Et si l’écosystème crypto ne s’était jamais aussi bien porté ?
Publié le
Published on
November 30, 2022

Et si l’écosystème crypto ne s’était jamais aussi bien porté ?

Sauf à vivre sur une autre planète, personne n’a pu échapper à la chute de FTX. Elle a fait la Une des journaux, tournée en boucle à la télé et à la radio, une avalanche d’infos qui donne l’impression que tout l’écosystème est en ruines. Mais qu’en est-il réellement ? On a mené l’enquête 🔎.

Faites le test autour de vous : demandez “comment vont les cryptos” à un ami, à un collègue, à un proche, à qui vous voulez. Leur réponse sera presque la même.

Sur le ton curieux : “C’est un carnage là, non ?”

Sur le ton concerné : “Ah oui, c’est très très très très chaud”

Sur le ton péremptoire : “C’est fini les cryptos”

Depuis trois semaines, les médias ne parlent QUE de la chute de FTX et de ses conséquences. L’équipe de The Big Whale n’a jamais été autant sollicitée pour commenter une affaire qui, à force de sujets à la télé, à la radio, donne l’impression que tout l’écosystème s’est effondré... 🤯

Mais est-ce vraiment le cas ?

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Si les marchés ne sont pas au mieux - le bitcoin évolue sous les 17.000 dollars - l’industrie résiste en réalité plutôt bien. “Il ne faut pas se tromper. Ce n’est qu’une partie de l’écosystème qui est touchée”, résume Alexandre Stachtchenko, directeur blockchain & cryptos chez KPMG France.

Cette “partie” de l’écosystème, c’est celle des intermédiaires financiers qui permettent d’acheter et de vendre des crypto-actifs. Avec la hausse fulgurante des cours depuis 2020, les plateformes comme FTX ont vu leur activité exploser au point de prendre une place démesurée 🚀

Le leader mondial, Binance, a franchi en 2021 le cap des 100 millions de clients, un chiffre qui ferait pâlir d’envie n’importe quelle banque. À titre de comparaison, la plus grande banque européenne, HSBC 🇬🇧, compte “seulement” 40 millions de clients.

Mais le retournement brutal des cours début 2022 a fragilisé cette belle mécanique, et les dominos ont commencé à tomber. D’abord au printemps avec Terra (Luna), puis avec Celsius, jusqu’à la chute de… FTX.

Comme l’a rappelé le patron de Binance, “CZ”, plusieurs plateformes et sociétés de prêts en cryptos vont encore “disparaître”. L’Américain BlockFi vient, par exemple, de mordre la poussière. Il a annoncé cette semaine qu’il se mettait sous la protection du chapitre 11 qui encadre les faillites aux États-Unis. Tous les regards sont aussi tournés vers Genesis - filiale du géant américain Grayscale - qui pourrait basculer et encore un peu plus accentuer la crise…

En attendant, tout va “plutôt” bien dans le reste du secteur 😅 

👉 Le boom du self-custody

Il y a d’abord les “bénéficiaires” directs de la fragilisation des exchanges, même s’ils refusent évidemment cette étiquette. C’est notamment le cas du français Ledger. “Nous n’avons jamais vendu autant de Nano”, confirme son CEO, Pascal Gauthier.

Depuis la chute de FTX, le leader mondial de la conservation d’actifs numérique vend des dizaines de milliers de produits par jour - contre quelques centaines ou quelques milliers au mieux en temps normal.

En novembre, la société valorisée 1,5 milliard de dollars a dépassé les 5,5 millions de hardware wallets vendus depuis sa création.

Les autres spécialistes de la conservation d’actifs numériques sont, eux aussi, en forme. Fireblocks, qui propose du MPC (calcul multipartite), c’est-à-dire une solution de conservation d’actifs cryptos sans hardware, a vu son volume d’affaires progresser.

“L’activité est très résiliente. Nous avons beaucoup de nouveaux clients qui ont compris l’importance du self-custody”, confirme un porte-parole de la société américaine.

👉 La DeFi en forme

Même son de cloche du côté de la finance décentralisée, où on insiste sur les vertus d’un système plus transparent et auditable. “La DeFi ne résoudra pas tous problèmes, mais ce qui s’est passé ces derniers mois est clairement un accélérateur", martèle Julien Bouteloup, fondateur de StakeDAO et membre de l’équipe de développement du protocole DeFi Curve.

Mi-novembre, le niveau des fonds déposés sur le protocole de DeFI Morpho 🇫🇷 a dépassé les 250 millions de dollars, soit plus que sur Solana, qui est impacté par la chute de FTX (retrouvez notre enquête).

Un point de vue partagé par d’autres acteurs de la DeFi. “Rien de tout ce qui s’est passé avec FTX n’est possible avec Aave ou Coumpound”, souligne Laszlo Szabo, cofondateur et CEO de Kiln, une société spécialisée dans le staking.

Signe de la tendance, Kiln vient de lever 17 millions d’euros dans le cadre d’une série A auprès de plusieurs acteurs de poids comme Kraken Ventures. “La valeur des actifs que l’on gère a diminué avec le Bear Market, mais jamais nous n’avons eu autant de demande”, ajoute Laszlo Szabo. La start-up parisienne gère désormais un peu plus de 600 millions de dollars de cryptos. Un record.

👉 Une période de maturité

Kiln n’est pas la seule entreprise à avoir levé des fonds. Comme on l'a indiqué plus haut, Dogami a aussi levé un peu moins de 10 millions d'euros.

Selon les derniers chiffres de l’organisation Crypto Valley Venture Capital (CVVC), l’écosystème européen a levé au total 1 milliard de dollars au troisième trimestre, soit autant que sur le premier trimestre 2022 et légèrement moins qu’au deuxième trimestre (1,4 milliard de dollars) 💶.

De fait, jamais les fonds crypto n’ont eu autant d’argent. Ils sont juste encore un peu plus sélectifs. “Il faut laisser les choses retomber et revenir à des valorisations plus réalistes”, explique Luc Jodet, responsable du fonds Web3 & Crypto chez XAnge.

Ce type de période est en effet propice à une sorte d’assainissement du secteur. “On a vu passer tout et n’importe quoi pendant deux ans, et la crise va permettre de faire le ménage”, confirme de son côté un business angel crypto. “Le Bear Market va faire son oeuvre et les clowns vont partir”, souligne un autre.

Le secteur des NFTs est de ce point de vue l’un des plus significatifs.

Le marché a littéralement explosé en 2021 avec de nouvelles collections qui se lançaient chaque semaine. Si certaines, comme les Bored Ape (retrouvez notre enquête), ont réussi à se faire une belle place, d’autres ont presque disparu de la circulation.

“Le secteur est en train de mûrir. Il y a une sorte de frénésie, mais la récente baisse n’a en rien entamé la dynamique. Il y a toujours autant de projets et de plus en plus d’acteurs sérieux”, explique Lucie-Eléonore Riveron, directrice de la NFT Factory à Paris.

Le signe d’un secteur en bonne santé 🔋.

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