ERC 4337 : ce que ce nouveau standard va (vraiment) changer
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Cette nouvelle norme d’Ethereum va permettre de gérer plus facilement les portefeuilles numériques. Mais comme le soulignent plusieurs experts, la “révolution” est encore loin.

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C’est l’une des informations de ces derniers jours. Après des mois d’ajustements, les équipes d’Ethereum ont réussi à faire adopter un nouveau standard sur la blockchain. Son nom : ERC 4337.

Dès l’annonce, les commentaires et articles dithyrambiques ont fleuri de tous les côtés. Pour les uns, c’est un “changement massif”, pour les autres un “tournant”, certains ont même parlé d’une “révolution” ! Mais est-ce vraiment le cas ? Nous en avons parlé avec plusieurs experts.

Mais d’abord, de quoi parle-t-on ?


Ethereum est l’un des principaux protocoles de l’écosystème Web3. Chaque jour, des milliers de développeurs travaillent sur son amélioration pour le rendre plus rapide, plus accessible, plus innovant, plus sécurisé, moins coûteux…

Ces améliorations passent, entre autres, par le développement de nouveaux standards. L’un des plus connus est le standard ERC 721. Présenté en 2017, il a permis d’ouvrir la voie, sur Ethereum, aux jetons non fongibles, les fameux NFTs (non fongibles tokens).

Faciliter la gestion des wallets

La norme ERC 4337, quant à elle, concerne un sujet totalement différent. Son objectif, comme l’a expliqué l’équipe de développeurs qui l’a présenté début mars, est de “faciliter la création et la gestion” d’un portefeuille numérique. Comment ? C’est justement toute la question.

Contrairement à ce qui a beaucoup été dit et écrit, l’ERC 4337 ne va pas permettre de se passer de sa seed phrase (12 ou 24 mots pour récupérer son compte en cas de perte de sa clé privée) ou de programmer des opérations de son wallet. Et pour cause, “cela fait déjà des années que c’est possible de le faire avec les smart wallets”, souligne Nicolas Bacca, cofondateur et responsable de l’innovation chez Ledger, qui cite des solutions existantes comme Argent.

En revanche, ces smart wallets ont un gros inconvénient puisqu’ils ont des technologies “propriétaires”. Autrement dit, quand vous utilisez un wallet, il n’est pas compatible avec les autres.

“L’avantage de l’ERC 4337 c’est qu’il va standardiser tout cela et permettre aux smart wallet d’être interopérables”, souligne Nicolas Bacca. "Aujourd'hui ce n'est qu'une promesse, il faudra voir si cela marche à l'usage", ajoute-il.

N’y a-t-il pour autant rien de nouveau avec l'ERC 4337 ?

Si, il y a quand même quelques petits ajouts au-delà de la standardisation des smart wallets. L’ERC 4337 permet ainsi de mettre en place des solutions d'authentification à double facteur (2FA) très utilisées dans l'univers du Web2 (reconnaissance faciale), par les banques notamment. Il va également permettre de “sponsoriser” des transactions dans un wallet, c’est-à-dire qu’il est possible de prendre en charge les frais de transaction pour un tiers, notamment pour un utilisateur.

“L’un des gros problèmes actuellement, c’est que si vous n’avez pas de crypto dans votre wallet, vous ne pouvez rien faire. Quand vous avez l’habitude d’utiliser un wallet, ça ne pose pas de problème, mais pour les nouveaux utilisateurs, c’est un vrai casse-tête : il faut aller soi-même acheter des cryptos rien que pour payer les frais de sa première opération, explique Frédéric Montagnon*, cofondateur d’Arianee, une entreprise qui accompagne les marques dans leurs projets NFTs.

Un atout pour les entreprises

L'arrivée de l'ERC 4337 va permettre de démocratiser l'usage des wallets, confirme Jérôme de Tychey, président d'Ethereum France et fondateur de Cometh, une société de gaming crypto qui aide les entreprises dans l'univers des NFTs. "Ce standard va clairement aider les entreprises à lancer des projets cryptos parce qu'elles pourront plus facilement accompagner leurs clients dans la prise en main des wallets. C'est aujourd'hui un gros frein pour elles", explique-t-il.

Signe que l'ERC 4337 pourrait changer les choses, les écosystèmes concurrents ont bien compris qu'il faudrait rapidement offrir une solution comparable. "Cette standardisation et l'interopérabilité qu'elle offre va rendre Ethereum encore plus attractif", reconnaît Clément Téqui, CEO de Capsule Corp Labs et cofondateur de la blockchain Ternoa, qui s'appuie sur l'écosystème de Polkadot.

* Frédéric Montagnon est actionnaire à titre individuel de The Big Whale.

Format
Analyses
Grégory Raymond

Grégory Raymond est directeur de la recherche et co-fondateur de The Big Whale. Spécialiste de l'intersection entre finance traditionnelle et actifs numériques, il couvre depuis 2017 les enjeux réglementaires, institutionnels et technologiques du secteur pour une audience de décideurs (banques, asset managers, fintechs). Il est également l'auteur de "Bitcoin & Cryptos : L'enjeu du siècle" (Talent Éditions, 2025), un ouvrage structuré autour d'entretiens avec des figures clés de l'écosystème.

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Raphaël Bloch

Raphaël Bloch est CEO et cofondateur de The Big Whale, une plateforme indépendante d’intelligence de marché sur les actifs numériques, destinée aux acteurs des marchés financiers à travers une couverture éditoriale, de la recherche, un briefing hebdomadaire et des événements en présentiel. Il a cofondé The Big Whale en avril 2022. Au sein de la plateforme, il modère et anime des événements institutionnels réunissant banques, asset managers, custodians et fournisseurs d’infrastructure sur des sujets tels que le staking, l’on-chain yield, les stablecoins, le DeFi lending et la tokenisation. Il a modéré des panels lors d’événements organisés en partenariat avec Bitwise, Everstake, Gemini, Morpho, Hexarq, Coinhouse, Delubac, Franklin Templeton et l’Ethereum Foundation, à Londres et à Paris entre fin 2025 et mi-2026.

Avant de fonder The Big Whale, Bloch a travaillé comme journaliste aux Echos de décembre 2016 à mars 2020, puis à L’Express de mars 2020 à mars 2022. Il a également travaillé auparavant chez Reuters. Depuis septembre 2022, il exerce en parallèle le rôle de Business Analyst chez BFM Business. Il couvre le secteur crypto comme journaliste depuis 2016. Il est diplômé d’emlyon et du CFJ.

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