TBW #57 : Peur sur les plateformes europĂ©ennes đŸ˜±

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“BRC20” ? 🙄

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L’écosystĂšme web3 n’est pas seulement une jungle technologique, c’est aussi un sacrĂ© labyrinthe sĂ©mantique. Prenez le nombre d’acronymes et de sigles, il en existe des centaines plus exotiques les uns que les autres, et un petit nouveau vient tout juste de faire son apparition : “BRC20”.

Si “BRC20” vous dit quelque chose, c’est sĂ»rement Ă  cause de son cousin, l’”ERC20”, qui est le standard des tokens des projets dĂ©veloppĂ©s sur Ethereum. La grande diffĂ©rence entre l’ERC20 et le BRC20, c’est que le premier est disponible sur Ethereum, tandis que le second l’est sur
 Bitcoin.

Oui, vous avez bien lu, on parle de tokens sur Bitcoin, qui prouve encore une fois qu’en dĂ©pit de nombreuses critiques, notamment sur sa rigiditĂ©, le rĂ©seau est toujours capable d’innovation 💡.

L’engouement pour ces jetons BRC20 a dĂ©marrĂ© il y a quelques semaines grĂące au protocole Ordinals qui permet de marquer numĂ©riquement n’importe quel satoshi - la plus petite unitĂ© de monnaie de Bitcoin (1 satoshi = 0,00000001 BTC).

Plusieurs séries de jetons BRC20 sont déjà trÚs populaires et la capitalisation totale des BRC20 a dépassé le milliard de dollars !

Preuve que le secteur est encore toutefois assez immature, et que donc la rĂ©volution attendra encore un peu, aucune de ces cryptos n’a vraiment d’utilitĂ©, pour ne pas dire plus 😅.

Surtout, la folie autour de ces nouveaux jetons a fait exploser les frais de transactions sur Bitcoin - à un niveau record depuis un peu plus de deux ans, ce qui a en partie congestionné le réseau


THE BIG NEWS

Nos Informations exclusives đŸ”„

👉 OKX veut se dĂ©velopper en Europe

Est-ce l’effet MiCA ? Ce qui est sĂ»r, c’est que de plus en plus d’acteurs crypto veulent se dĂ©velopper en Europe. Selon nos informations, la plateforme OKX, dĂ©jĂ  prĂ©sente Ă  Malte depuis 2018, souhaite Ă©tendre ses activitĂ©s dans l’Union europĂ©enne, et notamment en France đŸ‡«đŸ‡·.

La plateforme crĂ©Ă©e en 2017 aux Seychelles pourrait installer des bureaux Ă  Paris dans les mois qui viennent. “Ils travaillent sur cette piste”, confirme une source.

En moins de 18 mois, plusieurs poids lourds de l’industrie comme Binance et Cryptocom ont annoncĂ© leur arrivĂ©e en France. Binance, qui est de loin le plus gros Exchange de la planĂšte, dispose dĂ©jĂ  de plus de 100 personnes dans la capitale française.

OKX (anciennement OKEx) est l’une des principales plateformes cryptos de la planùte. Selon les chiffres de CoinMarketCap, elle se situe dans le Top 10 mondial des exchanges en termes de volumes.

OKX est dĂ©jĂ  bien prĂ©sente en Asie - la plateforme vient d’obtenir une licence Ă  Hong Kong - ainsi qu’en AmĂ©rique et au Moyen-Orient oĂč elle dispose d’un bureau au Bahamas et Ă  Dubai. Et peut-ĂȘtre donc bientĂŽt Ă  Paris.

TO

The Big Whale lance sa cartographie de l’écosystĂšme europĂ©en

Tous les projets europĂ©ens qui le souhaitent peuvent renseigner leurs informations et figurer dans “The Ocean”.

Chaque projet intĂ©grĂ© au sein de cette cartographie aura la possibilitĂ©, aprĂšs le vote des 300 abonnĂ©s fondateurs de The Big Whale ❀, de :

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THE BIG REPORT

Plateformes crypto : y a-t-il de la place pour tout le monde en Europe ?

Par Grégory Raymond (à Paris)

En quelques annĂ©es, le nombre d’applications et d’Exchanges crypto a explosĂ© en Europe. Si certains d’entre eux vont rĂ©ussir Ă  se dĂ©velopper, tous ne survivront pas notamment Ă  cause du manque de maturitĂ© du marchĂ©. En coulisses, les manoeuvres ont dĂ©jĂ  commencĂ© pour des rachats.

S’il y a bien un domaine crypto dans lequel l’Europe ne manque pas de reprĂ©sentants, c’est bien celui des plateformes. Rien qu’en France, qui dĂ©tient le record continental, on en compte une bonne cinquantaine, dont prĂšs de 30 enregistrĂ©es auprĂšs de l’AutoritĂ© des marchĂ©s financiers (AMF). “C’est beaucoup trop par rapport Ă  la taille du marchĂ©â€, souffle un entrepreneur du secteur.

ConfrontĂ©es Ă  la baisse des cours depuis plus d’un an, la plupart des plateformes europĂ©ennes, et notamment en France, ont enregistrĂ© une importante chute de leur activitĂ© 📉. Elles comptent leurs sous (enfin ce qu’il en reste) et certaines envisagent le pire, alors que pour la plupart elles n'ont mĂȘme pas trois ans d'existence.

“Beaucoup d'applications vont finir au tapis, ce n’est qu’une question de temps”, anticipe RĂ©da Berrehili (*), le patron de Klub, une plateforme privĂ©e d’investissement. “La plupart ont conçu leur modĂšle Ă©conomique lors du bull market de 2020-2021 avec des revenus conditionnĂ©s Ă  du volume. Lorsque le marchĂ© se retourne, il n’y a plus volumes, et donc pas de revenus”, juge-t-il.

L’autre grand problĂšme, c’est que beaucoup de ces start-up europĂ©ennes se ressemblent 😅.

Elles proposent peu ou prou le mĂȘme service : de l’achat et de la vente de cryptos, et pas beaucoup plus. Parfois elles offrent aussi des solutions de rendement (staking ou lending), mais la diffĂ©renciation n’est pas suffisamment importante.

“Nous avons tous nos petites diffĂ©rences, mais nous visons souvent les mĂȘmes clients, et il y a un embouteillage d’offres”, concĂšde François-Julien Alcaraz, cofondateur de l’application d’investissement CryptoSimple.

La start-up tricolore a rĂ©cemment annoncĂ© une levĂ©e de fonds d’un million d’euros, mais plusieurs experts du secteur n’hĂ©sitent pas Ă  Ă©voquer une situation financiĂšre “fragile”. François-Julien Alcaraz admet que la situation n’est pas facile, mais estime qu’il n’est pas le seul dans ce cas. “80% des entreprises sont actuellement en difficultĂ©â€, dĂ©clare le patron de la start-up marseillaise.

Les prochains mois seront clé pour CryptoSimple, qui réfléchit à viser une clientÚle plus professionnelle.

Parmi les entreprises en difficulté, les noms de Mon Livret C et Yuzu reviennent aussi réguliÚrement dans la bouche des bons investisseurs.

Le premier a Ă©tĂ© contraint de faire pivoter son activitĂ© pour devenir un intermĂ©diaire pour des distributeurs (FinTech, gestionnaires de patrimoine, etc.) alors qu’il visait initialement les particuliers. “La question de notre survie a un temps Ă©tĂ© sur la table, mais nous allons mieux depuis que nous avons fait Ă©voluer notre positionnement”, indique son directeur gĂ©nĂ©ral Mathieu Charret.

Mon Livret C compte actuellement moins de 100 clients, certes “trĂšs fortunĂ©s”, mais l’entreprise lancĂ©e en juin 2022 n’est pas encore rentable.

Du cÎté de Yuzu, lancé en octobre 2022 et qui compte moins de 1000 utilisateurs particuliers, tout repose sur les épaules de son fondateur Clément Coeurdeuil.

L’équipe initiale est dĂ©jĂ  passĂ©e de 10 Ă  5 personnes, un associĂ© est parti et l’application entend dĂ©sormais proposer des conseils pour “investir au bon moment”. Avec quelle visibilitĂ© sur les prochains mois ? “Cela dĂ©pend de moi, j’ai assez de fonds personnels pour alimenter l’entreprise jusqu’à fin 2024”, assure ClĂ©ment Coeurdeuil.

Ces start-up souffrent notamment de leur lancement en pleine pĂ©riode de baisse des marchĂ©s. Reste que les nouveaux venus ne sont pas les seuls Ă  tirer la langue 😰.

“De nombreuses sociĂ©tĂ©s sont sur la sellette”, souffle un avocat qui a eu accĂšs aux comptes de certaines d’entre elles. “Beaucoup donnent publiquement l’impression d’aller bien, alors que ce n’est pas du tout le cas. Plusieurs PSAN français qui ont des fonds bloquĂ©s dans FTX et dans d’autres sociĂ©tĂ©s n’ont toujours pas informĂ© leurs clients”, lĂąche-t-il.

Est-ce que de nombreux PSAN seraient dans l’incapacitĂ© de rĂ©pondre Ă  la demande de leurs clients si ceux-ci voulaient retirer tous leurs fonds ? “AssurĂ©ment”, prĂ©cise cette source.

Bitstack et Swissborg, l’oasis au milieu du dĂ©sert

Au milieu du dĂ©sert, plusieurs acteurs comme Bitstack đŸ‡«đŸ‡· semblent toutefois se dĂ©tacher.

La start-up, qui a adoptĂ© un positionnement 100% Bitcoin, permet d’investir dans le bitcoin via des achats programmĂ©s rĂ©currents ou en arrondissant Ă  l’euro supĂ©rieur tous les mouvements qui passent par le compte bancaire des clients.

Bitstack, qui s’occupe de la conservation des bitcoins, revendique une croissance mensuelle de ses utilisateurs de 20% depuis trois mois. Elle compte 30.000 clients aprĂšs une petite annĂ©e d’existence. “Selon les bruits de marchĂ© que j’ai, je crois que nous sommes les seuls Ă  avoir autant de traction”, tĂ©moigne son cofondateur Alexandre Roubaud.

“Globalement, toutes les entreprises qui se sont lancĂ©es lors des trois derniĂšres annĂ©es et dont l’offre n’a pas encore rencontrĂ© leur public ont de fortes chances de disparaĂźtre, Ă  moins d’avoir le cash pour tenir, mais c’est trĂšs compliquĂ© de lever des fonds en ce moment”, prĂ©cise-t-il.

À part lorsqu’on dispose d’une forte notoriĂ©tĂ© ou que l’on peut prĂ©senter une activitĂ© rayonnante aux investisseurs
 Bitstack vient justement d’annoncer une levĂ©e de fonds de 2 millions d’euros dans laquelle a participĂ© le prestigieux accĂ©lĂ©rateur de start-up californien Y Combinator 😎.

“Les investisseurs apprĂ©cient ce type de business car cela permet d’assurer une certaine prĂ©visibilitĂ© des revenus, alors qu’un courtier traditionnel s’expose Ă  une chute brutale de son activitĂ© lors d’un retournement de marchĂ©â€, analyse Julien Henrot-Dias, CEO de la plateforme Deskoin (12.000 clients et aussi en pointe sur l’achat rĂ©current de cryptos).

Son concurrent StackinSat, Ă©galement positionnĂ© sur le 100% Bitcoin, mais rĂ©servĂ© Ă  une clientĂšle plus experte (et donc plus rĂ©duite aussi), peine un peu de son cĂŽtĂ© Ă  lever de l’argent. Elle chercherait entre 5 et 10 millions d’euros et devrait se tourner vers sa communautĂ© d’utilisateurs en raison de la frilositĂ© des fonds de capital-risque.

StackinSat espÚre ainsi reproduire le succÚs de Swissborg qui a récolté 23 millions de dollars début avril auprÚs de 16.660 personnes (en échange de 9,53% de son capital).

“Cette opĂ©ration est une rĂ©ussite et beaucoup aimeraient s’en inspirer, mais tout le monde ne s’appelle pas Swissborg et ne peut s’appuyer sur une communautĂ© aussi forte”, indique un bon connaisseur du secteur. Cette derniĂšre dĂ©clare avoir 720.000 utilisateurs, dont 400.000 avec des euros ou des cryptos sur leur compte.

“Le marchĂ© est titanesque, nous avons une croissance linĂ©aire, donc je suis trĂšs confiant dans l'avenir”, assure Jonathan Herscovici, cofondateur de StackinSat.

Les gros serrent les dents et se reposent sur leur expérience

Du cĂŽtĂ© des “gros” acteurs, la situation n’est pas beaucoup plus simple. Mais les structures comme Coinhouse sont bien capitalisĂ©es. Cette derniĂšre a levĂ© 40 millions d’euros au printemps 2022. Cela lui a permis d’absorber le choc FTX-Genesis, en dĂ©pit du gel de prĂšs de 15 millions de dollars de ses actifs dans ces structures.

“MĂȘme si je ne le souhaite pas, je pense que beaucoup de start-up disparaĂźtront et qu’il ne restera qu’une poignĂ©e d’acteurs Ă  la fin”, indique son CEO Nicolas Louvet (lire son interview publiĂ©e en dĂ©but d'annĂ©e).

Dont Coinhouse ? “Notre anciennetĂ© (2014, ndlr) et notre lien historique avec Ledger nous offrent une forte notoriĂ©tĂ© Ă  laquelle il faut ajouter le sĂ©rieux de notre travail”, juge-t-il.

“La clĂ© de notre succĂšs, c’est aussi l’accompagnement personnalisĂ© de nos clients particuliers et entreprises. Il est trĂšs rare de proposer des conseillers (disponibles au tĂ©lĂ©phone, ndlr) dans le secteur des cryptos”, insiste le patron français.

Selon nos informations, Coinhouse, qui compte un peu plus de 100 salariés, a néanmoins allégé sa masse salariale ces derniers mois en se séparant de plusieurs collaborateurs.

Pour le patron d’une start-up en difficultĂ©, “tout le monde a rĂ©duit la taille des Ă©quipes, la conjoncture Ă©conomique est trĂšs mauvaise, il s’agit maintenant de survivre en espĂ©rant que les beaux jours reviennent”.

Tous les yeux sont ainsi rivĂ©s vers l’hypothĂ©tique reprise du Bull Market que certains espĂšrent pour la fin de l’annĂ©e 2023, soit quelques mois avant le “halving”, un Ă©vĂ©nement qui se produit tous les quatre ans et lors duquel l’émission monĂ©taire du bitcoin est divisĂ©e par deux, contribuant Ă  la rarĂ©faction de l’offre et donc Ă  la hausse des prix 💡.

Sauf qu’il n’y a aucune assurance que le scĂ©nario va se reproduire
 “Il est insensĂ© de miser seulement sur le Bull Market pour qu’une start-up fonctionne”, persifle un consultant. “Cela montre que certains entrepreneurs cryptos se sont lancĂ©s avec une mĂ©connaissance totale du marchĂ©â€, insiste-t-il.

À ce compte-lĂ , l’expĂ©rience peut aider. Paymium, autre grand acteur historique (2011), assure ĂȘtre en bonne position pour survivre Ă  cet “hiver de la crypto”.

“Nous avons dĂ©jĂ  traversĂ© plusieurs crises et effondrements des marchĂ©s, ce n’est pas nouveau pour nous”, rembobine son CEO Pierre Noizat (lire son interview). “Nous sommes prĂȘts Ă  encaisser ce genre de choc. Alors que la plupart des entreprises du secteur ont Ă©tĂ© impactĂ©es et ont rĂ©duit leurs effectifs, nous avons continuĂ© Ă  investir”, insiste-t-il.

Le double effet Kiss Cool de la “crypto nation”

En plus des conditions de marché, certains acteurs pointent les conséquences indirectes de la régulation crypto avant-gardiste de la France pour expliquer leurs maux.

Son cadre rĂ©glementaire (l’un des premiers dans le monde) a engendrĂ© la crĂ©ation de trĂšs nombreuses entreprises, plus que n’importe oĂč ailleurs en Europe, ce qui a crĂ©Ă© un embouteillage local. Sans compter que les gros acteurs internationaux, comme Binance ou Cryptocom, ont Ă©galement choisi la France pour s’implanter sur le continent.

RĂ©sultat, la concurrence y est particuliĂšrement intense. Trois solutions s’offrent alors aux start-up en difficultĂ© : trouver des nouveaux financements (sauf que le capital-risque est Ă  l’arrĂȘt), pivoter en changeant de modĂšle ou
 envisager un rachat.

Une banque et Kraken trÚs intéressés par un PSAN

“Aujourd’hui il y a beaucoup d’applications et de plateformes qui dĂ©veloppent leur tech et espĂšrent bien se revendre grĂące Ă  leurs licences et Ă  leur PSAN”, indique Édouard Daunizeau, CEO de SavingBlocks, un robot advisor crypto basĂ© Ă  Londres. “L’une des fortes probabilitĂ©s, c’est que des acteurs de taille moyenne rachĂštent des entreprises plus petites Ă  l’agonie”, ajoute un avocat.

Selon nos informations, un acteur bancaire traditionnel Ă©pluche actuellement les dossiers d’au moins 5 entreprises enregistrĂ©es PSAN auprĂšs de l’AutoritĂ© des marchĂ©s financiers (AMF). On en reparlera trĂšs bientĂŽt dans The Big Whale 👀.

Signe qu’il pourrait se passer des choses sur le marchĂ©, toujours selon nos informations, la plateforme d’échange amĂ©ricaine Kraken, qui est l’un des leaders mondiaux du secteur, a sondĂ© des acteurs tricolores dans le but d’un rachat. “Ils souhaitent se positionner sur le marchĂ© français”, affirme un patron qui a refusĂ© une offre du gĂ©ant.

Actuellement, Kraken est accessible pour les EuropĂ©ens, mais l’entreprise a l’interdiction formelle de les dĂ©marcher commercialement (avec de la publicitĂ© par exemple). Surtout, la plateforme ne pourra plus viser le marchĂ© europĂ©en sans PSAN Ă  partir de 2025, date de l’entrĂ©e en vigueur de MiCA, le rĂšglement europĂ©en qui va encadrer le secteur des cryptos.

“L’obtention du PSAN a Ă©tĂ© durcie ces derniers mois, du coup c’est beaucoup plus simple d’acquĂ©rir un petit acteur qui en est dĂ©jĂ  titulaire”, indique le patron d’une start-up qui confirme l’intĂ©rĂȘt de Kraken 👀.

Attention toutefois : racheter un PSAN ne permettrait pas Ă  Kraken d’en bĂ©nĂ©ficier automatiquement. L’entreprise devrait passer devant l’AMF afin de faire valider la nouvelle structure. Elle suivrait ainsi l’exemple de l’amĂ©ricain Voyager qui avait absorbĂ© LGO en octobre 2020.

“Un rachat n’interrompt pas l’activitĂ©, c’est donc trĂšs intĂ©ressant pour l’acquĂ©reur”, rappelle William O’Rorke, avocat associĂ© au cabinet ORWL, spĂ©cialisĂ© dans les technologies de rupture. “Que l'AMF mette 2 semaines ou 4 mois pour traiter la demande, ce n’est pas un problĂšme s’il y a une continuitĂ© de l’activitĂ©â€, insiste-t-il.

DĂšs lors, c’est un jeu de poker menteur qui s’engage pour fixer le prix đŸ’¶. L’une des cibles de Kraken indique avoir reçu une offre d’environ 50 euros par client ayant fourni ses informations personnelles (KYC). Cela peut sembler peu, mais les entreprises qui souhaitent se vendre ne sont pas en position de force.

Si une sociĂ©tĂ© souhaite se vendre Ă  un acteur Ă  la recherche d’un enregistrement PSAN, il faudra de toute façon faire vite. Chaque mois qui passe fait baisser la valeur de cet actif rĂ©glementaire car celui-ci devra ĂȘtre remplacĂ© mi-2026 au plus tard par un agrĂ©ment PSAN (beaucoup plus difficile et coĂ»teux Ă  obtenir).

“C’est prĂ©cisĂ©ment pour cette raison que je ne pense pas que l’enregistrement PSAN soit un actif si valorisable que cela pour une start-up qui souhaiterait se vendre”, juge Nicolas Louvet de Coinhouse.

Dans tous les cas, pour une grande majorité de PSAN, le temps est compté.

* RĂ©da Berrehili est actionnaire minoritaire Ă  titre individuel de The Big Whale

THE BIG FOCUS

Bermudes, Îles Vierges britanniques
 Pourquoi les entreprises crypto continuent d’y aller

Bermuda

Par Raphaël Bloch (à Paris)

En dĂ©pit de leur “mauvaise” image, certaines juridictions suscitent toujours autant d’intĂ©rĂȘt. La fiscalitĂ©, et surtout la flexibilitĂ© rĂ©glementaire, y sont pour beaucoup.

La suite est disponible sur le site de The Big Whale 🐳.

Cette Ă©dition a Ă©tĂ© prĂ©parĂ©e avec ❀ par RaphaĂ«l Bloch et GrĂ©gory Raymond. The Big Whale est un mĂ©dia libre et indĂ©pendant. En nous soutenant, vous participez Ă  son dĂ©veloppement.

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TBW #57 : Peur sur les plateformes europĂ©ennes đŸ˜±
Publié le
Published on
May 11, 2023

TBW #57 : Peur sur les plateformes europĂ©ennes đŸ˜±

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Si “BRC20” vous dit quelque chose, c’est sĂ»rement Ă  cause de son cousin, l’”ERC20”, qui est le standard des tokens des projets dĂ©veloppĂ©s sur Ethereum. La grande diffĂ©rence entre l’ERC20 et le BRC20, c’est que le premier est disponible sur Ethereum, tandis que le second l’est sur
 Bitcoin.

Oui, vous avez bien lu, on parle de tokens sur Bitcoin, qui prouve encore une fois qu’en dĂ©pit de nombreuses critiques, notamment sur sa rigiditĂ©, le rĂ©seau est toujours capable d’innovation 💡.

L’engouement pour ces jetons BRC20 a dĂ©marrĂ© il y a quelques semaines grĂące au protocole Ordinals qui permet de marquer numĂ©riquement n’importe quel satoshi - la plus petite unitĂ© de monnaie de Bitcoin (1 satoshi = 0,00000001 BTC).

Plusieurs séries de jetons BRC20 sont déjà trÚs populaires et la capitalisation totale des BRC20 a dépassé le milliard de dollars !

Preuve que le secteur est encore toutefois assez immature, et que donc la rĂ©volution attendra encore un peu, aucune de ces cryptos n’a vraiment d’utilitĂ©, pour ne pas dire plus 😅.

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Est-ce l’effet MiCA ? Ce qui est sĂ»r, c’est que de plus en plus d’acteurs crypto veulent se dĂ©velopper en Europe. Selon nos informations, la plateforme OKX, dĂ©jĂ  prĂ©sente Ă  Malte depuis 2018, souhaite Ă©tendre ses activitĂ©s dans l’Union europĂ©enne, et notamment en France đŸ‡«đŸ‡·.

La plateforme crĂ©Ă©e en 2017 aux Seychelles pourrait installer des bureaux Ă  Paris dans les mois qui viennent. “Ils travaillent sur cette piste”, confirme une source.

En moins de 18 mois, plusieurs poids lourds de l’industrie comme Binance et Cryptocom ont annoncĂ© leur arrivĂ©e en France. Binance, qui est de loin le plus gros Exchange de la planĂšte, dispose dĂ©jĂ  de plus de 100 personnes dans la capitale française.

OKX (anciennement OKEx) est l’une des principales plateformes cryptos de la planùte. Selon les chiffres de CoinMarketCap, elle se situe dans le Top 10 mondial des exchanges en termes de volumes.

OKX est dĂ©jĂ  bien prĂ©sente en Asie - la plateforme vient d’obtenir une licence Ă  Hong Kong - ainsi qu’en AmĂ©rique et au Moyen-Orient oĂč elle dispose d’un bureau au Bahamas et Ă  Dubai. Et peut-ĂȘtre donc bientĂŽt Ă  Paris.

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THE BIG REPORT

Plateformes crypto : y a-t-il de la place pour tout le monde en Europe ?

Par Grégory Raymond (à Paris)

En quelques annĂ©es, le nombre d’applications et d’Exchanges crypto a explosĂ© en Europe. Si certains d’entre eux vont rĂ©ussir Ă  se dĂ©velopper, tous ne survivront pas notamment Ă  cause du manque de maturitĂ© du marchĂ©. En coulisses, les manoeuvres ont dĂ©jĂ  commencĂ© pour des rachats.

S’il y a bien un domaine crypto dans lequel l’Europe ne manque pas de reprĂ©sentants, c’est bien celui des plateformes. Rien qu’en France, qui dĂ©tient le record continental, on en compte une bonne cinquantaine, dont prĂšs de 30 enregistrĂ©es auprĂšs de l’AutoritĂ© des marchĂ©s financiers (AMF). “C’est beaucoup trop par rapport Ă  la taille du marchĂ©â€, souffle un entrepreneur du secteur.

ConfrontĂ©es Ă  la baisse des cours depuis plus d’un an, la plupart des plateformes europĂ©ennes, et notamment en France, ont enregistrĂ© une importante chute de leur activitĂ© 📉. Elles comptent leurs sous (enfin ce qu’il en reste) et certaines envisagent le pire, alors que pour la plupart elles n'ont mĂȘme pas trois ans d'existence.

“Beaucoup d'applications vont finir au tapis, ce n’est qu’une question de temps”, anticipe RĂ©da Berrehili (*), le patron de Klub, une plateforme privĂ©e d’investissement. “La plupart ont conçu leur modĂšle Ă©conomique lors du bull market de 2020-2021 avec des revenus conditionnĂ©s Ă  du volume. Lorsque le marchĂ© se retourne, il n’y a plus volumes, et donc pas de revenus”, juge-t-il.

L’autre grand problĂšme, c’est que beaucoup de ces start-up europĂ©ennes se ressemblent 😅.

Elles proposent peu ou prou le mĂȘme service : de l’achat et de la vente de cryptos, et pas beaucoup plus. Parfois elles offrent aussi des solutions de rendement (staking ou lending), mais la diffĂ©renciation n’est pas suffisamment importante.

“Nous avons tous nos petites diffĂ©rences, mais nous visons souvent les mĂȘmes clients, et il y a un embouteillage d’offres”, concĂšde François-Julien Alcaraz, cofondateur de l’application d’investissement CryptoSimple.

La start-up tricolore a rĂ©cemment annoncĂ© une levĂ©e de fonds d’un million d’euros, mais plusieurs experts du secteur n’hĂ©sitent pas Ă  Ă©voquer une situation financiĂšre “fragile”. François-Julien Alcaraz admet que la situation n’est pas facile, mais estime qu’il n’est pas le seul dans ce cas. “80% des entreprises sont actuellement en difficultĂ©â€, dĂ©clare le patron de la start-up marseillaise.

Les prochains mois seront clé pour CryptoSimple, qui réfléchit à viser une clientÚle plus professionnelle.

Parmi les entreprises en difficulté, les noms de Mon Livret C et Yuzu reviennent aussi réguliÚrement dans la bouche des bons investisseurs.

Le premier a Ă©tĂ© contraint de faire pivoter son activitĂ© pour devenir un intermĂ©diaire pour des distributeurs (FinTech, gestionnaires de patrimoine, etc.) alors qu’il visait initialement les particuliers. “La question de notre survie a un temps Ă©tĂ© sur la table, mais nous allons mieux depuis que nous avons fait Ă©voluer notre positionnement”, indique son directeur gĂ©nĂ©ral Mathieu Charret.

Mon Livret C compte actuellement moins de 100 clients, certes “trĂšs fortunĂ©s”, mais l’entreprise lancĂ©e en juin 2022 n’est pas encore rentable.

Du cÎté de Yuzu, lancé en octobre 2022 et qui compte moins de 1000 utilisateurs particuliers, tout repose sur les épaules de son fondateur Clément Coeurdeuil.

L’équipe initiale est dĂ©jĂ  passĂ©e de 10 Ă  5 personnes, un associĂ© est parti et l’application entend dĂ©sormais proposer des conseils pour “investir au bon moment”. Avec quelle visibilitĂ© sur les prochains mois ? “Cela dĂ©pend de moi, j’ai assez de fonds personnels pour alimenter l’entreprise jusqu’à fin 2024”, assure ClĂ©ment Coeurdeuil.

Ces start-up souffrent notamment de leur lancement en pleine pĂ©riode de baisse des marchĂ©s. Reste que les nouveaux venus ne sont pas les seuls Ă  tirer la langue 😰.

“De nombreuses sociĂ©tĂ©s sont sur la sellette”, souffle un avocat qui a eu accĂšs aux comptes de certaines d’entre elles. “Beaucoup donnent publiquement l’impression d’aller bien, alors que ce n’est pas du tout le cas. Plusieurs PSAN français qui ont des fonds bloquĂ©s dans FTX et dans d’autres sociĂ©tĂ©s n’ont toujours pas informĂ© leurs clients”, lĂąche-t-il.

Est-ce que de nombreux PSAN seraient dans l’incapacitĂ© de rĂ©pondre Ă  la demande de leurs clients si ceux-ci voulaient retirer tous leurs fonds ? “AssurĂ©ment”, prĂ©cise cette source.

Bitstack et Swissborg, l’oasis au milieu du dĂ©sert

Au milieu du dĂ©sert, plusieurs acteurs comme Bitstack đŸ‡«đŸ‡· semblent toutefois se dĂ©tacher.

La start-up, qui a adoptĂ© un positionnement 100% Bitcoin, permet d’investir dans le bitcoin via des achats programmĂ©s rĂ©currents ou en arrondissant Ă  l’euro supĂ©rieur tous les mouvements qui passent par le compte bancaire des clients.

Bitstack, qui s’occupe de la conservation des bitcoins, revendique une croissance mensuelle de ses utilisateurs de 20% depuis trois mois. Elle compte 30.000 clients aprĂšs une petite annĂ©e d’existence. “Selon les bruits de marchĂ© que j’ai, je crois que nous sommes les seuls Ă  avoir autant de traction”, tĂ©moigne son cofondateur Alexandre Roubaud.

“Globalement, toutes les entreprises qui se sont lancĂ©es lors des trois derniĂšres annĂ©es et dont l’offre n’a pas encore rencontrĂ© leur public ont de fortes chances de disparaĂźtre, Ă  moins d’avoir le cash pour tenir, mais c’est trĂšs compliquĂ© de lever des fonds en ce moment”, prĂ©cise-t-il.

À part lorsqu’on dispose d’une forte notoriĂ©tĂ© ou que l’on peut prĂ©senter une activitĂ© rayonnante aux investisseurs
 Bitstack vient justement d’annoncer une levĂ©e de fonds de 2 millions d’euros dans laquelle a participĂ© le prestigieux accĂ©lĂ©rateur de start-up californien Y Combinator 😎.

“Les investisseurs apprĂ©cient ce type de business car cela permet d’assurer une certaine prĂ©visibilitĂ© des revenus, alors qu’un courtier traditionnel s’expose Ă  une chute brutale de son activitĂ© lors d’un retournement de marchĂ©â€, analyse Julien Henrot-Dias, CEO de la plateforme Deskoin (12.000 clients et aussi en pointe sur l’achat rĂ©current de cryptos).

Son concurrent StackinSat, Ă©galement positionnĂ© sur le 100% Bitcoin, mais rĂ©servĂ© Ă  une clientĂšle plus experte (et donc plus rĂ©duite aussi), peine un peu de son cĂŽtĂ© Ă  lever de l’argent. Elle chercherait entre 5 et 10 millions d’euros et devrait se tourner vers sa communautĂ© d’utilisateurs en raison de la frilositĂ© des fonds de capital-risque.

StackinSat espÚre ainsi reproduire le succÚs de Swissborg qui a récolté 23 millions de dollars début avril auprÚs de 16.660 personnes (en échange de 9,53% de son capital).

“Cette opĂ©ration est une rĂ©ussite et beaucoup aimeraient s’en inspirer, mais tout le monde ne s’appelle pas Swissborg et ne peut s’appuyer sur une communautĂ© aussi forte”, indique un bon connaisseur du secteur. Cette derniĂšre dĂ©clare avoir 720.000 utilisateurs, dont 400.000 avec des euros ou des cryptos sur leur compte.

“Le marchĂ© est titanesque, nous avons une croissance linĂ©aire, donc je suis trĂšs confiant dans l'avenir”, assure Jonathan Herscovici, cofondateur de StackinSat.

Les gros serrent les dents et se reposent sur leur expérience

Du cĂŽtĂ© des “gros” acteurs, la situation n’est pas beaucoup plus simple. Mais les structures comme Coinhouse sont bien capitalisĂ©es. Cette derniĂšre a levĂ© 40 millions d’euros au printemps 2022. Cela lui a permis d’absorber le choc FTX-Genesis, en dĂ©pit du gel de prĂšs de 15 millions de dollars de ses actifs dans ces structures.

“MĂȘme si je ne le souhaite pas, je pense que beaucoup de start-up disparaĂźtront et qu’il ne restera qu’une poignĂ©e d’acteurs Ă  la fin”, indique son CEO Nicolas Louvet (lire son interview publiĂ©e en dĂ©but d'annĂ©e).

Dont Coinhouse ? “Notre anciennetĂ© (2014, ndlr) et notre lien historique avec Ledger nous offrent une forte notoriĂ©tĂ© Ă  laquelle il faut ajouter le sĂ©rieux de notre travail”, juge-t-il.

“La clĂ© de notre succĂšs, c’est aussi l’accompagnement personnalisĂ© de nos clients particuliers et entreprises. Il est trĂšs rare de proposer des conseillers (disponibles au tĂ©lĂ©phone, ndlr) dans le secteur des cryptos”, insiste le patron français.

Selon nos informations, Coinhouse, qui compte un peu plus de 100 salariés, a néanmoins allégé sa masse salariale ces derniers mois en se séparant de plusieurs collaborateurs.

Pour le patron d’une start-up en difficultĂ©, “tout le monde a rĂ©duit la taille des Ă©quipes, la conjoncture Ă©conomique est trĂšs mauvaise, il s’agit maintenant de survivre en espĂ©rant que les beaux jours reviennent”.

Tous les yeux sont ainsi rivĂ©s vers l’hypothĂ©tique reprise du Bull Market que certains espĂšrent pour la fin de l’annĂ©e 2023, soit quelques mois avant le “halving”, un Ă©vĂ©nement qui se produit tous les quatre ans et lors duquel l’émission monĂ©taire du bitcoin est divisĂ©e par deux, contribuant Ă  la rarĂ©faction de l’offre et donc Ă  la hausse des prix 💡.

Sauf qu’il n’y a aucune assurance que le scĂ©nario va se reproduire
 “Il est insensĂ© de miser seulement sur le Bull Market pour qu’une start-up fonctionne”, persifle un consultant. “Cela montre que certains entrepreneurs cryptos se sont lancĂ©s avec une mĂ©connaissance totale du marchĂ©â€, insiste-t-il.

À ce compte-lĂ , l’expĂ©rience peut aider. Paymium, autre grand acteur historique (2011), assure ĂȘtre en bonne position pour survivre Ă  cet “hiver de la crypto”.

“Nous avons dĂ©jĂ  traversĂ© plusieurs crises et effondrements des marchĂ©s, ce n’est pas nouveau pour nous”, rembobine son CEO Pierre Noizat (lire son interview). “Nous sommes prĂȘts Ă  encaisser ce genre de choc. Alors que la plupart des entreprises du secteur ont Ă©tĂ© impactĂ©es et ont rĂ©duit leurs effectifs, nous avons continuĂ© Ă  investir”, insiste-t-il.

Le double effet Kiss Cool de la “crypto nation”

En plus des conditions de marché, certains acteurs pointent les conséquences indirectes de la régulation crypto avant-gardiste de la France pour expliquer leurs maux.

Son cadre rĂ©glementaire (l’un des premiers dans le monde) a engendrĂ© la crĂ©ation de trĂšs nombreuses entreprises, plus que n’importe oĂč ailleurs en Europe, ce qui a crĂ©Ă© un embouteillage local. Sans compter que les gros acteurs internationaux, comme Binance ou Cryptocom, ont Ă©galement choisi la France pour s’implanter sur le continent.

RĂ©sultat, la concurrence y est particuliĂšrement intense. Trois solutions s’offrent alors aux start-up en difficultĂ© : trouver des nouveaux financements (sauf que le capital-risque est Ă  l’arrĂȘt), pivoter en changeant de modĂšle ou
 envisager un rachat.

Une banque et Kraken trÚs intéressés par un PSAN

“Aujourd’hui il y a beaucoup d’applications et de plateformes qui dĂ©veloppent leur tech et espĂšrent bien se revendre grĂące Ă  leurs licences et Ă  leur PSAN”, indique Édouard Daunizeau, CEO de SavingBlocks, un robot advisor crypto basĂ© Ă  Londres. “L’une des fortes probabilitĂ©s, c’est que des acteurs de taille moyenne rachĂštent des entreprises plus petites Ă  l’agonie”, ajoute un avocat.

Selon nos informations, un acteur bancaire traditionnel Ă©pluche actuellement les dossiers d’au moins 5 entreprises enregistrĂ©es PSAN auprĂšs de l’AutoritĂ© des marchĂ©s financiers (AMF). On en reparlera trĂšs bientĂŽt dans The Big Whale 👀.

Signe qu’il pourrait se passer des choses sur le marchĂ©, toujours selon nos informations, la plateforme d’échange amĂ©ricaine Kraken, qui est l’un des leaders mondiaux du secteur, a sondĂ© des acteurs tricolores dans le but d’un rachat. “Ils souhaitent se positionner sur le marchĂ© français”, affirme un patron qui a refusĂ© une offre du gĂ©ant.

Actuellement, Kraken est accessible pour les EuropĂ©ens, mais l’entreprise a l’interdiction formelle de les dĂ©marcher commercialement (avec de la publicitĂ© par exemple). Surtout, la plateforme ne pourra plus viser le marchĂ© europĂ©en sans PSAN Ă  partir de 2025, date de l’entrĂ©e en vigueur de MiCA, le rĂšglement europĂ©en qui va encadrer le secteur des cryptos.

“L’obtention du PSAN a Ă©tĂ© durcie ces derniers mois, du coup c’est beaucoup plus simple d’acquĂ©rir un petit acteur qui en est dĂ©jĂ  titulaire”, indique le patron d’une start-up qui confirme l’intĂ©rĂȘt de Kraken 👀.

Attention toutefois : racheter un PSAN ne permettrait pas Ă  Kraken d’en bĂ©nĂ©ficier automatiquement. L’entreprise devrait passer devant l’AMF afin de faire valider la nouvelle structure. Elle suivrait ainsi l’exemple de l’amĂ©ricain Voyager qui avait absorbĂ© LGO en octobre 2020.

“Un rachat n’interrompt pas l’activitĂ©, c’est donc trĂšs intĂ©ressant pour l’acquĂ©reur”, rappelle William O’Rorke, avocat associĂ© au cabinet ORWL, spĂ©cialisĂ© dans les technologies de rupture. “Que l'AMF mette 2 semaines ou 4 mois pour traiter la demande, ce n’est pas un problĂšme s’il y a une continuitĂ© de l’activitĂ©â€, insiste-t-il.

DĂšs lors, c’est un jeu de poker menteur qui s’engage pour fixer le prix đŸ’¶. L’une des cibles de Kraken indique avoir reçu une offre d’environ 50 euros par client ayant fourni ses informations personnelles (KYC). Cela peut sembler peu, mais les entreprises qui souhaitent se vendre ne sont pas en position de force.

Si une sociĂ©tĂ© souhaite se vendre Ă  un acteur Ă  la recherche d’un enregistrement PSAN, il faudra de toute façon faire vite. Chaque mois qui passe fait baisser la valeur de cet actif rĂ©glementaire car celui-ci devra ĂȘtre remplacĂ© mi-2026 au plus tard par un agrĂ©ment PSAN (beaucoup plus difficile et coĂ»teux Ă  obtenir).

“C’est prĂ©cisĂ©ment pour cette raison que je ne pense pas que l’enregistrement PSAN soit un actif si valorisable que cela pour une start-up qui souhaiterait se vendre”, juge Nicolas Louvet de Coinhouse.

Dans tous les cas, pour une grande majorité de PSAN, le temps est compté.

* RĂ©da Berrehili est actionnaire minoritaire Ă  titre individuel de The Big Whale

THE BIG FOCUS

Bermudes, Îles Vierges britanniques
 Pourquoi les entreprises crypto continuent d’y aller

Bermuda

Par Raphaël Bloch (à Paris)

En dĂ©pit de leur “mauvaise” image, certaines juridictions suscitent toujours autant d’intĂ©rĂȘt. La fiscalitĂ©, et surtout la flexibilitĂ© rĂ©glementaire, y sont pour beaucoup.

La suite est disponible sur le site de The Big Whale 🐳.

Cette Ă©dition a Ă©tĂ© prĂ©parĂ©e avec ❀ par RaphaĂ«l Bloch et GrĂ©gory Raymond. The Big Whale est un mĂ©dia libre et indĂ©pendant. En nous soutenant, vous participez Ă  son dĂ©veloppement.
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