TBW #28 : Le big bang fiscal đŸ‡«đŸ‡· attendra
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Published on
October 6, 2022

TBW #28 : Le big bang fiscal đŸ‡«đŸ‡· attendra

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đŸ–Šïž L'Ă©dito de la rĂ©daction

đŸ”„ Nos infos exclusives

âšĄïž Les rançons en cryptos

đŸ€– Le focus de la semaine

THE BIG SPLASH

­Habemus regulatio đŸ”„

­FumĂ©e blanche Ă  Bruxelles. Hier, le Conseil europĂ©en a approuvĂ© le rĂšglement MiCA qui doit poser les bases de la rĂ©glementation des crypto-actifs en Europe. Il ne manque plus que l’accord du Parlement europĂ©en, la semaine prochaine (12 octobre), pour que le texte soit dĂ©finitivement adoptĂ©.

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Sans trop de surprise, les dĂ©putĂ©s europĂ©ens devraient voter le texte qui va notamment encadrer les fournisseurs de services cryptos. Mais au-delĂ  du contenu, qui nĂ©cessitera encore d'ĂȘtre amĂ©liorĂ©, c’est surtout le fait que l’Europe soit la premiĂšre Ă  se doter d’un cadre “crypto” qui est important. Car la rĂ©gulation est essentielle, surtout dans un marchĂ© naissant et un peu "fou" comme celui des cryptos.

En 1996, les États-Unis avaient adoptĂ© avant tout le monde le ”Telecommunications Act” qui leur a permis de devenir les champions incontestĂ©s d’Internet.

Presque 30 ans aprùs, l’Europe pourrait, à son tour et grñce à MiCA, devenir leader dans celui des cryptos et du Web3.

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THE BIG NEWS

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NOS INFORMATIONS EXCLUSIVES

­­👉 FiscalitĂ© crypto : le “big bang” français attendra

Encore ratĂ© ! Ceux qui espĂ©raient que l’examen du projet de loi de finances 2023 serait l’occasion d’un changement de la fiscalitĂ© française seront déçus. Il devrait y avoir certes quelques amĂ©liorations comme une clarification du statut entre investisseur “particulier” et “professionnel” ainsi que des amĂ©nagements sur le staking, mais ce sera Ă  peu prĂšs l’essentiel. “Ce qui ressort de nos Ă©changes avec le gouvernement, c’est que la thĂ©matique crypto a Ă©tĂ© prise en charge tardivement”, souffle une source proche de l’Adan, l’association qui reprĂ©sente les professionnels du secteur. Avec la rĂ©Ă©lection d’Emmanuel Macron (lire notre interview exclusive) au printemps et le changement de ministre du NumĂ©rique, les sujets cryptos sont en effet un peu passĂ©s sous les radars. Faute de mieux, et en attendant, l’Adan pousse pour que le gouvernement lance un grand rapport sur la fiscalitĂ© des crypto-actifs. Pour faire changer la lĂ©gislation en 2024 ?

👉 Les Cryptobees ne dĂ©collent pas

Cryptobees vous connaissez ? LancĂ© au printemps dernier, ce projet de NFTs a tout de la “belle histoire” : une grande marque de luxe, Guerlain, qui veut financer la protection de la biodiversitĂ© via la vente de jetons numĂ©riques symbolisant des abeilles 🐝. Sauf que tout ne s’est pas passĂ© exactement comme prĂ©vu. Outre le fait qu’à peu prĂšs un tiers des NFT n’ont pas Ă©tĂ© vendus (ce qui est beaucoup), c’est surtout l’évolution du projet qui pose question et commence Ă  susciter un certain mĂ©contentement : plusieurs dĂ©tenteurs de NFT pointent le manque d’implication de Guerlain depuis plusieurs semaines, l'absence de dynamisme de la communautĂ© (le channel Discord sert principalement Ă  recueillir des plaintes) et la “faiblesse” des avantages qu’on leur avait promis. “Guerlain ne communique pas”, regrette un investisseur. ContactĂ©, le groupe LVMH (propriĂ©taire de Guerlain), n’a pas souhaitĂ© s’exprimer. Jusque quand ?

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THE BIG STORY

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Faut-il payer les rançons en cryptomonnaies ?

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Ransomwares

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Le gouvernement français voudrait rendre possible l’indemnisation des rançons par les compagnies d’assurance. Une proposition qui suscite pas mal de dĂ©bats.

­­­­Une dizaine d’ordinateurs plantĂ©s, des milliers de fichiers inaccessibles... DĂ©but septembre, la start-up parisienne de Cyril a subi une attaque qui a paralysĂ© toute son activitĂ©. Depuis, pour rĂ©tablir le systĂšme, les hackers demandent le paiement d’une rançon de “plusieurs dizaines de milliers d’euros” payable en cryptomonnaies.

“Nous n’avons plus accĂšs Ă  rien”, explique le patron de 35 ans, qui s'est tournĂ© vers la police đŸ‘źđŸœ, mais ne sait pas comment gĂ©rer cette rançon. Faut-il payer ? Si oui comment acquĂ©rir des cryptos ? Qui doit payer ? Les assureurs prennent-ils en charge l’opĂ©ration ? Y a-t-il des procĂ©dures spĂ©ciales ?

Le sujet est d’autant plus sensible que Cyril n’est pas un cas isolĂ©. En 2021, il y a eu presque 2000 demandes d’assistance d’entreprises françaises pour des cas de rançongiciels, selon Cybermalveillance.gouv.fr, un site d’assistance et de prĂ©vention pour les risques en ligne. Une centaine de ces demandes concernaient des rançongiciels basĂ©s sur des cryptomonnaies.

De sources policiĂšres françaises, le nombre des attaques serait mĂȘme en rĂ©alitĂ© bien plus Ă©levĂ©. “Beaucoup d’entreprises n’osent pas se signaler”, confirme une source proche de l’assureur Axa. Et le phĂ©nomĂšne serait le mĂȘme partout en Europe avec un coĂ»t global estimĂ© Ă  plusieurs milliards d'euros, selon les chiffres de l'entreprise de cybersĂ©curitĂ© ARS Solutions.

Payer les rançons ?

Pour tenter “d’aider” ces entreprises dĂ©passĂ©es par les Ă©vĂ©nements, le gouvernement français a rĂ©cemment proposĂ© de mettre en place un nouveau dispositif qui autoriserait les assureurs Ă  payer ces rançons d’un genre nouveau. Le dispositif prĂ©vu dans le projet de loi d’orientation et de programmation du ministĂšre de l’intĂ©rieur (LOPMI), prĂ©sentĂ© le 7 septembre au Conseil des ministres, toucherait tous les types de rançongiciels, mĂȘme ceux basĂ©s sur les cryptomonnaies.

Comme l’a proposĂ© le TrĂ©sor français, rattachĂ© Ă  Bercy, la seule condition pour ĂȘtre indemnisĂ© serait que l’entreprise ait portĂ© plainte ; et Ă©videmment qu’elle soit assurĂ©e contre le risque cyber !

Ce projet de loi, qui devra encore ĂȘtre adoptĂ© au Parlement français (ce qui pourrait prendre plusieurs mois), a fait vivement rĂ©agir dans le secteur de l’assurance. “On se tire une balle dans le pied et en plus, on paye la balle”, ironise un assureur.

Comment ĂȘtre sĂ»r qu’une fois payĂ©s les hackers cesseront l’attaque ?

InterrogĂ©s, la grande majoritĂ© des spĂ©cialistes, qui ne veulent pas ĂȘtre citĂ©s directement, expliquent qu’il n’y a aucune certitude. “La plupart du temps lorsqu’une entreprise paye une rançon, les pirates ne remettent pas le systĂšme Ă  jour. Et s’ils le font, ils laissent un mouchard”, explique un bon connaisseur de ces sujets.

Une étude réalisée en 2021 par Cybereason auprÚs d'un peu plus de 1200 professionnels de la sécurité dans plusieurs pays, et notamment en France, a montré que 60% des organisations françaises ayant choisi de payer la rançon ont été ciblés dans les semaines suivantes.

Le sujet est d’autant plus Ă©pineux que si cette disposition Ă©tait gravĂ©e dans le marbre de la loi, elle pourrait inciter tous les hackers de la planĂšte Ă  s’en prendre aux entreprises françaises. Aucun pays n'a de lĂ©gislation qui prĂ©voit de payer les rançongiciels. Ce n'est que du cas par cas.

Traçabilité des cryptos

Certains expliquent toutefois que les cryptomonnaies pourraient aussi jouer un rĂŽle dĂ©terminant pour mettre la main sur les hackers. “Si payer la rançon en crypto ne permet pas de mettre fin au hack, cela peut permettre de retrouver les responsables”, explique un assureur français.

L’avantage des cryptomonnaies est en effet qu’elles sont
 traçables. Pour faire simple, c’est comme si on payait une rançon en marquant les billets de banque. On pourrait ensuite analyser les flux et ainsi remonter la filiùre 🔍.

Aux États-Unis, plusieurs groupes de hackers ont Ă©tĂ© pris Ă  leur propre jeu avec les cryptos. Fin 2021, les assaillants du protocole de finance dĂ©centralisĂ©e Poly Network (600 millions de dollars dĂ©robĂ©s) ont Ă©tĂ© contraints de rendre les fonds aprĂšs qu’une enquĂȘte de traçabilitĂ© sur la blockchain a mis en lumiĂšre leur responsabilitĂ© dans l’opĂ©ration.

L’exemple le plus emblĂ©matique est celui du groupe Lazarus qui depuis des annĂ©es procĂšde Ă  des hacks en pagaille. Rien qu’en 2021, il aurait dĂ©robĂ© plus d’un milliard de dollars, indique la sociĂ©tĂ© amĂ©ricaine Chainalysis, ce qui a notamment permis de l’identifier. Seul problĂšme : le groupe est nord-corĂ©en, ce qui Ă©carte toute procĂ©dure policiĂšre ou judiciaire pour rĂ©cupĂ©rer l’argent


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Discord

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THE BIG FOCUS

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“Nous vivons une situation inĂ©dite”

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Yat Siu

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Entre l’inflation galopante, la crainte de rĂ©cession et la situation sur les marchĂ©s financiers, l’économie mondiale semble au bord du gouffre. Mais est-ce vraiment le cas ? On en parle avec Christophe Barraud, chef Ă©conomiste chez Market Securities.

­­­­Beaucoup de commentaires sont alarmistes sur la situation Ă©conomique. Êtes-vous aussi pessimiste ?

HonnĂȘtement, nous n’avons jamais eu autant d’incertitudes. Que ce soit au niveau Ă©conomique, sanitaire (en Chine, ndlr), social, gĂ©opolitique, Ă©nergĂ©tique et mĂȘme mĂ©tĂ©orologique, la situation est trĂšs prĂ©occupante et surtout trĂšs floue. Les marchĂ©s financiers ont encore du mal Ă  “pricer” les choses. Nous savons qu’il y aura une rĂ©cession globale dans les pays dĂ©veloppĂ©s - Europe et États-Unis en tĂȘte - Ă  partir de la fin de 2022, mais nous ignorons encore quelle en sera l’ampleur ni combien de temps elle pourra durer.

Pour couronner le tout, nous vivons une situation inĂ©dite avec un choc de richesse nĂ©gatif dans de nombreux pays : les actions et les obligations se sont Ă©croulĂ©es ces derniers mois, notamment Ă  cause de la hausse des taux d’intĂ©rĂȘt des banques centrales. Donc oui, je suis plutĂŽt “pessimiste”.

Pensez-vous que la situation économique pourrait pousser les banques centrales à retrouver une politique monétaire plus accommodante ?

Il est encore trop tĂŽt pour rĂ©pondre Ă  cette question. Ce qui est sĂ»r c’est que si la RĂ©serve fĂ©dĂ©rale amĂ©ricaine (Fed) doit faire machine arriĂšre, cela ne se fera pas avant que l’inflation redescende, et cela va prendre du temps. En attendant, les banques centrales, parce que ça ne concerne pas que la Fed, peuvent toujours intervenir ponctuellement. On l’a vu la semaine derniĂšre avec la Banque d’Angleterre. Et d'autres banques centrales pourraient suivre. Mais il ne faut pas perdre de vue que l’inflation a atteint un tel niveau que les banques centrales ne lĂącheront pas tant que la tempĂ©rature sur les prix ne sera pas retombĂ©e.

Quel niveau d’inflation pourrait ĂȘtre jugĂ© “supportable” ?

Aux États-Unis, l’inflation est actuellement Ă  8,3%. Un niveau compris entre 3% et 4% pourrait ĂȘtre jugĂ© comme “supportable”. Selon certaines estimations, ce niveau pourrait ĂȘtre atteint au cours du deuxiĂšme trimestre 2023. Il ne faut donc pas compter sur une baisse des taux avant six ou neuf mois, si cela doit se produire.

La seule chose qui pourrait pousser la Fed Ă  agir avant cette Ă©chĂ©ance serait une baisse de l’inflation “core” (c’est-Ă -dire l’inflation Ă  laquelle on a enlevĂ© les Ă©lĂ©ments fluctuants comme l’énergie et les matiĂšres agricoles). La Fed pourrait ainsi faire une pause dans ses hausses.

Il faut donc Ă©carter une reprise du marchĂ© des actifs Ă  risque, comme les actions et les cryptos, avant l’annĂ©e prochaine ?

Difficile Ă  dire, car le marchĂ© a tendance Ă  anticiper. La sĂ©ance trĂšs haussiĂšre de mardi est Ă  ce titre symptomatique : la veille, l’indice ISM Manufacturing (emplois et production aux États-Unis) a fait planer le spectre d’une rĂ©cession aux États-Unis. C'Ă©tait une information nĂ©gative et pourtant le marchĂ© a bien rĂ©agi parce qu’il estime justement que la Fed pourrait ĂȘtre poussĂ©e Ă  assouplir sa politique...

Ce qui s'est passĂ© montrĂ© qu'une mauvaise nouvelle Ă©conomique peut avoir un effet positif sur les marchĂ©s. GĂ©nĂ©ralement, le marchĂ© a environ six Ă  neuf mois d’avance sur la macro.

Il n’est donc pas exclu que les marchĂ©s repartent plus vite que prĂ©vu ?

Je pense que nous devrions continuer Ă  ĂȘtre dans un marchĂ© assez volatile avec une petite spĂ©cificitĂ© tout de mĂȘme : on sent bien qu’une grande partie des mauvaises nouvelles ont Ă©tĂ© intĂ©grĂ©es. Elles ont moins d’impact sur les marchĂ©s par rapport aux “bonnes nouvelles”.

Reste les alĂ©as gĂ©opolitiques. Il ne faut pas exclure que le conflit en Ukraine s’enlise et que la Russie durcisse encore le ton. Cela pourrait avoir des consĂ©quences sur l’approvisionnement en Ă©nergie, et donc de facto sur l’économie.

Vous parlez Ă  juste titre de l’incertitude gĂ©opolitique. Que pensez-vous de l’incertitude bancaire alors que Credit Suisse semble connaĂźtre d’importantes difficultĂ©s ?

Le secteur bancaire n’est pas Ă  l’abri. AprĂšs il faut bien voir que tout dĂ©pend de la nationalitĂ© des banques, de leur taille et de leurs difficultĂ©s. Il peut y avoir des problĂšmes de liquiditĂ©s ou de garanties


Mais comme tout le monde a les yeux rivés sur les banques depuis la crise des subprimes en 2008, les autorités sont vigilantes. Il faut aussi savoir prendre de la distance avec ce qui est parfois dit et véhiculé à tort sur les réseaux sociaux.

On peut donc Ă©carter un scĂ©nario Ă  la “Lehman Brothers” ?

Beaucoup de choses ont changĂ© depuis 2008. Nous n’avons plus les mĂȘmes niveaux de garantie et de prises de risque. L’immobilier s’est effondrĂ© en 2008 car il y avait une montagne de prĂȘts Ă  taux variables qui Ă©taient, pour ne rien arranger, sur-titrisĂ©s. Aujourd'hui, les taux variables sont largement moins importants et rĂ©pandus aux États-Unis. Je ne dirai pas forcĂ©ment ça du marchĂ© britannique
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Cette Ă©dition a Ă©tĂ© prĂ©parĂ©e avec ❀ par RaphaĂ«l Bloch et GrĂ©gory Raymond. The Big Whale est un mĂ©dia libre et indĂ©pendant. En nous soutenant, vous participez Ă  son dĂ©veloppement.

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