Ces ex-cadres de Ledger qui lancent des start-ups
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Après avoir longtemps été l'épicentre de l'écosystème crypto français, Ledger compte aujourd'hui de nombreux anciens salariés à la tête d'entreprises innovantes. Tour d'horizon des projets de la “mafia Ledger”.

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Peu d'entreprises évoluant dans la crypto ont vu passer un si grand nombre de talents au cours de leur (jeune) histoire. "À n'en point douter, on peut parler de mafia Ledger”, ironise un ancien salarié de la start-up française, comme pour souligner qu'ils sont nombreux à y avoir travaillé un jour ou l'autre.

“C'est simple, il y a encore quelques années, les meilleures options pour ceux qui voulaient travailler dans la crypto en France se résumaient à frapper à la porte de Ledger ou ConsenSys, l'un des principaux studios de développement de l'écosystème Ethereum”, souffle un historique du secteur.

Pourquoi Ledger ? Probablement car l'entreprise spécialisée dans la sécurisation des actifs numériques a longtemps été l'un des rares fleurons d'une industrie en recherche de repères.

"Ledger a été structurant dès le départ pour l'écosystème français”, se souvient Ivan de Lastours, head of Crypto & Blockchain chez Bpifrance. “C'était une sorte de passage obligé, au moins pour faire ses classes”, explique-t-il.

L'entreprise avait quelque chose de magnétique, un peu à la manière d'Apple pour les passionnés d'informatique. Elle était l'une des rares à véhiculer une image positive du secteur. "Ledger a toujours su fédérer parce qu'elle a été lancée autour de l'idée de la self-custody, une valeur cardinale dans l'écosystème et qui trouve également de l'écho auprès du grand public”, signale Fabrice Dautriat, en charge de la plateforme depuis 2018, dont le départ a été annoncé le mois dernier.

Si l'entreprise traverse une période un peu compliquée avec la suppression de 300 postes en 2023 et les retards successifs de son dernier hardware wallet Stax (plus d'un an de retard par rapport à l'annonce initiale), elle peut néanmoins se féliciter d'avoir stimulé la créativité dans ses équipes.

En effet, de nombreux ex-Ledger ont depuis lancé leurs projets et en voici quelques-uns qui ont retenu notre attention.

👉 Nicolas Bacca

Dernier gardien du temple, Nicolas Bacca est le dernier cofondateur de Ledger à y avoir exercé une fonction opérationnelle. Il a quitté l'entreprise en septembre 2023.

Il travaille depuis plusieurs mois sur un wallet crypto d'un nouveau genre qui permettra aux utilisateurs de garder le contrôle de leurs fonds, sans avoir à conserver la précieuse clé privée. Une petite équipe a déjà été constituée, mais le nom de l'entreprise n'a pas encore été communiqué.

"Nous viserons d'abord les marques qui veulent proposer des NFTs à leurs clients”, indique Nicolas Bacca. “Le wallet sera complètement intégré au site web de manière à ne pas changer l'expérience des utilisateurs. Le but est qu'ils ne s'aperçoivent même pas qu'il y a de la blockchain derrière", abonde-t-il.

👉 Jean-Michel Pailhon (Grail Capital)*

Proche du cofondateur Éric Larchevêque et ancien bras droit de l'actuel PDG Pascal Gauthier, Jean-Michel Pailhon, collectionneur de NFT de la première heure, a grandement contribué au virage stratégique opéré par Ledger, qui a davantage intégré les NFTs dans ses services.

“Ledger a été une aventure assez incroyable pour moi. En termes de croissance, il est difficile de trouver des équivalents en France, voire même en Europe. Comme de nombreux historiques, j’ai estimé qu’il était temps pour moi de tenter une aventure personnelle”, explique-t-il.

Il pilote désormais Grail Capital, un fonds d'investissement spécialisé dans l'art numérique, qui tente d’être pionnier sur ce marché naissant.

👉 Fabrice Dautriat (Adamik)

Après un peu plus de cinq ans passés chez Ledger, l'ancien responsable de la plateforme a récemment lancé Adamik, une solution pour aider les entreprises de crypto à intégrer le support de nouvelles blockchains.

"Le but avec Adamik est de fournir une solution permettant à n'importe quelle entreprise de développer des solutions sur blockchain comme des produits de staking multichain ou d'intégrer facilement des cryptos exotiques à leur plateforme", explique Fabrice Dautriat. "Les intégrations de ce type sont un frein encore important à l'adoption par les entreprises", ajoute-t-il.

👉 Jérôme de Tychey (Cometh)

En charge de la satisfaction client entre 2020 et 2021, il est désormais à la tête de Cometh, l'une des start-up les plus en vue dans le secteur du gaming sur blockchain.

Au-delà de lancer des jeux blockchain via Cometh Game Studio, Cometh s’applique également à développer du logiciel pour les applications blockchain qui s'adressent à un public plus traditionnel.

”C’est dans ce contexte que l’on a commencé à développer des solutions pour nos partenaires comme la Française des Jeux (FDJ) en s'appuyant notamment sur de l’abstraction de compte, de l’indexation et des places de marché”, expliquait-il dans une interview à The Big Whale.

Jean-Michel Pailhon est actionnaire minoritaire à titre individuel de The Big Whale*

Format
Analyses
Louis Tellier

Louis Tellier est Lead Institutional Research chez Blockstories, où il se concentre sur le développement de l’offre institutionnelle dédiée aux actifs numériques. Il a rejoint Blockstories en avril 2025. Fondée en 2022, Blockstories est basée à Berlin et dispose d’une présence en France et en Suisse.

Avant de rejoindre Blockstories, Louis Tellier a travaillé comme journaliste crypto chez The Big Whale d’août 2023 à janvier 2025, couvrant les sujets liés aux crypto-actifs et à la blockchain. Auparavant, il a été journaliste à L’AGEFI de mai 2022 à juillet 2023, avec une spécialisation sur les cryptomonnaies. Plus tôt dans sa carrière, il a travaillé comme journaliste web et vidéo chez BFM Business, puis comme journaliste vidéo au Figaro. Il a également enseigné le journalisme à l’IICP à Paris pendant trois ans et demi, avec un focus sur le journalisme vidéo web. Louis Tellier est diplômé de Sciences Po Grenoble et de l’Université de Lille.

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