TBW #31 : Encore un nouveau fonds Web3 đŸ‡ȘđŸ‡ș
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Published on
October 27, 2022

TBW #31 : Encore un nouveau fonds Web3 đŸ‡ȘđŸ‡ș

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đŸ–Šïž L'Ă©dito de la rĂ©daction

đŸ”„ Nos infos exclusives

âšĄïž L'interview de SBF

đŸ€– Apple et les NFT

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THE BIG SPLASH

LONDON CALLING 🇬🇧

Le nouveau Premier ministre britannique n’a pas perdu de temps. À peine nommĂ©, Rishi Sunak a enflammĂ© le secteur de la crypto avec le vote au Parlement d’un texte alignant la rĂ©glementation des crypto-actifs sur celle des instruments financiers “classiques”. Et d'autres mesures pourraient suivre 🚀.

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Le conservateur de 42 ans est connu pour ses positions favorables au secteur. Au printemps, il avait affichĂ© son ambition de faire de Londres un “hub” mondial de la crypto. L’ex-ministre des Finances de Boris Johnson avait dĂ©clarĂ© que les stablecoins pouvaient devenir un moyen de paiement “efficace” et qu’il fallait amĂ©liorer "la compĂ©titivitĂ© du systĂšme fiscal britannique” pour encourager le dĂ©veloppement des cryptos.

Le Royaume-Uni est encore loin d’avoir un cadre aussi “clair” que celui de l’UE qui vient d’adopter MiCA - qui est loin de faire l'unanimitĂ©. Mais nos voisins restent trĂšs agiles, et la City demeure trĂšs attractive en dĂ©pit du Brexit. Si le gouvernement britannique dĂ©cidait de s’engager davantage sur les cryptos, Londres pourrait redevenir un acteur de poids.

De ce point de vue, la situation de la plateforme amĂ©ricaine FTX, qui veut s’implanter en Europe, est trĂšs intĂ©ressante. OĂč Sam Bankman-Fried va-t-il installĂ© son siĂšge europĂ©en ? À Paris, comme Binance ou Crypto.com, Ă  Berlin ou Ă  Londres ? Rishi Sunak va en tout cas permettre Ă  SBF, que nous avons eu en interview (disponible plus bas 👇), de faire monter les enchĂšres.

­­­­­­THE BIG NEWS

NOS INFORMATIONS EXCLUSIVES

👉 Encore un nouveau fonds Web3 en Europe ?

On en parlait la semaine derniĂšre dans l’édition Premium : le nombre de fonds Web3 europĂ©ens ne cesse de progresser. Presque chaque mois, il y en a un nouveau. Et ce pourrait ĂȘtre encore le cas en novembre ou dĂ©cembre. Selon nos informations, le gĂ©ant français Eurazeo est en train de finaliser la crĂ©ation d’un fonds Web3 d'un montant supĂ©rieur Ă  100 millions d’euros. Il pourrait ĂȘtre lancĂ© avant la fin de l’annĂ©e. “Ils sont dans la derniĂšre ligne droite”, confirme une bonne source. L’arrivĂ©e d’un tel acteur dans le secteur serait un nouveau signe de l’attrait du Web3 au sein des acteurs traditionnels. Eurazeo est en effet l’une des plus grosses sociĂ©tĂ©s d’investissement en Europe. Elle gĂšre un peu plus de 30 milliards d’euros d’actifs (rĂ©partis sur de nombreux secteurs) et vise 60 milliards d’euros d’ici cinq Ă  sept ans. De quoi faire de beaux investissements dans l’écosystĂšme 💰.

THE BIG INTERVIEW

Sam Bankman-Fried : “Nous travaillons sur notre stablecoin”

L'interview de Sam Bankman-Fried (FTX) avec The Big Whale

­Dans une longue interview avec The Big Whale, le jeune patron de la plateforme amĂ©ricaine FTX revient sur le contexte Ă©conomique, sa stratĂ©gie d’acquisitions, ses projets, ainsi que les critiques qui le visent.

The Big Whale : Les marchĂ©s ne sont pas au mieux. Comment va FTX ? C’est la premiĂšre fois que vous vivez un “Bear Market” (marchĂ© baissier)


Sam Bankman-Fried : Oui, c’est le premier vrai Bear Market que nous traversons. Mais vous savez, l’une des principales caractĂ©ristiques des plateformes cryptos, c'est que notre fonctionnement n’est pas plus impactĂ© que cela par la baisse des marchĂ©s. Chaque jour, nous continuons de dĂ©velopper l’entreprise, de crĂ©er des services et de nouveaux outils pour les clients. Donc, oui, les marchĂ©s sont moins dynamiques, les choses sont un peu plus tendues, mais au final, cela ne nous fait pas dĂ©vier de notre trajectoire.

Il n’y a donc aucun problĂšme ? Vous ĂȘtes optimistes sur les prochains mois ?

HonnĂȘtement, je n’en sais rien. Je ne peux pas dire ce qu’il va se passer prĂ©cisĂ©ment d’un point de vue macroĂ©conomique dans les mois qui viennent. Tout dĂ©pend des taux d’intĂ©rĂȘt (ceux des banques centrales, ndlr*). S'il y a une vraie hausse des taux d’intĂ©rĂȘt, il pourrait se passer beaucoup de choses. Il pourrait y avoir de nouveaux mouvements brusques sur les marchĂ©s. Mais globalement, je suis assez optimiste sur l’avenir des cryptos parce que le secteur ne cesse de se dĂ©velopper. Il y a de plus en plus de cas d’usages, la technologie s’amĂ©liore (tout comprendre au Web3) et la rĂ©gulation se met en place progressivement.

Depuis l’effondrement de Terra Luna et la baisse sur les marchĂ©s, on vous voit un peu partout. Beaucoup expliquent que vous ĂȘtes le “grand gagnant” de la crise. Est-ce que vous partagez ce point de vue ?

Je peux comprendre que certains disent cela, mais il faut raisonner Ă  l’échelle de l’industrie. Quand les choses vont bien pour nous, c’est toute l’industrie qui en profite, et vice-versa. HonnĂȘtement, on ne peut pas dire qu’il y a des gagnants et des perdants. La vraie question est de savoir comment on s’en sortira tous ensemble.

Vous dites cela alors qu’en deux ans, le nombre de vos clients s'est envolĂ© (il est dĂ©sormais de plusieurs millions, ndlr) et la valorisation de FTX a atteint des sommets


Oui, vu sous cet angle, c’est vrai


Vous vous ĂȘtes engagĂ© dans plusieurs grosses acquisitions. Pourquoi ? Qu’est-ce que Voyager ou BlockFi reprĂ©sentent pour vous ?

Une partie de ces opĂ©rations a permis de stabiliser les marchĂ©s (aprĂšs la chute de Terra Luna en mai, plusieurs entreprises ont fait faillite, ndlr). Mais en dehors de cela, ces acquisitions vont nous permettre de nous renforcer aux États-Unis et de continuer de gagner des parts de marchĂ©.

Pensez-vous racheter Robinhood ? Ce serait une bonne opération pour vous ?

C’est une excellente question ! Il y a deux maniĂšres pour une entreprise de se dĂ©velopper : soit elle achĂšte des entreprises soit elle continue de croĂźtre en interne. Le plus important est de continuer Ă  croĂźtre, d'attirer des utilisateurs, quelle que soit la maniĂšre de le faire. Nous pourrions acheter une entreprise comme Robinhood, mais ce n’est pas ce que nous regardons dans l’immĂ©diat. Notre dĂ©fi est de continuer de grandir avec de la croissance organique (grĂące au savoir-faire interne, ndlr).

OĂč en ĂȘtes-vous aujourd’hui ?

Nous avons d’excellents chiffres. Nous faisons 6 fois plus de volumes que Coinbase alors que nous avons 20 fois moins d’utilisateurs (Coinbase revendique 80 millions d'utilisateurs, ndlr). Quand vous regardez ces chiffres, vous voyez bien qu’il y a un fort potentiel.

Est-ce que vous avez d’autres cibles en tĂȘte ?

Oui plusieurs entreprises nous intéressent, notamment une ou deux, mais je ne peux pas vous dire lesquelles.

Est-ce qu’il y a des entreprises en Europe ?

Oui bien sĂ»r ! Surtout en Europe. Nous avons dĂ©jĂ  fait plusieurs investissements en Europe l’annĂ©e derniĂšre, qui nous ont surtout permis d’obtenir des agrĂ©ments dans plusieurs pays. Nous sommes Ă©videmment trĂšs attentifs Ă  ce qu’il se passe en Europe, et nous regardons les entreprises qui pourraient nous intĂ©resser. Si vous avez des idĂ©es, n’hĂ©sitez pas (rires).

Les exchanges europĂ©ens pourraient-ils ĂȘtre des cibles ?

Si leur adoption est substantielle, il est trĂšs certain que nous les suivront avec attention.

Comment voyez-vous l’Europe ?

Pour nous, l’Europe est un espace important. HonnĂȘtement, je voyais l’Europe un peu en retard, mais on sent qu’il y a la volontĂ© de se dĂ©velopper et de revenir dans la course. C’est assez manifeste notamment sur la rĂ©gulation avec MiCA (Markets in Crypto-Assets) qui va dans le bon sens. Les choses avancent un peu partout en Europe, en France bien sĂ»r, aux Pays-Bas, en Allemagne et dans d’autres pays, et je pense que les choses vont continuer de s’amĂ©liorer.‍

Pensez-vous installer votre siÚge européen en France ? Binance et Crypto.com viennent de le faire


Ce sont des choses dont il faut que nous discutions encore. Il faut que nous soyons convaincus que c’est la bonne solution. Mais oui cela fait partie des meilleures options.

Qu’est-ce qui vous plaĂźt le plus en France ? La rĂ©gulation, l’écosystĂšme ?

Les deux sans aucun doute. Il y a un vrai Ă©cosystĂšme en France avec des start-up et plusieurs grands groupes. Paris est aussi un hub mondial pour la finance et un lieu de brassage, de passage, ce sont des Ă©lĂ©ments importants pour dĂ©cider oĂč installer notre siĂšge europĂ©en. Nous cherchons un lieu central pour nous installer, non seulement pour son emplacement mais aussi par le rĂŽle qu’il joue. Il difficile de trouver plus central que la France et Paris


Que pensez-vous du discours trùs “pro-Web3” du gouvernement français ?

C’est trĂšs important de se sentir dĂ©sirĂ©, d’avoir des gouvernements qui veulent travailler avec vous.

Vous savez qu’Emmanuel Macron essaye de pousser le Web3 en Europe. Pensez-vous que l’Europe pourrait prendre le leadership au niveau mondial ?

L’Europe a plein d’atouts, le jeu est trĂšs ouvert. Elle a toutes ses chances pour devenir leader devant l’AmĂ©rique et l’Asie.

On voit bien dans le contexte actuel qu’il y a une bataille entre les exchanges pour devenir le plus gros acteur. Comment vous positionnez-vous ?

Il y aura toujours une bataille entre les exchanges pour monter sur le trĂŽne, pour ĂȘtre celui qui domine les autres et c’est normal, c’est la base de l’économie, c’est plutĂŽt sain. Nous devons ĂȘtre en compĂ©tition pour donner le meilleur. De mon point de vue, la meilleure maniĂšre de devenir leader, c’est de continuer Ă  travailler, de se focaliser sur le produit, de faire avancer la rĂ©gulation, l’adoption des cryptos.

Vous dites tous la mĂȘme chose


Tous les acteurs du secteur n’innovent pas comme nous le faisons. Il y a une diffĂ©rence entre ceux qui innovent et ceux qui copient. Le plus important c’est d’offrir les meilleurs produits aux clients.

Quel est le meilleur service que vous avez lancé depuis le début de FTX en 2019 ?

Difficile de choisir
 Nous avons des produits simples comme les actions américaines et aussi des produits plus complexes comme les ordres échelonnés ou le trading bots.

Toutes les plateformes d’échanges ont leur stablecoin, sauf peut-ĂȘtre FTX. Pourriez-vous en lancer un ?

Oui, c’est trĂšs probable. Nous savons comment crĂ©er un stablecoin. Nous rĂ©flĂ©chissons juste au meilleur partenaire pour le faire.

À quoi pourrait ressembler ce stablecoin ?

Ce que je peux vous dire, c’est que vous entendrez rapidement parler de nous (rires).

Les plateformes comme FTX ont de plus en plus de clients avec une offre toujours plus large. Est-ce qu’à termes vous n’allez pas remplacer les banques ?

Cela dĂ©pend beaucoup des pays. Aux États-Unis, il y a une grande diffĂ©rence entre les banques et les autres institutions financiĂšres. Pour nous, c’est plus intĂ©ressant de travailler avec des banques parce qu’elles vont gĂ©rer une partie de la conservation, notamment des dollars, ce qui nous permet de nous concentrer sur l’essentiel, sur la tokenisation des actifs et la crĂ©ation de nouveaux produits. Dans d’autres pays, oĂč les banques sont moins puissantes, la situation est diffĂ©rente. LĂ -bas, les exchanges pourraient jouer un rĂŽle encore plus important.

Pourriez-vous devenir une banque ?

Ce n’est pas prĂ©vu, et puis la rĂ©gulation sur les banques est trĂšs contraignante. AprĂšs il ne faut jamais dire jamais. Dans l’immĂ©diat, notre objectif est surtout d’offrir la meilleure plateforme de trading possible et accessible Ă  tous. Depuis le dĂ©but de l’annĂ©e, nous gĂ©rons pas mal de dossiers avec la CFTC (Commodity Futures Trading Commission) sur quelques-uns de nos produits, ça nous occupe bien.

En parlant de services, qu’attendez-vous du partenariat avec Visa ?

Quand vous regardez les potentielles utilitĂ©s des cryptos, le paiement arrive trĂšs largement en tĂȘte. C’est une opportunitĂ© majeure. Aujourd’hui si vous regardez le fonctionnement des paiements, une grande partie passe par les cartes bancaires. C’est l’état du marchĂ©. En s’associant Ă  Visa, on intĂšgre un peu plus les cryptos Ă  l’économie rĂ©elle, c’est trĂšs excitant. Avec la carte Visa-FTX, vous pourrez dĂ©penser vos dollars, vos stablecoins ou vos bitcoins.

Vous allez surtout lancer ces cartes en AmĂ©rique du Sud oĂč il y a une vraie demande. Est-ce que ce serait possible en Europe ?

Absolument ! Nous regardons comment lancer ce type de produits en Europe et dans d’autres rĂ©gions du monde. Cela prend juste du temps, il faut avancer rĂ©gion par rĂ©gion.

La rĂ©glementation MiCA vient d’ĂȘtre adoptĂ©e. Qu’en pensez-vous ?

C’est trĂšs bien d’avoir une rĂ©gulation de ce type. Je suis sĂ»r que cela va profiter au secteur. Aujourd’hui l’écosystĂšme crypto europĂ©en est encore trĂšs fragmentĂ© avec des lĂ©gislations nationales et des rĂ©gulateurs qui ne partagent pas la mĂȘme vision du secteur.

Pensez-vous que les États-Unis devraient adopter une lĂ©gislation de ce type ?

Dans l’idĂ©e oui, mais il y a diffĂ©rents points Ă  prendre en compte. Il faut y aller progressivement. Les choses sont en train d’évoluer sur le marchĂ© spot (marchĂ© au comptant), mais il n’y a encore rien ou trĂšs peu sur les marchĂ©s de dĂ©rivĂ©s. Le SĂ©nat s’occupe de la rĂ©glementation des nouveaux actifs comme les cryptos. Ils sont en train de travailler sur ces questions. Cela prend du temps, mais ce qui compte c’est que ce soit clair pour l’écosystĂšme.

Quel est selon vous le point le plus intéressant dans MiCA ?

Je pense que c’est justement le fait que les choses soient rĂ©gulĂ©es progressivement. Ça aurait Ă©tĂ© un cauchemar que tous les actifs soient mis dans le mĂȘme sac. Donc je pense que c’est le point le plus intĂ©ressant de MiCA. AprĂšs il faudra voir comment tout cela Ă©volue dans le temps.

Et sur l’Asie, comment voyez-vous les choses ?

Historiquement, l’Asie Ă©tait le centre de l’écosystĂšme crypto. C’est un peu moins vrai aujourd’hui, il y a eu un rĂ©Ă©quilibrage au profit de l’Ouest. Le Japon, la CorĂ©e du Sud ou Singapour sont encore trĂšs dynamiques, mais la dynamique n’est plus forcĂ©ment de leur cĂŽtĂ©, mĂȘme s’il faudra Ă©videmment compter sur l’Asie dans les annĂ©es Ă  venir.

Est-ce que vous ĂȘtes toujours en train de lever des fonds ?

Tout Ă  fait ! Nous travaillons dessus. Le contexte est toujours trĂšs important quand on veut faire des acquisitions. Nous avons dĂ©jĂ  beaucoup de cash. Vous pouvez Ă©valuer le montant des liquiditĂ©s dont nous disposons Ă  partir de diverses dĂ©clarations publiques, mais je peux vous dire que c’est entre un et quatre milliards de dollars. FTX est trĂšs clairement en position de force pour faire des petites et moyennes acquisitions. Sur les grosses acquisitions, c’est un peu diffĂ©rent, mais nous ne voulons pas dĂ©penser toute notre trĂ©sorerie.

Vu la situation sur les marchés, est-ce le bon moment pour faire des acquisitions ?

Ce n’est pas un moment Ă©vident. Il y a des avantages et des inconvĂ©nients. Notre objectif est de continuer de faire croĂźtre la valorisation de l’entreprise et les choses avancent bien. Nous allons boucler une opĂ©ration et ce sera sĂ»rement une extension de notre prĂ©cĂ©dente levĂ©e de fonds. Donc ce n’est certes pas un moment facile pour lever, mais s’il y a des opportunitĂ©s, il faut y aller.

Les investisseurs vous suivront-ils ?

Nous verrons bien !

Le rĂ©gulateur texan a ouvert une enquĂȘte sur votre activitĂ©. Que est le problĂšme ?

Je ne peux pas faire de commentaire en dĂ©tail, mais de ce que nous avons compris, on nous reproche d’avoir mal construit l’un de nos produits. Vu de l’extĂ©rieur, ça peut donner l’impression que le produit n’est pas sĂ©curisĂ©, mais nous sommes 100% confiants.

Quel est ce produit ?

Je ne peux pas le dire.

Certains vous prĂȘtent des pratiques peu recommandables


Nous n’utilisons pas les fonds de nos clients, nous ne faisons pas de prĂȘts avec leurs actifs, mais je pense effectivement que notre documentation peut ĂȘtre plus claire sur ce produit. Nous travaillons pour rĂ©soudre ce type de problĂšme, nous cherchons actuellement quelqu'un pour gĂ©rer ce produit et sa documentation. Cela permettra Ă  tout le monde, y compris le rĂ©gulateur, de mieux comprendre ce que nous faisons.

Lors de la campagne prĂ©sidentielle, vous n’avez pas cachĂ© votre soutien Ă  Joe Biden. Pourquoi ? Êtes-vous content de se politique sur les cryptos ?

Les politiques amĂ©ricains parlent encore assez peu des cryptos. Certaines propositions de loi vont jusqu’au CongrĂšs et le rĂ©gulateur travaille aussi sur ces questions. Nous verrons bien comment les choses Ă©voluent.

En tout cas, je suis bien plus optimiste qu’il y a un an. J’avais peur qu’aucune mesure rĂ©gulatrice ne soit mise en place, mais tout le monde a travaillĂ© pour que les choses avancent. Il faut voir ce que cela va donner. Si dans les mois qui viennent, les choses n’avancent pas sur la rĂ©gulation crypto et leur intĂ©gration Ă  l’économie rĂ©elle, ce sera une vraie dĂ©ception. Ce sera aussi une dĂ©ception si on encadre trop le secteur. Il faut protĂ©ger les utilisateurs sans trop brider un secteur qui est trĂšs innovant. La libertĂ© Ă©conomique est fondamentale.

2022 restera comme une année trÚs mouvementée. Comment voyez-vous 2023 ?

Je suis globalement trĂšs optimiste, Ă  la fois sur la rĂ©gulation et les cas d’usage. Je pense que les choses vont s’accĂ©lĂ©rer. J’ai dĂ©jĂ  eu tort dans le passĂ©, on verra si cette fois c’est Ă©galement le cas.

THE BIG FOCUS

­­NFT : Comment Apple veut verrouiller l’AppStore

AprĂšs avoir autorisĂ© la vente de NFT via son magasin d’applications, le gĂ©ant californien vient de colmater une brĂšche dans laquelle certains Ă©diteurs s’étaient engouffrĂ©s.

Le Web3 ferait-il peur Ă  Apple ? AprĂšs avoir publiĂ© fin septembre un cadre pour les dĂ©veloppeurs d’applications qui souhaitaient proposer des NFT, le gĂ©ant đŸ‡ș🇾 a prĂ©cisĂ© en dĂ©but de semaine qu’il Ă©tait dĂ©sormais interdit d'importer de “l’extĂ©rieur” des NFT qui pourraient dĂ©bloquer des fonctionnalitĂ©s dans les jeux disponibles dans l’AppStore.

Autrement dit, le fabricant de l’iPhone n’est pas contre les NFT. Mais il faut que ces NFT soient acquis dans l’AppStore, et donc soumis Ă  la commission de 30% prĂ©levĂ©e sur tous les achats (elle est plus faible pour les petites entreprises) - qui est contestĂ©e par de nombreuses entreprises. Exit donc les applications sur lesquelles on pouvait ajouter des NFT achetĂ©s ailleurs, comme, par exemple, via la place de marchĂ© OpenSea (oĂč la commission n’est que de 2,5%). 

“Apple n’a rien contre la blockchain, mais ils ne comptent pas s’asseoir sur la commission qui a fait le succùs de l’AppStore”, explique un bon connaisseur du secteur.

Plusieurs Ă©diteurs de jeux nous avaient confiĂ© ces derniĂšres semaines qu’ils comptaient profiter d’une brĂšche dans les conditions gĂ©nĂ©rales qui leur aurait permis d’importer des NFT "externes" tout en profitant de l’AppStore et de son immense marchĂ© (188 milliards de dollars de revenus en 2021). “Cela va nous pousser Ă  revoir notre stratĂ©gie, mais nous n’irons jamais contre Apple, car c’est lĂ  que se situe le marchĂ© de masse du jeu mobile”, confie l’un deux.

Mais pour certains acteurs, cette dĂ©cision s’apparente toutefois Ă  une douche froide. “C’est contre-productif. Le modĂšle Ă©conomique est beaucoup moins viable avec une telle commission”, dĂ©plore Bilal El Alamy, fondateur de Dogami, un jeu virtuel Ă  la croisĂ©e entre PokĂ©mon et Tamagotchi oĂč l’on Ă©lĂšve des chiens (qui sont des NFT) et qui peuvent rapporter des cryptos.

“Apple veut aussi que toutes les transactions se fassent en euros ou en dollars, ce qui limite fortement les applications qui disposent d’une Ă©conomie interne basĂ©e sur un token communautaire”, insiste-t-il.

Un secteur divisé

Pour un autre Ă©diteur, la publication de conditions plus prĂ©cises est “un mal pour un bien”. “Beaucoup Ă©voluaient dans le flou avec la possibilitĂ© de se faire bannir Ă  tout moment, au moins on sait dĂ©sormais comment ĂȘtre dans le cadre pour Ă©viter les risques”, tĂ©moigne-t-il.

On se demande toutefois si Apple, qui n'a pas souhaitĂ© faire de commentaire, ne veut tout simplement pas limiter le potentiel des NFT. Selon la nouvelle politique, les prix des NFT achetĂ©s dans les applications ne pourront pas varier Ă  la revente. “Si ces actifs se transforment en stablecoins, leur potentiel sera fortement limitĂ©â€, poursuit un Ă©diteur.

C’est le cas des jeux comme STEPN, qui propose d’acquĂ©rir des baskets en guise de NFT afin d’ĂȘtre rĂ©munĂ©rĂ© en courant, et de globalement tous les modĂšles play-to-earn (un modĂšle qui consiste Ă  gagner de l’argent en jouant)
 Certaines baskets pouvaient se revendre Ă  prix d’or đŸ€‘.

Est-il donc intĂ©ressant de passer par l’AppStore pour dĂ©velopper des jeux utilisant les NFT ? “L’AppStore est l’outil d’évangĂ©lisation parfait et cette nouvelle politique va compliquer le dĂ©veloppement du *blockchain gaming”,* insiste un acteur du secteur. Mais c’est aussi peut-ĂȘtre l’opportunitĂ© de se recentrer sur la valeur essentielle qu’est l’expĂ©rience de jeu en elle-mĂȘme, et non la recherche de gains financiers.

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­­­Cette Ă©dition a Ă©tĂ© prĂ©parĂ©e avec ❀ par RaphaĂ«l Bloch et GrĂ©gory Raymond. The Big Whale est un mĂ©dia libre et indĂ©pendant. En nous soutenant, vous participez Ă  son dĂ©veloppement.

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