérer un nombre de transactions jusqu'à 500 fois supérieur à celui de la blockchain principale. Cela sera notamment crucial pour accompagner le développement d'applications gourmandes en transactions, comme dans le gaming ou les réseaux sociaux. Il est donc probable que l'essor des rollups Ethereum marque la fin des blockchains sans spécificité particulière qui profitaient jusqu'à présent d'une meilleure vélocité (au détriment d'une sécurité moins évidente). Une poignée d'acteurs spécialisés dans des tâches bien précises (notamment dans le gaming) pourraient se distinguer. On pense notamment à Solana.

Tokenisation

L'écosystème peut se réjouir que les acteurs financiers institutionnels se soient désormais engagés dans la blockchain. Loin des preuves de concept imaginées entre 2016 et 2020, les projets lancés par les grandes banques à travers le monde, tels que Société Générale ou JP Morgan, sont désormais nombreux. Pour elles, la tokenisation offre des gains substantiels en termes d'efficacité et laisse entrevoir une refonte de l'infrastructure financière, sur laquelle on a continuellement ajouté des briques et des intermédiaires supplémentaires depuis l'informatisation du secteur et le renforcement des normes réglementaires. La blockchain va accueillir de plus en plus d'actifs financiers tokenisés, ce qui va simplifier les processus, supprimer des intermédiaires, augmenter la vitesse de traitement et réduire les coûts. Que peut-on attendre de 2024 ? Le lancement de bourses basées sur cette technologie dans le cadre du Programme pilote lancé par l'Union européenne.

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