Aptos : pourquoi une telle hype ?
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Lancé fin 2022 par des anciens ingénieurs du projet Diem (ex-Libra), le protocole Aptos connaît un gros succès. Nous avons rencontré son équipe à Paris pour tenter de comprendre.

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C’est l’une des sensations de ce début d’année 2023 sur le marché crypto. La cryptomonnaie du projet Aptos, le APT, a gagné 400% en un mois et vient de dépasser les 2,5 milliards de capitalisation.

Le projet n’est pas trop connu en Europe, mais aux États-Unis, il fait beaucoup parler de lui, essentiellement pour deux raisons :

  • La première, c’est qu’il est soutenu par presque tous les gros investisseurs du secteur. Andreessen Horowitz, Circle, Binance, Coinbase, PayPal, Jump Crypto, Multicoin, et même FTX - avant son explosion - ont investi dans le projet. Au total, tous ces acteurs ont injecté 350 millions de dollars.
  • La seconde, c’est qu’il a été créé par d’ancien ingénieurs du projet Diem, le projet de monnaie numérique de Meta (ex-Facebook) abandonné en 2022.

Le but d’Aptos n’est pas de reprendre totalement le projet Diem, mais de s’appuyer sur son héritage, et sur ce que les développeurs ont appris sur le langage de programmation “Move”.

“À la fin de l’aventure de Diem, on s’est dit qu’il ne fallait pas s’arrêter là”, explique Mohammad Shaikh, cofondateur d’Aptos, de passage à Paris. “Une grande partie de l’équipe nous a suivi pour ce nouveau projet”.


Un protocole conçu pour le gaming et les nouveaux réseaux sociaux

Aptos est une blockchain de type layer 1, autrement dit un projet d’infrastructure comme Ethereum ou plus récemment Solana ou Avalanche. “Aptos est une blockchain très véloce qui a l’ambition de se focaliser sur le gaming et les nouvelles plateformes de réseaux sociaux”, insiste Mohammad Shaikh.

Pour y arriver, le protocole mise notamment sur des partenariats comme celui qu’il a noué avec Npixel, un studio de jeux vidéo sud-coréen qui a annoncé début janvier l'adaptation Web3 de Gran Saga, un jeu à succès disponible sur iOS et Android.

La sortie mondiale est prévue, pour l’instant, au deuxième trimestre 2023. “Ils sont forts dans la communication, mais il y a beaucoup d’annonces dans concernant le gaming. On va attendre de voir ce qu’ils délivrent vraiment”, souffle un concurrent.

Faut-il s’attendre à d’autres projets de ce type sur Aptos ? “Notre objectif est de nous faire connaître, de présenter notre vision, et d’autres projets, notamment venus de géants du Web2, suivront”, souligne Bashar Lazaar, en charge de l’écosystème et des partenariats.

Un lancement réussi selon les opérateurs de noeuds

Si le protocole manque assurément d’applications et d’utilisateurs (c’est normal, son réseau s’est lancé mi-octobre), il a déjà séduit les spécialistes du staking.

“Le lancement d’Aptos a été un vrai succès”, indique Ernest Oppetit, Chief Product Officer chez Kiln. “Grâce à leur langage Move qui inclut la vérification formelle des smart contracts et une architecture de scalabilité moins complexe que sur Ethereum, ils ont un potentiel assez intéressant”, insiste-t-il.

Le projet peut aussi s’appuyer sur des incitations très intéressantes pour devenir validateur et espérer toucher jusqu’à 7% de rendement par an. Sans même compter le potentiel de hausse de la crypto APT.

Signe qu’Aptos s’adresse surtout aux grandes entreprises, le seuil de cryptomonnaies nécessaire pour assurer la gestion d’un nœud de validation a été fixé à 1 million de APT, soit environ 17 millions de dollars au cours actuel.

“Cela peut présenter une barrière pour le grand public, mais nous voulions commencer avec un écosystème très robuste”, conclut Bashar Lazaar. Selon nos informations, cette limite pourrait être rapidement abaissée.

Qu’est-ce qui pourrait empêcher Aptos de continuer à se développer ? Au-delà des débats techniques, ce sont peut-être les polémiques et les mauvais choix commerciaux.

Lors de son lancement, près de la moitié des tokens APT ont été réservés à la fondation et aux investisseurs privés. Ces derniers pourront commencer à vendre leurs actifs à partir d’octobre 2023… “C’est un mauvais signal pour un protocole qui se lance, souffle un expert, on a beaucoup critiqué Solana pour sa dépendance aux fonds de capital-risque, mais avec Aptos on a sans doute franchit un nouveau pallier”.

People in the article
Grégory Raymond

Grégory Raymond est directeur de la recherche et co-fondateur de The Big Whale. Spécialiste de l'intersection entre finance traditionnelle et actifs numériques, il couvre depuis 2017 les enjeux réglementaires, institutionnels et technologiques du secteur pour une audience de décideurs (banques, asset managers, fintechs). Il est également l'auteur de "Bitcoin & Cryptos : L'enjeu du siècle" (Talent Éditions, 2025), un ouvrage structuré autour d'entretiens avec des figures clés de l'écosystème.

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Raphaël Bloch

Raphaël Bloch est CEO et cofondateur de The Big Whale, une plateforme indépendante d’intelligence de marché sur les actifs numériques, destinée aux acteurs des marchés financiers à travers une couverture éditoriale, de la recherche, un briefing hebdomadaire et des événements en présentiel. Il a cofondé The Big Whale en avril 2022. Au sein de la plateforme, il modère et anime des événements institutionnels réunissant banques, asset managers, custodians et fournisseurs d’infrastructure sur des sujets tels que le staking, l’on-chain yield, les stablecoins, le DeFi lending et la tokenisation. Il a modéré des panels lors d’événements organisés en partenariat avec Bitwise, Everstake, Gemini, Morpho, Hexarq, Coinhouse, Delubac, Franklin Templeton et l’Ethereum Foundation, à Londres et à Paris entre fin 2025 et mi-2026.

Avant de fonder The Big Whale, Bloch a travaillé comme journaliste aux Echos de décembre 2016 à mars 2020, puis à L’Express de mars 2020 à mars 2022. Il a également travaillé auparavant chez Reuters. Depuis septembre 2022, il exerce en parallèle le rôle de Business Analyst chez BFM Business. Il couvre le secteur crypto comme journaliste depuis 2016. Il est diplômé d’emlyon et du CFJ.

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