C'est un pas de côté calculé. Bitstack, connue pour être la première application d'épargne Bitcoin en France (agréée MiCA depuis juin 2025), lance ce 23 juin Bitstack Boost, un produit de rendement sur les euros à 2,51 % net de frais.
Le service s'appuie sur le fonds Spiko Amundi Overnight Swap Fund (SAFO). CACEIS (groupe Crédit Agricole) assure la conservation des fonds. Le rendement vient du taux auquel les banques européennes se prêtent de l'argent chaque nuit (l'€STR), auquel BNP Paribas ajoute une petite prime dans le cadre d'un contrat de swap avec le fonds Amundi.
Pour une application dont l'ADN est le Bitcoin, proposer un rendement en euros peut sembler contre-intuitif. Mais Alexandre Roubaud, cofondateur et CEO de Bitstack, assume pleinement la cohérence de la démarche. "On a ouvert un compte en euros à nos clients, notamment pour la carte Bitstack. Il était naturel de ne pas laisser cet argent dormir", explique-t-il. "Si vous déposez des euros pour ensuite épargner en Bitcoin, très bien. Mais si vous les laissez parce que vous avez vendu du Bitcoin ou pour utiliser la carte, au mieux, on fait fructifier votre argent."
Pourquoi Spiko et pas une exposition dollar ?
La question du choix du véhicule est intéressante. Bitstack a écarté les produits en dollars (type bons du Trésor américain tokenisés) au profit d'un produit purement euro. "Il y a une exposition au taux FX en dollars. Les gens n'ont pas de dollar, il faut leur expliquer qu'ils vont convertir, que leurs dollars vont être investis... C'est moins cohérent dans cette démarche de s'inscrire dans leur quotidien", justifie Alexandre Roubaud.
Le choix de Spiko n'est pas anodin. L'entreprise d'investissement agréée par l'ACPR, cofondée par Paul-Adrien Hyppolite, gère désormais plus de 1,5 milliard d'euros d'actifs via son infrastructure. Son API permet à des plateformes tierces comme Bitstack d'intégrer des produits de placement de qualité institutionnelle.
Le rendement, et après ?
Bitstack Boost n'est qu'une étape. Roubaud esquisse une feuille de route plus large, dans laquelle les stablecoins et les actifs tokenisés devraient occuper une place croissante. "On peut envisager pour une partie de nos clients d'aller chercher du rendement sur leurs bitcoins ou de convertir sur du stablecoin et aller chercher du rendement", avance-t-il, tout en soulignant les risques inhérents, notamment sur les protocoles de finance décentralisée. "Ça ne veut pas dire qu'on ne les proposera pas, mais il faut gérer ce risque. Notre rôle va être de proposer plusieurs produits qui adressent différents profils de risque."
Côté calendrier, l'entreprise prévoit l'ouverture de sa carte (arrondis instantanés, 1 % de cashback en Bitcoin) à l'ensemble de ses clients dès le 1er juillet. L'expansion internationale, lancée début 2026, a déjà franchi la barre des 10 000 clients hors France, même si Alexandre Roubaud reconnaît que le passage de champion national à acteur européen implique des "nuances locales" et des "challenges" sur le message marketing.








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