Une petite révolution. Après plus d’un an de développement, les clients du groupe bancaire BPCE vont pouvoir dès lundi acheter et vendre des cryptomonnaies - une première en France pour une grande banque traditionnelle, alors que BPCE gère plus de 900 milliards d’euros d’actifs et touche près d’un Français sur cinq au travers de ses réseaux.
Selon nos informations, cette première phase concerne les clients de 4 entités régionales sur les 29 que compte le groupe, soit environ 2 millions de clients (sur plus de 12 millions au total) : Banque Populaire Rives de Paris et Caisse d’Épargne Côte d’Azur font partie des 4 entités concernées.
Les services seront ouverts aux autres entités courant 2026, de manière progressive. "Le but est de voir comment le service démarre", explique un proche de la banque.
L’achat et la vente se feront directement dans les applications Caisse d’Épargne et Banque Populaire via un compte dédié aux actifs numériques, facturé 2,99 euros par mois, avec une commission de 1,5 % sur chaque achat/vente (frais minimum de 1 euro par transaction).
Les comptes sont gérés par Hexarq, la filiale crypto du groupe BPCE, qui va aussi assurer la custody des actifs.
Comme nous l’avions révélé il y a un an, Hexarq a obtenu l'enregistrement renforcé PSAN, lui permettant de proposer la conservation, l’achat/vente de cryptos contre euros et l’échange crypto-crypto.
Toujours selon nos informations, Hexarq a déposé il y a quelques mois sa demande d’agrément MiCA, la nouvelle régulation européenne. Il devrait l’obtenir dans les semaines qui viennent, ce qui permettrait à BPCE d’être l’un des premiers grands groupes bancaires européens à opérer sous ce régime.
Bitcoin, ether, sol et USDC
Pour commencer, les clients peuvent acheter quatre actifs numériques : bitcoin, ether, sol et USDC (le stablecoin dollar de Circle). "Ce sont les plus demandés", explique un proche de la banque.
D’autres cryptomonnaies seront ajoutées progressivement pour atteindre une quinzaine d’actifs disponibles.
L’intérêt de l’USDC est de permettre aux clients de vendre leurs bitcoins ou ethers et de se repositionner sur un stablecoin sans déclencher d’événement fiscal - les stablecoins étant considérés comme des actifs numériques au même titre que les autres cryptomonnaies (et pas comme des monnaies fiat).
L'intégration d'un stablecoin euro est également prévu.
Ce lancement intervient alors que les banques accélèrent sur les actifs numériques, dans un contexte de concurrence accrue des fintechs comme Revolut ou Trade Republic, qui comptent désormais plusieurs millions d’utilisateurs crypto en Europe.
Si certains établissements ont choisi de se concentrer sur des services destinés aux entreprises - comme Deutsche Bank - d’autres ciblent désormais les particuliers. "Il y a des vraies enjeux de rétention et même de conquête de nouveaux clients", explique un banquier.
C’est le cas notamment des banques espagnoles Santander et BBVA, pionnières sur le sujet en Europe :
- BBVA permet désormais à ses clients espagnols d’acheter, vendre et conserver directement du Bitcoin et de l’Ether via son application bancaire, avec une garde internalisée et la possibilité de trading 24h/24.
- Santander, via sa filiale digitale Openbank, a lancé pour les particuliers l’accès à Bitcoin, Ether, Litecoin, Polygon et Cardano, avec trading et garde intégrés, et des frais de transaction transparents.
D'autres comme Commerzbank ont décidé de travaillé avec des acteurs crypto-natifs comme Deblock. La banque allemande vient d'investir dans la série A (30 millions d'euros) de la start-up franco-anglaise.
En France, BoursoBank a, de son côté, ouvert il y a quelques mois l’accès à des ETP crypto depuis son application, témoignant de l’intérêt croissant des banques traditionnelles pour le marché des actifs numériques.



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