TBW #27 : Binance continue d'étendre sa toile en Europe
Publié le
Published on
September 29, 2022

TBW #27 : Binance continue d'étendre sa toile en Europe

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THE BIG SPLASH

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Piégées 😬

Le répit n’aura été que de très courte durée. À peine six mois après l’arrêt de ses rachats d’actifs, la banque centrale anglaise a annoncé hier en urgence leur reprise. L’objectif de cette opération ? Éviter l’explosion de la dette britannique.

Ces derniers jours, les taux d’intérêt britanniques ont littéralement flambé (au-dessus de 4% sur les échéances à 10 ans), notamment à cause du nouveau relèvement des taux de la Banque d’Angleterre qui veut lutter contre une inflation inédite depuis plus de 40 ans.

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Le problème, c’est que cette situation concerne tout le monde, et notamment la Banque centrale européenne (BCE) qui, pour lutter contre l’inflation, a elle aussi commencé à relever ses taux. Avec les mêmes conséquences : un peu partout en Europe le coût de la dette grimpe.

Combien de temps encore la Christine Lagarde pourra-t-elle tenir entre la nécessaire remontée des taux pour “calmer” l’inflation et la relance des rachats d’actifs pour éviter une explosion des dettes européennes ? La Banque centrale anglaise vient de lui fournir en partie la réponse : pas (très) longtemps.

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THE BIG NEWS

NOS INFORMATIONS EXCLUSIVES 🔥

👉 Binance place ses pions en Europe

Binance n’est pas la plus grosse plateforme d’échange de la planète pour rien. En plus d’avoir un marketing très agressif, le géant d’origine chinoise est aussi devenu un poids lourd dans le… lobbying. Selon nos informations, la société dirigée par “CZ” est en train de recruter un peu partout en Europe des lobbyistes. En France, selon nos informations, Binance s’est offert les services de Julia Fenart, qui vient de quitter France Digitale - le lobby des start-up françaises ! Julie Fenart est arrivée chez Binance il y a quelques semaines. Son premier coup d’éclat ? La venue du ministre délégué au numérique, Jean-Noël Barrot, lors du grand événement organisé par l’entreprise à Paris les 14 et 15 septembre.

👉 METAV.RS lève 3 millions d’euros

Si l’euphorie autour du métavers est clairement retombée, les start-up du secteur continuent, elles, d’attirer les investisseurs. Selon nos informations, le français METAV.RS (20 personnes) vient de boucler une première levée de fonds de 3 millions d’euros auprès de plusieurs investisseurs comme le cabinet de conseil Sia Partners, le fonds 50 Partners et Sébastien Borget (The Sandbox). La start-up créée en début d’année a développé une plateforme permettant aux marques, quel que soit le secteur, de mettre un pied dans The Sandbox, Decentraland et les autres mondes virtuels. METAV.RS aurait déjà signé avec plusieurs grandes marques comme Stellantis.

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THE BIG STORY

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Bitcoin et énergie : les critiques sont-elles justifiées ?

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Lido

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“Le bitcoin est un gouffre énergétique”, “Le bitcoin consomme plus que la Belgique”…

Vous avez forcément déjà entendu ces arguments au moins une fois, et vous continuerez de les entendre alors que le réchauffement climatique est devenu un sujet crucial - et tant mieux !

Est-ce pour autant justifié ?

C’est ce que nous avons voulu voir, chiffres et experts à l’appui.

D’abord les chiffres. Au risque d’en fâcher quelques uns, le bitcoin a effectivement une consommation importante. On parle actuellement de 94 TWh par an, soit l’équivalent d’un pays comme le Kazakhstan ou plus que la Belgique (donc votre cousin a raison 😝). Sur un autre plan, le bitcoin consomme 50% d'énergie de plus que tout l'éclairage américain, selon l’université de Cambridge, qui fait autorité en la matière.

Bitcoin est-il pour autant aussi mauvais qu’on le dit pour l’environnement ?

Une partie de la réponse à cette BIG question tient dans l’analyse du mix énergétique utilisé par les mineurs pour faire fonctionner leurs machines.

  • Quelle est la part d’énergie fossile ?
  • Quelle est la part d’énergie renouvelable ?

Selon le dernier rapport trimestriel du Bitcoin Mining Council (BMC), une organisation qui regroupe les principaux mineurs de bitcoin du monde, 59% de l’énergie qu’ils consomment serait d’origine renouvelable.

“C’est un niveau auquel peu d’industries peuvent prétendre, et surtout le secteur bancaire”, explique Romain Nouzareth, cofondateur et patron de Sato, un mineur canadien qui fonctionne avec 100% d’énergie d’origine renouvelable (hydroélectricité dans son cas).

Sur son installation à Joliette (Québec), il utilise même la chaleur dégagée par ses machines pour chauffer l’usine voisine.

Ce chiffre de 59% de part de renouvelable devrait même augmenter dans les années qui viennent, selon Romain Nouzareth : “Les mineurs sont des agents économiques pragmatiques, ils souhaitent obtenir leur électricité au prix le plus bas et les énergies renouvelables sont les moins chères du marché”.

Selon un rapport publié en juin 2021 par l’Agence internationale pour les énergies renouvelables (IRENA), les énergies “vertes” sont effectivement devenues moins chères que toutes les autres. Cette baisse des prix spectaculaire serait liée à l’amélioration de la compétitivité des technologies solaires et éoliennes sur la dernière décennie.

Il est donc probable que la part d’énergies renouvelables augmente fortement dans le mix des mineurs. D’autant plus avec le contexte géopolitique qui pèse à la hausse sur les prix du gaz et du pétrole.

En un an, les prix du gaz ont doublé en Europe et la guerre russo-ukrainienne pourrait continuer de faire grimper le thermomètre... Aux État-Unis, beaucoup d’installations de minage raccordées à des sources carbonées sont également en difficulté. Dans l’État de Georgie, la société de Compass Mining a annoncé fin août la fermeture de plusieurs sites en raison de la flambée des prix.

“Aujourd’hui il est très difficile de miner à partir d’énergies fossiles, à moins de se retrouver dans des conditions, comme au Kazakhstan, où le patron de la centrale à charbon dirige aussi la compagnie d’électricité et une ferme de minage”, note Sébastien Gouspillou, patron de Big Block Datacenter, une société française de minage très présente en Afrique. En bref, le retour de l’énergie fossile bon marché, ce n’est pas pour demain.

Le minage peut favoriser la transition énergétique

Dans ce contexte économique favorable aux énergies renouvelables, le minage offre un autre atout très important : financer les infrastructures. “Il est encore souvent plus rentable de bâtir des centrales à charbon que des barrages hydroélectriques”, regrette Sébastien Gouspillou.

Pourquoi ? Parce que les barrages coûtent chers et sont donc financièrement long à amortir, et surtout parce que beaucoup d’entre eux sont construits dans des régions où il n’y a pas forcément les infrastructures (raccordement, lignes, etc.) ou la demande qui va avec.

Le minage de bitcoins peut justement permettre de récupérer les excédents et ainsi contribuer aux financements des infrastructures. “On peut améliorer la rentabilité des barrages”, poursuit Sébastien Gouspillou.

“Pour le stockage de l’énergie, on utilise traditionnellement des batteries mais leur coût est extrêmement important, donc le minage de bitcoins présente des perspectives intéressantes pour optimiser les installations renouvelables", souligne de son côté Damien Ernst, expert en énergie et professeur à l’université de Liège. “Mais ce n’est pas la seule option, la transformation de l'électricité en hydrogène peut aussi bien marcher”, précise-t-il.

Selon Sébastien Gouspillou, le minage de bitcoins s'apparenterait à une “batterie économique” qui améliorerait la rentabilité du renouvelable (le patron de MicroStrategy, Michael Saylor, dit la même chose). “Malgré ce que disent les décroissants, on a besoin de construire encore beaucoup d’infrastructures pour produire de l’électricité. Le bitcoin peut faire pencher la balance en faveur des installations renouvelables”, insiste-t-il.

Au total, on compte plus de 2400 centrales à charbon réparties dans 79 pays et leur capacité de production électrique devrait augmenter de 21% via de nouveaux projets, constate l’ONG Global Energy Monitor dans son rapport annuel.

Selon cette même source, ce ne sont pas moins de 34 pays qui sont actuellement en train de construire des nouveaux sites utilisant cette énergie très polluante…

“Il faut que nous réussissions à leur faire comprendre que le minage peut être une solution pour leurs revenus et la planète”, souligne Sébastien Gouspillou, qui glisse être “de plus en plus écouté”. Le Français souligne aussi avoir des installations au Kenya et au Congo, tout en espérant aboutir bientôt avec d’autres pays d’Afrique centrale.

Un exemple concret : la transformation du gaz torché

Le minage de bitcoins peut aussi être un atout pour réduire l’impact environnemental d’une autre activité extrêmement polluante, souvent méconnue, à savoir le “gaz torché”.

Le gaz torché, c’est quoi ?

C’est ce rejet qui s’échappe avec de grandes flammes des installations pétrolières et gazières lors de l’extraction de l’énergie depuis le sous-sol. À lui seul, le torchage serait responsable de l’équivalent des émissions de gaz à effet de serre dégagé par la France, selon la Banque mondiale.

Il représente un gaspillage monumental d'une ressource naturelle qui pourrait être utilisée à des fins productives, comme la production d'électricité. La quantité de gaz actuellement brûlée chaque année pourrait alimenter l'ensemble de l'Afrique subsaharienne.

Selon certains, le gaz torché devrait être considéré comme une opportunité de gain économique, avec un certain nombre d'options que les opérateurs peuvent envisager pour monétiser leur gaz, dont le minage. “C’est de l’énergie perdue, donc autant en profiter pour miner du bitcoin, surtout si ça réduit les émissions dans l'atmosphère", juge le professeur Damien Ernst.

Dans certains cas, les pétroliers laissent “gracieusement” les mineurs utiliser le gaz torché pour éviter de payer des amendes environnementales. Mais il arrive aussi que ce gaz soit “vendu” aux mineurs, comme aux États-Unis, ce qui crée un marché (absolument pas vertueux) au profit des pétroliers.

La transformation de gaz torché en électricité est encore expérimentale. Elle est difficile à maîtriser et peu de mineurs sont en capacité de le faire… Cela pourrait néanmoins évoluer, notamment via la société Crusoe Energy, qui a levé plus de 500 millions de dollars au printemps dernier pour développer le système adapté. Plusieurs projets devraient rapidement voir le jour à travers le monde. Le géant américain des hydrocarbures Exxon mène actuellement plusieurs expérimentations en ce sens.

Pourquoi est-on aussi exigeant avec Bitcoin ?

Pour des raisons évidemment politiques ! Bitcoin ne plaît pas à de nombreuses industries. Mais sa consommation énergétique est aussi un vrai sujet que personne ne peut éluder, surtout à l’heure où la lutte contre le réchauffement climatique est devenue primordiale. Un constat que les acteurs du secteur (pas tous) partagent sans vouloir endosser toute la responsabilité.

“Le climat est évidemment un sujet pour nous, mais ce sont aux États de prendre les décisions stratégiques. Notre travail consiste à apporter une solution pour gérer au mieux le réseau électrique”, estime-t-il.

Certains plaident aussi pour justement davantage intégrer les mineurs dans le circuit économique. “Dégageons des revenus à partir d’une énergie qui ne trouvait pas preneur jusqu’à présent, afin de contribuer à faire baisser la facture de tout le monde”, conclut Romain Nouzareth.

­­­Des sources d’informations (très) incomplètes

­Le débat sur la consommation énergétique du bitcoin est souvent biaisé pour deux raisons.

  • Il n’y a peu d’informations
  • Elles sont parfois FAUSSES

Si le manque d’informations est problématique (The Big Whale est aussi là pour ça 😎), la présence de fausses informations l’est encore plus. Et à ce petit jeu là, certains sont devenus des experts.

L’un des plus connus est sans doute “Digiconomist”.

Depuis 2016, ce site créé par le Néerlandais, Alex de Vries, alimente abondamment les médias et certains groupes de réflexion qui s’appuient sur son désormais fameux “Bitcoin Energy Consumption Index” pour parler de la consommation du bitcoin.

La “particularité” de Digiconomist est qu’il retient systématiquement les niveaux les plus élevés (165 TWh en juin 2022), et sa méthodologie qui consiste à comparer la consommation du bitcoin avec celles de pays (qu’on a utilisé au-dessus) est régulièrement contestée.

Digiconomist met également l’accent sur les déchets électroniques que généreraient les mineurs de bitcoin car leurs machines seraient obsolètes au bout de… quinze mois. Un argument qui en fait sourire certains. “Nous avons des machines de 2016 qui tournent encore très bien”, ironise Sébastien Gouspillou de Big Block Datacenter.

Détail d’importance : Alex de Vries a travaillé pour la Banque nationale des Pays-Bas, ainsi que pour la banque néerlandaise ING.

Des études “sérieuses” existent

Si les publications crédibles ne sont pas légion, il y en a quand même ! Celle du Center of Alternative Finance, un laboratoire indépendant intégré à l’université de Cambridge, est sûrement l’une des meilleures à ce sujet. “Leurs travaux sont d’assez bonne qualité”, souligne Sébastien Gouspillou, qui souligne toutefois quelques carences sur la cartographie par pays.

“Cambridge se base sur les données des pools de minage, alors que beaucoup ne fournissent pas leur adresse IP réelle lorsqu’ils veulent rester discrets”, explique Sébastien Gouspillou. C’est pour cette raison que l’Irlande et l’Allemagne peuvent se retrouver parmi les pays les plus “consommateurs” alors qu’il n’y a quasiment pas de mineurs sur leur territoire.

L’exemple de Big Block Datacenter est assez intéressant. La société de minage est considérée comme étant en Europe, et plus précisément en Belgique, alors que les opérations se font en… Afrique. “Notre opérateur satellite est enregistré en Belgique”, s’amuse Sébastien Gouspillou.

Une autre étude s’est également imposée dans l’industrie. Et pour cause, elle en vient ! “L’étude de Cambridge reste pertinente, mais je pense que le Bitcoin Mining Council (BMC) a de meilleures données”, souligne Romain Nouzareth, dont l’entreprise Sato siège au sein de cette organisation internationale qui réunit les principaux mineurs (70% du réseau mondial !).

L’étude a toutefois un gros point faible : ses données sont déclaratives et ses membres pourraient être tentés de mentir pour “verdir” l’industrie. D’autres études ont fait leur apparition ces derniers mois et ont profité d’un certain succès. C’est le cas de celle d’Arcane Research, qui est également produite par un acteur très proche des acteurs du secteur.

En 2022, il n’y a pas encore de rapport “parfait” sur la consommation énergétique du bitcoin (et des cryptos) n’existe pas encore. Mais les débats de plus en plus importants sur le sujet montrent bien qu’il va falloir que les choses accélèrent. Et qui sait peut-être déboucher sur la création d’une branche ou d’une agence dédiée au sujet ?

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Discord

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THE BIG FOCUS

“On en fait un peu trop avec la consommation énergétique du Bitcoin”

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Yat Siu

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Pour Émeric de Vigan, qui est vice-président de l’activité électricité chez Kepler, le bitcoin, bien utilisé, peut jouer un rôle dans la transition énergétique.

THE BIG WHALE. Quelle est votre position au sujet du Bitcoin ?

Émeric de Vigan. J’ai un avis qui est largement biaisé parce que j’ai travaillé dans le trading d’électricité, où le sous-jacent est… physique. Ce qui fait le prix de l’électricité, c’est la consommation, la production éolienne, la disponibilité des centrales, et la liste est longue. Vu sous cet angle, le Bitcoin n’a pour moi pas beaucoup de valeur. Si j’étais un peu provocateur, je dirais même que je ne comprends pas pourquoi il ne vaut pas zéro…

Son niveau de consommation énergétique pose-t-il un problème ?

Pas vraiment. Actuellement, nous vivons une situation paradoxale : il y a un grave risque de pénurie énergétique à certains endroits de la planète et des excédents d’énergie à d’autres. Le minage de bitcoins est un instrument intéressant pour consommer le surplus car on peut décider d’allumer ou d’éteindre les machines de minage très rapidement. Je pense que nous en faisons un peu trop avec la consommation énergétique du bitcoin. C’est un peu comme lorsqu’on dit qu’un e-mail consomme un certain nombre de kilowattheures. Il faut prendre un peu de recul avec tout ça.

Le bitcoin peut-il être un vecteur de transition énergétique ?

Pourquoi pas, mais cela reviendrait à dire que le minage de bitcoins s’apparente à du stockage. C’est une piste intéressante, tout comme celle d’utiliser les batteries des voitures électriques pour du stockage ou pour des mécanismes de soutien au réseau. Mais la clé, c’est de se demander s’il y a business pour miner des bitcoins à temps partiel.

La consommation électrique d’un pays peut beaucoup varier. Est-ce que ça aiderait le réseau si on comblait les creux avec une consommation à la demande ?

Oui, énormément. L’opérateur responsable de la sécurité de l’approvisionnement (RTE en France) doit gérer des situations de pointe très ponctuelles où l’on a potentiellement un déficit d’énergie, puis gérer des moments où il y a beaucoup de surplus.

Est-ce que favoriser la consommation du bitcoin, même à partir de sources renouvelables, pose un problème éthique ?

Pousser à la consommation d’une manière générale n’est pas optimal, surtout lorsqu’on doit faire preuve de sobriété. Après si nous arrivons à combiner consommation et flexibilité c’est intéressant.

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­­­Cette édition a été préparée avec ❤️ par Raphaël Bloch et Grégory Raymond. The Big Whale est un média libre et indépendant. En nous soutenant, vous participez à son développement.

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