The Big Whale : Un an après une levée de 5 millions d’euros, vous bouchez une série A de 15 millions de dollars. Quel est l’objectif ?
Alexandre Roubaud : Cette levée répond à trois priorités. D’abord, l’expansion internationale. Jusqu’ici, Bitstack était uniquement présent en France. Avec l’agrément MiCA, nous allons nous lancer dans une dizaine de pays européens, notamment l’Allemagne, l’Espagne, les Pays-Bas et l’Italie.
Ensuite, le développement produit. Nous lançons un compte euro avec IBAN français pour déposer une partie de son salaire, le convertir en bitcoin et effectuer des paiements instantanés. Ce compte est adossé à une carte Visa innovante : elle propose l’arrondi instantané et le "stackback", une récompense en bitcoin jusqu’à 1 % sur toutes les dépenses, sans plafond.
Enfin, l’équipe. Nous allons passer d’une trentaine à plus d’une cinquantaine de collaborateurs d’ici fin 2026 pour accompagner cette croissance.
Etes-vous rentables ?
Nous ne souhaitons pas communiquer sur ce sujet.
Outre vos investisseurs historiques, AG2R La Mondiale a investi. Quel signal envoie cela ?
C’est un signal fort. AG2R souhaite s’adresser à une clientèle plus jeune et diversifier ses offres d’épargne et de gestion patrimoniale. Leur ambition : réfléchir à comment intégrer le bitcoin dans une stratégie patrimoniale.
Concrètement, AG2R a déjà commencé à orienter ses clients vers Bitstack via son espace partenaires. Quand un client demande "j’ai entendu parler du bitcoin, que faire ?", il a désormais une solution directe. À terme, nous visons à permettre aux millions de clients d’AG2R d’épargner directement en bitcoin depuis leur espace client.
Cet investissement pourrait-il vous fermer des portes avec d’autres acteurs ?
Pas du tout. Il n’y a aucune clause d’exclusivité. Au contraire, c’est un message clair : des institutionnels de la finance traditionnelle s’engagent concrètement dans le bitcoin. Pour Bitstack, c’est une preuve que nous pouvons collaborer avec des acteurs de premier plan.
Votre offre se limite au bitcoin. Est-ce amené à évoluer ?
Non. Nous avons une conviction forte : il y a le bitcoin et le reste. Le bitcoin est un actif d’épargne à long terme, idéal pour protéger le pouvoir d’achat et financer des objectifs de vie. Cette approche s’aligne parfaitement avec la mission d’AG2R en matière de gestion patrimoniale.
Pourquoi un compte avec IBAN français et une carte Visa ? L’objectif est-il de devenir une "mini-banque bitcoin" ?
Le compte et la carte servent notre promesse : permettre à chacun d’épargner en bitcoin sans effort. La carte introduit deux mécaniques inédites en Europe :
- Arrondi instantané, qui convertit automatiquement chaque paiement en bitcoin.
- Stackback, jusqu’à 1 % de cashback en bitcoin, sans plafond.
Si vous n’avez jamais acheté de bitcoin, on vous les offre.
Des chiffres sur l’épargne accumulée ?
En un an, nos clients actifs sont passés de 100 000 à 300 000, avec plus de 300 millions d’euros épargnés en bitcoin.
Quelle est la prochaine étape de votre business model ?
Trois axes :
1/ Intégration du bitcoin à la finance traditionnelle : via le compte et la carte, nous relions services de paiement classiques et bitcoin dans une seule app.
2/ Démocratisation du bitcoin : le stackback est la première étape, d’autres fonctionnalités suivront.
3/ Épargne bitcoin à deux niveaux : horizontalement, développer des fonctionnalités innovantes ; verticalement, intégrer le bitcoin dans les produits d’épargne traditionnels (assurance-vie, PEA…).
Nous explorons également les crédits adossés au bitcoin ("bitcoin-backed loans"), pour permettre de financer des projets sans vendre ses bitcoins.
Cela nécessite des partenariats avec des établissements de crédit ?
Des collaborations avec des acteurs comme AG2R auraient du sens.
L’ambition de Bitstack pourrait-elle de devenir un établissement de crédit ou de paiement ?
Notre objectif est de construire tous les produits financiers autour du bitcoin. Nous voulons être le leader de l’épargne bitcoin, puis proposer des solutions pour financer la vie quotidienne via des crédits adossés aux bitcoins. À terme, nous visons à devenir la plus grande institution financière bitcoin d’Europe.
Comment vous positionnez-vous par rapport aux banques ?
Aujourd’hui, nous sommes avant tout un acteur d’épargne bitcoin. Si le bitcoin devient un actif central, notre rôle de précurseur nous place en position de concurrent des banques classiques, avec des encours significatifs et la capacité de développer des produits d’épargne et de crédit innovants.
Vos clients conservent-ils leurs bitcoins chez Bitstack ou en self-custody ?
La majorité, bien au-delà de 50 %, nous confient leurs bitcoins. Ils recherchent simplicité, sécurité et accessibilité, ce qui rend la régulation essentielle.
Vous voulez vous développer en Europe. Quel marché visez-vous ?
Nous ciblons une dizaine de pays, dont l’Allemagne, l’Espagne, le Portugal et les Pays-Bas. Les 300 000 clients actuels sont exclusivement français.
Vous lancez un compte euro, une carte Visa. Votre objectif est-il de devenir le compte principal de vos clients ?
Oui, au fur et à mesure du développement de fonctionnalités. La conversion automatique du salaire en bitcoin permettra de protéger le pouvoir d’achat et de faire de Bitstack le compte principal pour ceux qui le souhaitent.
La carte sera-t-elle disponible hors de France ?
À terme, oui, dans tous les pays où Bitstack sera présent.
Jusqu’à 1 % de cashback en bitcoin : comment est-ce possible ?
En tant qu’émetteur de carte, nous récupérons l’interchange et pouvons reverser jusqu’à 1 % en bitcoin, sans plafond. C’est un standard dans l’industrie, mais rarement offert en Europe sur une carte de débit.
Trade Republic, Revolut, Deblock qui vient de lever 30 millions d'euros, notamment auprès de Commerzbank... Sans même parlé des Exchnges, le marché n’est-il pas saturé ?
Il y a beaucoup d'acteurs, mais notre positionnement est unique : deux tiers de nos clients sont des primo-accédants. Bitstack est la solution la plus simple, accessible et sécurisée pour acheter du bitcoin en France. Plus de 80 % des Français connaissent le bitcoin, mais seuls 10 % en ont acheté : c’est notre opportunité et ce qui fait notre succès.



.png)



%201.png)






%201.png)
%201.png)


%201.png)



%201.png)


