CoinVertible : les dessous du stablecoin de Société Générale
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Pour la première fois, une banque a émis un stablecoin sur une blockchain publique. Nous avons mené l’enquête pour en savoir plus sur ce projet.

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Quelles sont les ambitions de Société Générale dans l’univers crypto ? Si la question méritait encore d’être posée il y a deux ans, les choses semblent assez claires : elles sont grandes, et le dernier projet de Forge en est la meilleure illustration.

La filiale crypto de la banque française créée en 2018 a annoncé le 20 avril le lancement de CoinVertible, un stablecoin euro basé sur la blockchain Ethereum, autrement dit un protocole public, ce qui est une première pour une banque.


Le CoinVertible est destiné aux clients institutionnels (gestionnaires d’actifs, institutionnels, assureurs, etc.) de Société Générale. Ce projet doit principalement servir à fluidifier les transactions des security tokens (des tokens qui représentent des titres financiers comme des actions, ndlr), un sujet sur lequel la banque basée à la Défense, à côté de Paris, est en pointe.

En 2019, la banque avait émis une obligation de 100 millions d'euros sous la forme de security tokens via la blockchain Ethereum. En 2021, elle avait été la première banque à sortir un produit structuré directement inscrit sur la blockchain (cette fois-ci Tezos). Sauf qu’à chaque fois, le réglement de ces transactions se faisaient de manière parallèle avec des monnaies traditionnelles. L’idée de ce stablecoin est de faire office de moyen de paiement onchain et donc d’accélérer l’adoption des actifs tokenisés.

“C’était une demande de nos clients depuis un petit moment, ils avaient besoin d’un token de règlement dont la valeur est stable et qui est nativement sur la blockchain”, explique Jean-Marc Stenger, le patron de Forge.

“On observe une courbe d’adoption supérieure aux prévisions sur le marché de la tokenisation, de nombreuses autres banques travaillent désormais sur ces sujets, ce qui n’était pas le cas il y a deux ans”, poursuit-il.

Ce stablecoin est particulier et se distingue des autres projets familiers de la communauté crypto, notamment en termes de contrôle. Pour qu’une transaction soit validée, il est obligatoire que Société Générale donne son accord. La banque peut également détruire les stablecoins sur une adresse qu’elle ne contrôle pas.

Ces paramètres ont suscité de nombreuses réactions et commentaires acerbes sur les réseaux sociaux. Certains ont ainsi parlé d’un stablecoin “public” qui n’en avait que le nom. “Il faut bien comprendre que notre projet n’a rien à voir avec les stablecoins destinés au grand public”, signale Jean-Marc Stenger. “CoinVertible répond à certains usages spécifiques exclusivement réservés à de la clientèle institutionnelle qualifiée”, prévient-il pour répondre aux quelques critiques visant son manque de décentralisation.

Société Générale ne vise toutefois pas que les acteurs classiques, et son objectif est aussi d’adresser une clientèle web3 : Exchanges, courtiers et gestionnaires d’actifs cryptos. Le CoinVertible pourra également être intégré dans des transactions passées via le protocole de finance décentralisée Maker sur lequel Forge travaille depuis plusieurs mois.

En janvier dernier, la banque avait contracté un prêt à partir d’actifs numériques placés en garantie. D’autres expérimentations devraient suivre avec d’autres acteurs de la DeFi.

Raphaël Bloch

Raphaël Bloch est CEO et cofondateur de The Big Whale, une plateforme indépendante d’intelligence de marché sur les actifs numériques, destinée aux acteurs des marchés financiers à travers une couverture éditoriale, de la recherche, un briefing hebdomadaire et des événements en présentiel. Il a cofondé The Big Whale en avril 2022. Au sein de la plateforme, il modère et anime des événements institutionnels réunissant banques, asset managers, custodians et fournisseurs d’infrastructure sur des sujets tels que le staking, l’on-chain yield, les stablecoins, le DeFi lending et la tokenisation. Il a modéré des panels lors d’événements organisés en partenariat avec Bitwise, Everstake, Gemini, Morpho, Hexarq, Coinhouse, Delubac, Franklin Templeton et l’Ethereum Foundation, à Londres et à Paris entre fin 2025 et mi-2026.

Avant de fonder The Big Whale, Bloch a travaillé comme journaliste aux Echos de décembre 2016 à mars 2020, puis à L’Express de mars 2020 à mars 2022. Il a également travaillé auparavant chez Reuters. Depuis septembre 2022, il exerce en parallèle le rôle de Business Analyst chez BFM Business. Il couvre le secteur crypto comme journaliste depuis 2016. Il est diplômé d’emlyon et du CFJ.

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Grégory Raymond

Grégory Raymond est directeur de la recherche et co-fondateur de The Big Whale. Spécialiste de l'intersection entre finance traditionnelle et actifs numériques, il couvre depuis 2017 les enjeux réglementaires, institutionnels et technologiques du secteur pour une audience de décideurs (banques, asset managers, fintechs). Il est également l'auteur de "Bitcoin & Cryptos : L'enjeu du siècle" (Talent Éditions, 2025), un ouvrage structuré autour d'entretiens avec des figures clés de l'écosystème.

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