Exclusif. Exaion-Mara : la vente bientôt scellée, un concurrent européen prêt à émerger

Exclusif. Exaion-Mara : la vente bientôt scellée, un concurrent européen prêt à émerger
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Le rachat d'Exaion par l'américain Mara entre dans sa phase finale. Malgré une clause de non-concurrence imposée à EDF, un projet européen de 200 MW s'organise déjà.

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Le feuilleton du rachat d'Exaion, filiale du groupe EDF spécialisée dans le calcul haute performance (HPC), par le géant américain du minage de Bitcoin, Mara, entre dans une phase décisive.

Après des mois de négociations, de polémiques politiques et de débats sur la souveraineté énergétique, l'opération approche de son point de bascule.

Comme nous le révélions la semaine dernière, Xavier Niel s'apprêterait à officialiser son entrée au capital de la future entité Mara France. Le fondateur d'Iliad serait prêt à injecter entre 8 et 15 millions d'euros.

Selon nos informations, cette opération lui garantirait des actions préférentielles ainsi qu'un siège au conseil d'administration. Rapporté au montant global de l'opération (évalué à 168 millions d'euros), cet investissement représenterait environ 5 % du capital de la structure française.

Dans le montage actuel, EDF céderait la majorité des parts d'Exaion tout en conservant une participation minoritaire.

Le groupe public sortirait donc du rôle d'opérateur principal dans le HPC et le minage pour devenir actionnaire minoritaire et fournisseur d'électricité.

Mara a posé un ultimatum à fin février

Initialement attendue en janvier, la finalisation du deal a été repoussée à fin février. Selon plusieurs sources, Mara aurait clairement indiqué qu'en l'absence d'accord définitif d'ici cette échéance, l'offre pourrait être retirée.

Sur le plan administratif, le dossier semble pourtant avancé.

La Direction générale du Trésor aurait validé la nouvelle architecture de l'opération. La lettre d'engagement transmise le 20 janvier (également révélée par The Big Whale) ne nécessiterait pas de modification substantielle.

Autrement dit, du point de vue technique, le feu est au vert. Il ne manquerait plus qu'une validation politique finale.

Au cœur des crispations figure la clause de non-concurrence de deux ans.

Celle-ci interdit à EDF d'exercer toute activité dans le HPC et, par extension, dans le minage de Bitcoin pendant cette période. Concrètement, l'électricien ne pourrait pas agir comme opérateur, co-investisseur ou partenaire industriel dans un consortium concurrent.

Son rôle serait limité à celui de fournisseur d'énergie.

Pour certains acteurs de l'écosystème Bitcoin français, cette clause équivaut à un quasi-monopole temporaire offert à un acteur américain sur une activité stratégique.

Pour d'autres, elle ne ferme pas totalement la porte à une concurrence européenne, surtout si certains accords stratégiques pouvaient être noués avec d'autres acteurs du réseau, comme RTE, par exemple.

Une alternative européenne en cours de finalisation

Nous avons appris qu'un projet concurrent avançait en toute discrétion. Porté par des capitaux européens, il serait en phase de finalisation.

“Nous prévoyons de lancer l'activité au second semestre”, confie à The Big Whale l'un des acteurs impliqués. “Il est hors de question de laisser tout le marché à Mara, d'autant que le gâteau est suffisamment grand pour compter plusieurs acteurs”, souligne une autre partie prenante.

Selon eux, l'absence d'EDF au capital n'est pas un obstacle rédhibitoire, en dépit des avantages accordés à Mara dans le cadre de la vente d'Exaion.

EDF dispose d'un atout majeur : un foncier industriel stratégique. Certains sites, proches des infrastructures électriques lourdes, sont particulièrement adaptés à l'installation de data centers énergivores.

La clause pourrait compliquer l'accès facilité à ces terrains pour un concurrent direct de Mara, notamment si l'opération était interprétée comme une “facilitation” indirecte.

C'est ce “petit plus”, au-delà de la simple vente d'électricité, qui confère à Mara un avantage structurel.

Concernant le projet concurrent, l'électricité serait acquise sur le marché spot, avec une stratégie d'optimisation intraday.

Le projet démarrerait avec un parc d'environ 20 MW de puissance installée, pour un investissement évalué autour de 20 millions d'euros. À terme, l'ambition serait de monter jusqu'à 200 MW, en fonction des besoins pour consommer les surplus d’énergie non consommés par la production nationale.

Ce projet est actuellement en train de verrouiller plusieurs accords fonciers pour déployer ses futurs data centers sur l'ensemble du territoire français.

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Grégory Raymond

Grégory Raymond est directeur de la recherche et co-fondateur de The Big Whale. Spécialiste de l'intersection entre finance traditionnelle et actifs numériques, il couvre depuis 2017 les enjeux réglementaires, institutionnels et technologiques du secteur pour une audience de décideurs (banques, asset managers, fintechs). Il est également l'auteur de "Bitcoin & Cryptos : L'enjeu du siècle" (Talent Éditions, 2025), un ouvrage structuré autour d'entretiens avec des figures clés de l'écosystème.

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