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Abdelhamid Bakhta (Starknet) : “Il y aura un deuxième airdrop”

Abdelhamid Bakhta (Starknet) : “Il y aura un deuxième airdrop”

Abdelhamid Bakhta (Starknet) : “Il y aura un deuxième airdrop”Abdelhamid Bakhta (Starknet) : “Il y aura un deuxième airdrop”

Trois jours après l'annonce mouvementée de l'airdrop du token STRK, l'équipe du projet Starknet veut expliquer sa stratégie et reconnaît ses erreurs. Abdelhamid Bakhta, en charge de l'écosystème pour la start-up StarkWare, à l’origine de son développement, assure comprendre les critiques.

Que retenir de cette séquence marquée par l'annonce et les modalités d'attribution du token ?

Honnêtement, nous ne nous attendions pas à ce que les choses se passent aussi mal. Nous étions préparé à ce que l’opération génère de la frustration parmi ceux qui découvrent leur inéligibilité, mais nous avons probablement sous-estimé l'importance de certains critères. Avec du recul, de nombreuses plaintes semblent justifiées. Je pense notamment au seuil minimal requis dans le wallet au moment du snapshot et à l'exclusion des liquidités. Ces erreurs sont nos principales fautes.

Cependant, tout n'est pas négatif. Quels sont les points positifs à retenir ?

Nous avons été chaleureusement accueillis par la communauté Ethereum, y compris par des membres très influents. Notre projet est le premier à avoir attribué d'importantes quantités de tokens à ses stakers. Starknet étant basé sur Ethereum, il nous paraissait naturel de récompenser les stakers, essentiels à la sécurité de cette blockchain. Néanmoins, les plaintes ont largement éclipsé les aspects positifs. L'innovation perçue dans le design de l'airdrop a contrasté avec le mécontentement exprimé, rendant la gestion de la communication particulièrement ardue.

Considérez-vous le lancement du STRK comme un échec ?

Il est prématuré de tirer des conclusions définitives. Mais actuellement, je suis enclin à percevoir davantage les aspects négatifs, en raison de mon implication dans la communication post-annonce. J'ai été personnellement très critiqué, et des captures d'écran sorties de leur contexte ont circulé. Prenons du recul et évaluons la situation dans quelques semaines.

Quel a été votre rôle dans le lancement du token ?

Je n'avais pas de rôle spécifique pour le lancement. Je m'occupais surtout de l'écosystème et des relations avec les développeurs, évaluant leur ressenti vis-à-vis des annonces. Selon mes observations, ils étaient satisfaits. Pour certains, cela a même changé leur vie, compte tenu des sommes reçues. J'ai été touché par des témoignages émanant d’Afrique et d’Amérique latine. Ces attributions me semblent justes, compte tenu de leur engagement depuis deux ans. Néanmoins, la frustration de certains a peut-être été exacerbée en constatant ces réussites.

Les développeurs ont été particulièrement bien choyés, pourquoi ?

Nous sommes souvent perçus comme un écosystème composé uniquement de développeurs, mais en réalité nous n'avons pas le choix de prioriser cet aspect pour augmenter notre valeur sur le long terme. À la différence de nos concurrents qui peuvent réutiliser des bouts d'infrastructure existants, nous ne sommes pas compatibles EVM (la machine virtuelle d’Ethereum) et nous devons tout construire à partir de zéro. C’est ça que je trouve un peu injuste dans ce qui nous est reproché, parce que nous mettons les ressources et l’énergie sur ce qui va apporter de la valeur à Starknet dans le futur. Nous pensions que faire autrement aurait été artificiel.

Est-ce que Starknet aurait oublié qu'une blockchain ne sert à rien si personne ne l'utilise ou n'ajoute des liquidités sur celle-ci ?

Une blockchain sans utilisateur n’est rien, nous n’avons jamais contesté ça. Mais en ce qui nous concerne, c’est surtout une histoire de timeline : nous avons d’abord choisi de nous concentrer initialement sur les développeurs qui construisent des choses solides autour du protocole.

Certains développeurs ont reçu pas mal de tokens pour avoir corrigé une faute d’orthographe sur Github, comprenez-vous que ça soit mal perçu ?

Je constate en effet qu’il y a quelques ratés de ce genre, mais je pense qu’il n’y en a pas eu beaucoup. Pour vous donner un peu de contexte, nous avons utilisé une source de données qui fait référence (le “Developer Report” d’Electric Capital, ndlr) sans apporter de modifications. Peut-être aurions-nous dû l’ajuster, mais c’est délicat lorsqu’on s’appuie sur telle source.

Une personne a reçu 360.000 STRK avec seulement trois transactions, alors que d’autres avec des centaines n’ont rien reçu. Quelle est la philosophie derrière cela ?

Je connais bien ce cas et il y a effectivement eu quelqu’un qui a reçu 360.000 tokens. C’était une erreur car il aurait dû en recevoir deux fois moins, nous avons donc contacté cette personne et elle a accepté de rendre la moitié. Pour être transparent, la somme de 180.000 STRK était le montant maximal que les contributeurs des débuts pouvaient recevoir. Je voudrais aussi rajouter que le nombre de transactions n’était pas pris en compte dans cette poche d’allocation. Celle-ci visait exclusivement les développeurs, tandis que les utilisateurs étaient évalués selon d’autres critères.

Beaucoup d’utilisateurs ont été disqualifiés à cause du critère qui consistait à avoir 0,005 ETH sur le wallet le jour du snapshot, pour quelle raison ?

Rétrospectivement je pense que ce n’était pas une bonne idée. Mais ce critère avait deux fonctions, il n’a pas été choisi au doigt mouillé. Premièrement, il sert à compliquer la tâche de ceux qui développent des robots pour faire des transactions automatiques : en obligeant à laisser un montant minimum, on se protège des attaques sybilles. Deuxièmement, sans ce montant minimum cela aurait rendu éligible 10 ou 20 fois plus d’adresses, mais les montants versés par wallet auraient été mécaniquement beaucoup plus faibles. À l’arrivée, il y aurait aussi eu des plaintes à ce sujet. Mais peut-être qu’un petit peu de tokens distribués aurait été mieux que rien du tout.

Si c’était à refaire, que changeriez-vous d’autre ?

Je pense qu’on inclurait aussi les liquidités, c’est-à-dire les LP tokens qui sont dans les wallets. Mais ce choix est délicat car nous voulions rester neutres. Lorsqu’on prend en compte les LP tokens de certains projets, il faut faire des choix parmi ces derniers et nous ne voulions pas avantager une application de Starknet au détriment d’autres. Personnellement je suis partisan d’une séparation nette entre le protocole et ses applications, mais je suis d’accord qu’il aurait fallu valoriser les contributions qui sont objectivement bénéfiques pour le réseau. Et placer des liquidités en son sein en fait partie, tout comme la détention de stablecoins.

Y a-t-il eu des insiders à la lumière de ce qu’on a pu mesurer ?

Aucun. Cette critique m’a beaucoup touché car nous plaçons l’intégrité au-dessus de tout. Je vais vous donner un exemple : je n’ai pas été autorisé à recevoir l’airdrop alors que j’étais éligible sur plusieurs critères. Aucun salarié de StarkWare n’a pu y prétendre et c’est tout à fait normal.

Pourtant il est toujours possible de se créer un adresse discrète ou donner quelques tuyaux à l’extérieur…

Techniquement ça aurait pu être possible, mais je vous assure que ça n’a pas eu lieu. La plupart des gens qui ont reçu de grosses allocations l’ont découvert en même temps que le public. Et tout le monde pouvait participer à ce programme spécial réservé aux développeurs.

Quelle est votre stratégie pour attirer les utilisateurs et la liquidité désormais ?

La fondation Starknet a mandaté plusieurs comités, notamment le DeFi Comity et le Gaming Comity, qui vont travailler sur ces sujets et réfléchir à attirer des utilisateurs et des capitaux. Des annonces auront lieu d’ici très peu de temps pour la DeFi. Cela arrivera dans un second temps pour le gaming mais c’est une verticale à laquelle nous croyons beaucoup.

Est-ce qu’un deuxième airdrop pourrait être organisé afin de répondre aux critiques ?

Il y aura un deuxième airdrop et peut-être d’autres encore. D’autre part, les tokens qui n’auront pas été réclamés d’ici le 20 juin seront également redistribués.

On peut donc s’attendre à un nouvel airdrop Starknet à partir du mois de juin ?

C’est possible.

Quels types de critères seront retenus ?

Nous allons tirer les enseignements de cette semaine et changer de nombreux critères. On peut donc considérer qu’il sera plus simple d’être éligible, mais il faudra s’attendre à ce que les montants versés à chaque portefeuille soient mécaniquement moins élevés.

La valeur totale immobilisée (TVL) dans Starknet n’est que de 55 millions de dollars, comment expliquer ce montant par rapport à la capitalisation de Starknet après l’émission du token (environ 18 milliards de dollars en pre-market) ?

Nous avons souffert en novembre d’une fuite sur les réseaux sociaux avançant que le snapshot avait eu lieu. Nous aurions pu démentir ces allégations, mais dans une volonté d’être le plus transparent possible nous avons confirmé l’information. Cela a eu pour conséquence de faire baisser 80 à 90% de l’activité sur le réseau en quelques jours.

Comment comptez-vous augmenter cette TVL ?

Jusqu'à présent, nous n'avons pas activement travaillé sur ce sujet. Peut-être aurions-nous dû. Notre défi désormais est de créer un environnement propice pour les applications génératrices de valeur. Cependant, il faut rester prudent vis-à-vis de certaines TVL annoncées par des projets concurrents qui incluent leur propre token dans le calcul, gonflant artificiellement les montants. L'important est de viser une croissance organique et authentique.

Il est régulièrement dit que Starknet dispose de la technologie la plus avancée du marché des layers 2 d'Ethereum. Or, l'histoire a montré que ce n'était pas forcément la technologie la plus brillante qui l'emportait. Redoutez-vous cette issue ?

Cela représente un véritable risque. Parfois, je me demande si le marché saura reconnaître la qualité de notre infrastructure. L'effet réseau jouera un rôle crucial dans notre succès, mais le fait que Starknet ne soit pas compatible EVM est un handicap à court terme. Le point positif, c’est que notre écosystème se compose de personnes très engagées qui ont investi du temps pour apprendre un nouveau langage de programmation. Nous misons sur le développement d'applications grand public offrant une excellente expérience utilisateur pour nous démarquer. Je vous assure que Starknet excelle dans ce domaine.

Quel est votre concurrent principal ?

Arbitrum est notre principal concurrent. Bien que ce projet ne soit pas exactement dans notre catégorie, car il utilise un optimistic rollup tandis que Starknet est un ZK rollup, en fin de compte, nous sommes tous les deux des layers 2 d'Ethereum. Arbitrum bénéficie d'un excellent effet réseau, avec une TVL et un nombre d'utilisateurs élevés. Je mentionnerais ensuite ZkSync comme un autre concurrent notable.

Malgré les promesses d'efficacité de votre langage de programmation Cairo, les frais de Starknet restent plus élevés que ceux de la plupart de ses principaux concurrents, comme ZkSync. Y aura-t-il une réduction à l'avenir ?

À l'heure actuelle, 95% des coûts liés aux layers 2 proviennent de la disponibilité des données, c'est-à-dire de l'envoi des données sur Ethereum. ZkSync est effectivement plus efficace que Starknet dans ce domaine. Cependant, nous sommes nettement meilleurs sur les 5% restants, ce qui est crucial, car la prochaine mise à jour d'Ethereum (EIP-4844) va considérablement optimiser la disponibilité des données. Après son implémentation, prévue en mars, Starknet pourra démontrer toute son potentiel.

Pourriez-vous utiliser des solutions comme Celestia pour déléguer la gestion des données ?

Starknet a récemment conclu un partenariat avec Celestia (lire notre analyse du projet et de son token), mais cela concerne les futurs layers 3 qui seront construits sur notre plateforme. Pour le moment, l'intégration de Starknet avec Celestia pour la gestion des données n'est pas prévue. La communauté est divisée sur la question de savoir si l'on peut être considéré comme un layer 2 d'Ethereum si les données ne sont pas stockées sur sa blockchain. Nous avons choisi, pour l'instant, de ne pas franchir cette étape, mais cela ne signifie pas que nous ne le ferons jamais.

Comment voyez-vous la guerre des L2 ? On compte une trentaine de projets concurrents...

Nous devons nous attendre à une compétition intense mais saine. Les développements de chaque projet contribuent au renforcement de l'écosystème dans son ensemble. Bien que nous suivions des voies différentes, nous partageons tous le même objectif : améliorer la scalabilité d'Ethereum. Actuellement, les L2 sont au cœur de l'innovation, car la blockchain principale est si grosse que chaque changement devient extrêmement complexe à implémenter.

L'utilité des tokens des layers 2 est souvent remise en question en raison de leur centralisation. Avez-vous une idée de quand Starknet sera entièrement décentralisé ?

Nous entendons nous distinguer sur ce point. Starknet sera le premier L2 à permettre l'utilisation de son token pour payer les frais de transactions, une pratique différente de celle des autres qui exigent l'utilisation exclusive d'ether (ETH). Cette approche, jugée par certains comme un désalignement vis-à-vis d'Ethereum, confère au STRK un rôle plus significatif que celui de simple outil de gouvernance. Cette possibilité sera effective dès le 20 février. Par la suite, il sera possible de staker des STRK pour sécuriser le réseau et renforcer sa décentralisation. Nous envisageons un délai d'au moins 12 mois avant que cela devienne réalisable.

La période de vesting pour l'équipe et les investisseurs est particulièrement courte (deux mois après le lancement). Pourquoi ?

C'est un point qui suscite beaucoup de discussions actuellement, mais nous avons toujours été transparents sur le fait que la création du token remonte à 2022. Bien que la période de vesting puisse sembler courte par rapport au lancement, le STRK aurait dû être introduit bien avant février 2024. Dans le plan initial, cette période aurait paru plus longue. Il est important de se rappeler que certains investisseurs soutiennent le projet depuis longtemps, StarkWare ayant été fondé il y a 6 ans.

Comprenez-vous que cela puisse déstabiliser votre écosystème ?

Absolument, c'est une préoccupation légitime. Nous prenons ce sujet très au sérieux et travaillons sur des mécanismes pour rassurer la communauté concernant une éventuelle vente massive du token. Nous communiquerons à ce sujet prochainement.

Quelles sont les applications les plus prometteuses de l'écosystème Starknet ?

De nombreuses applications commencent à atteindre leur maturité. Je peux citer AVNU (un agrégateur de DEX), Ekubo (un DEX), Nostra (lending) et, de manière générale, tout ce qui concerne le gaming. Le jeu "Influence" devrait sortir prochainement. Nous observons également de belles avancées du côté des RWA (actifs du monde réel) avec Carbonable, qui se concentre sur la décarbonisation.

Pourquoi choisir de construire une application sur Starknet plutôt que sur une autre blockchain ?

Plusieurs avantages se démarquent, mais le principal est que Starknet représente un territoire très nouveau. Dans l'univers des L2 compatibles EVM, il est facile de dupliquer des modèles existants, ce qui intensifie la concurrence entre les acteurs. Starknet encourage davantage l'innovation car il nécessite de repartir de zéro. Cela facilite également le fait de se démarquer car il reste beaucoup à découvrir. En outre, nos particularités technologiques permettent d'effectuer facilement de gros calculs directement sur la blockchain, un atout majeur pour le gaming et l'intelligence artificielle. Nous anticipons également la possibilité d'explorer de nouveaux concepts dans la finance décentralisée (DeFi).

N'est-ce pas problématique que les grandes entités de la DeFi, telles qu'Uniswap ou Aave, ne soient pas présentes sur Starknet ?

Nous remarquons que l'intégration de ces grandes applications sur Starknet n'est pas une priorité pour ces projets. Cela est compréhensible, car ils suivent une feuille de route qui les incite à se développer sur le plus grand nombre de réseaux le plus rapidement possible. Étant donné la facilité et le faible coût de déploiement dans l'écosystème EVM, Starknet n'est pas prioritaire. Cependant, nous pensons qu'il est bénéfique d'encourager de nouvelles équipes susceptibles d'apporter une nouvelle dynamique. Je continue néanmoins à dialoguer avec ces "blue chips" dans l'espoir qu'ils nous rejoignent à l'avenir.

Que pensez-vous globalement des stratégies d'airdrop adoptées par les projets ces derniers mois ?

Le modèle actuel des airdrops est proche de la rupture. Il y a eu de nombreux airdrops à cinq ou six chiffres, et les gens commencent à considérer cela comme la norme, instaurant une sorte de contrat implicite entre les protocoles et les utilisateurs. Cela crée un cercle vicieux, car les projets ressentent la pression de distribuer des montants importants, tandis que les chasseurs d'airdrops passent d'un projet à l'autre. Je comprends les intérêts de chacun, mais cette situation n'est pas durable. Finalement, le modèle des ICO avait ses mérites. La régulation a mis fin à ce type de financement, engendrant un système plus problématique.

Le projet Celestia a toutefois réussi un bel airdrop fin 2023, prouvant qu'il est possible de satisfaire les utilisateurs et de les impliquer sur le long terme...

Sans m'avancer outre mesure, je dirais que c'est l'un des airdrops les plus réussis de ces dernières années, à l'instar de celui d'Arbitrum. L'équipe de Celestia a accompli un travail remarquable, parvenant à satisfaire une grande majorité de leur communauté.

Le système de points semble devenir un nouveau standard pour les airdrops, comme on peut le voir avec EigenLayer (lire notre analyse du projet) ou EtherFi. Pourquoi ne pas y avoir eu recours ?

L'idée plaît car elle offre une certaine transparence et donne aux utilisateurs le sentiment de contrôler ce qu'ils peuvent espérer recevoir. Cependant, il est possible que certains projets adoptant ce système n'émettent pas de tokens, ou proposent un airdrop non lié aux points. À l'époque de la conception de notre airdrop, cette tendance n'existait pas encore. Cela représentera un aspect très intéressant à observer à l'avenir.

Que conseilleriez-vous à un projet envisageant de lancer un airdrop en 2024 ?

D'abord, apprendre de nos erreurs (rires). Je recommande de toujours remettre en question les choix, d'impliquer un maximum de personnes pour modéliser au mieux les attentes de la communauté. C'est délicat car une stratégie d'airdrop nécessite de rester secrète pour être efficace. Plus il y a de personnes informées, plus le risque de fuite est élevé. En général, je pense qu'il ne faut pas trop compliquer les choses. Je me souviens de discussions très élaborées autour de cette opération, peut-être aurions-nous dû simplifier. Je dois aussi admettre que nous avons probablement été déconnectés de la réalité sur certains points. Nous avons l'humilité de le reconnaître aujourd'hui.

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