TBW Premium #15 : Au coeur de l'EthCC à Paris
Publié le
Published on
20/9/2022

TBW Premium #15 : Au coeur de l'EthCC à Paris

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Bonjour les Whales et bienvenue aux petits nouveaux qui viennent de nous rejoindre dans l’édition Premium !

Pour cette semaine, on vous a préparé un dispositif spécial avec 3 parutions envoyées le temps de l’EthCC (grande conférence Ethereum), qui se déroule à Paris jusqu'à vendredi.

Voici la 1ère édition.

­­­­­THE BIG SPLASH

­­­Quel bear market ?

­­­Il fallait arriver tôt hier matin à la Mutualité, et pas seulement pour éviter la chaleur étouffante de Paris 🥵. Dès 9h, il y avait du monde pour la 1ère journée de l’EthCC, qui rassemble cette semaine une partie du gratin mondial de la crypto. Et outre l’affluence (plus de 1000 personnes juste mardi), c’est l’ambiance qui est impressionnante. À écouter la plupart des participants, on croirait presque que les marchés sont au sommet. “Les prix n’ont aucune importance”, nous a glissé le responsable d’un projet.

Certes, un évènement comme l’EthCC est essentiellement fréquenté par les professionnels du secteur. Mais une telle atmosphère décrit bien ce qui se passe dans l’écosystème Web3. Les prix ne sont plus aussi déterminants qu’avant, et l’essentiel de l’attention est focalisé sur… les projets. Et il y en a beaucoup à voir à l’EthCC.

Cette année, l’un des thèmes principaux concerne les Layers 2, ces projets qui s’appuient sur Ethereum (Layer 1) pour démultiplier le nombre de transactions et faire chuter le coût de ces dernières (un problème récurrent sur Ethereum). On en a rencontré plusieurs comme l’israélien StarkWare qui est considéré par beaucoup comme l’un des projets les plus prometteurs. Une interview à retrouver plus bas !

­­­­­THE BIG NEWS

Nos informations exclusives

­­👉 Le succès foudroyant de CarbonABLE

On connaît les NFT liés à l’art, au gaming, à la finance, mais beaucoup moins ceux liés à l’écologie. Et pourtant certains projets émergent sur ce créneau ! L’un des plus avancés est le français CarbonABLE. Créé il y a seulement quelques mois, la start-up permet de lutter contre le réchauffement climatique via les NFT. Comment ? En finançant des projets de reforestation et de replantation via la vente de ses NFT. En contrepartie, les “investisseurs” touchent un revenu issu des crédits carbones générés par les projets financés, ainsi que des tokens de gouvernance de la plateforme, le CARBZ. En quelques semaines, CarbonABLE a financé plusieurs projets. Signe du succès de ces opérations, la jeune pousse est, selon nos informations, en train de lever des fonds.

👉 The SandBox lève 150 millions de dollars

L’opération était dans les tuyaux depuis déjà quelques mois, mais elle est désormais bouclée : le métavers d’origine française The SandBox vient de lever 150 millions de dollars sur une valorisation d’un peu moins de 2 milliards de dollars. L’opération a mis un peu de temps à se boucler, notamment à cause des conditions de marché. La baisse des cours depuis avril a rendu plus frileux certains investisseurs. Au printemps, les négociations tournaient autour d’un montant de 400 millions de dollars. Certains parlaient même de 500 millions. “Les conditions ont totalement changé en quelques semaines”, expliquent plusieurs sources bien au fait de l’opération. Avec ces fonds, The SandBox, qui multiplie les partenariats comme le dernier en date avec le skateur Tony Hawk, veut continuer de se développer. Notamment en Europe.

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THE BIG STORY

Eli Ben-Sasson (StarkWare) : “La sobriété énergétique est devenue un sujet essentiel” 🍃

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StarkWare

👉 ­­L'actu. StarkWare a annoncé le lancement de son token.

👉 Le contexte. La start-up israélienne est sur toutes les lèvres et les spécialistes sont dithyrambiques au sujet des capacités de ce Layer 2 d’Ethereum.

👉 Pourquoi c'est important. Avec le passage au Proof-of-Stake, Ethereum s’apprête à devenir plus économe en énergie. Avec le développement des Layers 2, cela pourrait faire exploser son utilisation.

­­­­­­THE BIG WHALE : C’est la troisième fois que vous venez à Paris pour l’EthCC. Que pensez-vous de l’écosystème français, comment a-t-il évolué ?

ELI BEN-SASSON : Honnêtement, je trouve qu’il est vraiment impressionnant. C’est clairement l’un des plus dynamiques de la planète et ce n’est pas un hasard s’il y a autant de monde à Paris pour cet évènement. Nous sommes venus avec plus de 20 personnes de StarkWare pour découvrir les autres projets, notamment français, et voir aussi ce qu’il y a de nouveau dans l’écosystème d’Ethereum.

Justement, Ethereum se prépare à délaisser le Proof-of-Work pour le Proof-of-Stake, plus économe en énergie. Que pensez-vous de ce changement ?

La sobriété énergétique est devenue un sujet essentiel, que personne ne peut plus esquiver. Regarder le temps qu’il fait dehors ! C’est nécessaire d’avoir des blockchain moins gourmandes en énergie, et le Proof-of-Stake (PoS) doit permettre d’y parvenir. Je sais qu’il y a un débat autour de la sécurité du PoS, mais vous savez, si le Proof-of-Work (utilisé par Bitcoin et Ethereum jusqu'à présent, ndlr) avait été présenté il y a plusieurs années à des responsables académiques, ils auraient tous été unanimes pour dire que ce n’est pas un système suffisamment “sécurisé”, donc je me garderais bien d’être péremptoire sur la sécurité du Proof-of-Stake. Nous avons beaucoup étudié le fonctionnement du PoS, et identifié quelques faiblesses potentielles. Mais la vraie question est de savoir comment cela marchera après l'implémentation. Et ça, personne ne peut vraiment le prédire…

Les reports successifs de la mise à jour n’ont-ils pas altéré la confiance ?

Le passage au PoS est un chantier énorme, donc c’est normal. Il est très difficile de mettre à jour un système comme celui d’Ethereum, car le protocole héberge énormément de valeur et d'utilisateurs. Ce n’est pas comme si l’on partait d’une page blanche. Je suis sûr que les développeurs Ethereum, qui sont parmi les meilleurs du monde, savent ce qu’ils font.

Quels sont les principaux services développés par StarkWare ?

Nous en avons deux principaux. D’un côté, StarkEx, qui est une solution adaptable pour chacun de nos clients et qui permet à des projets comme Immutable ou Sorare d’augmenter le nombre de transactions gérées sans faire exploser leur frais d'utilisation. Et de l’autre côté, nous sommes en train de développer StarkNet qui se rapproche d’Ethereum dans son fonctionnement : c’est un réseau sans permission sur lequel tout le monde peut développer et construire des applications décentralisées. StarkNet est actuellement en phase alpha, cela qui dire que seule une petite poignée de développeurs y a accès.

Vous avez récemment confirmé le lancement de votre token, mais pourquoi avez-vous besoin d’un token natif alors que votre fonction est d’améliorer la scalabilité d’Ethereum ? Ne pouviez-vous pas simplement utiliser l’ether (ETH) ?

Un écosystème a besoin d'un token pour fédérer sa communauté, et il faut que celui-ci soit indépendant de tiers pour fonctionner correctement. Je vais prendre un exemple tout simple : imaginons que nous souhaitions mettre à jour notre système. Qui doit avoir le pouvoir de s’exprimer sur ce changement ? Notre communauté ou bien celle d’un autre écosystème ? La réponse est évidente, évidemment la communauté StarkNet. Celle-ci se définit par les détenteurs des tokens. Et puis l’utilisation d’un token que ne nous ne contrôlons pas directement nous rendrait trop dépendants des choix d’autres projets. Enfin, avoir un jeton natif permet de récompenser les membres de la communauté qui améliorent l’écosystème. Pour ces trois raisons, nous pensons que la création d’un token est justifiée et que la communauté apprécie ce choix.

StarkWare a levé beaucoup d’argent ces derniers mois, la société est désormais valorisée 8 milliards de dollars. Prévoyez-vous une introduction en Bourse sous peu ?

Ce n’est pas encore d’actualité (rire). Nous avons d’autres priorités avant d’aller en Bourse. Jusqu’à présent, Starkware n’a eu aucun problème à se financer. Lorsque nous l’avons fait, le marché se portait très bien, mais l’environnement macro-économique s’est récemment détérioré. Ce n’est donc pas idéal pour lever de nouveaux fonds, mais ce n’est pas un problème car nous n’en avons pas besoin au moins dans l’immédiat.

Pensez-vous que l’année 2022 sera marquée par le décollage des protocoles Layer 2 d’Ethereum?

Oui, je l’espère. Mais si ça prend un peu plus de temps et que l’adoption se fait en 2023, ce n'est pas très grave. Dans tous les cas, c’est imminent. Nous y assisterons avant 2024.

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