Marc Mathieu (Salesforce) : "Les projets NFTs des entreprises deviennent beaucoup plus sérieux"

Marc Mathieu (Salesforce) : "Les projets NFTs des entreprises deviennent beaucoup plus sérieux"
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Le géant américain de la gestion de relation client (CRM) permet désormais aux entreprises d’offrir des expériences Web3 à leurs clients. Nous en avons parlé avec l’un de ses responsables.

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Salesforce est un géant du web2. Pourquoi avoir lancé un produit basé sur le web3 ?

Nous travaillons avec plus de 100.000 entreprises et une part importante d’entre elles s’adresse à des consommateurs qui devaient avoir 10 ans lorsque le premier iPhone est sorti (2007, ndlr). Les “nouvelles technologies” sont la norme pour eux. Ils sont très à l’aise avec les cryptos, les NFTs, l’intelligence artificielle générative…

En intégrant les solutions Web3 dans notre offre, nous allons permettre aux marques d'être plus pertinentes avec ces clients qui représentent parfois jusqu’à 40% de leurs chiffre d’affaires.

Concrètement, qu’est-ce que la plateforme de Salesforce permet de faire ?

Le premier usage pour les marques est de pouvoir créer des programmes de fidélisation avec ce que l’on appelle le token gating, c’est-à-dire une sorte de passeport numérique. Vous avez besoin d’un token pour accéder à un service ou à un produit.

Le deuxième usage est de pouvoir gérer des “doubles numériques”, ce qui est de plus en plus répandu pour les voitures ou les montres de luxe. Ces doubles numériques, sous forme de NFTs, sont des certificats d’authenticité numérique.

Le troisième usage, c’est ce que j’appelle “NFTs for good”. Une marque peut peut soutenir une cause dès que quelqu’un va mint (créer) un de ses NFTs.


D’autres entreprises comme le français Arianee permettent aussi aux marques de créer des NFTs sur ce modèle. En quoi votre offre est-elle différente ?

Sans aucun doute notre taille et notre système de gestion de la relation clients. Notre offre web3 y est directement intégrée, alors que les acteurs web3 comme Arianee, avec lesquels nous travaillons, sont davantage des plateformes de messagerie de wallet à wallet.

Qui s’occupe de la création des NFTs ? Est-ce Salesforce ou alors vous travaillez avec des prestataires ?

Pour la création, nous travaillons avec des agences comme MediaMonks ou AI Studio, tandis que pour l’implémentation, nous travaillons avec Accenture ou Deloitte.

Notre business model est de développer l’écosystème avec des partenariats comme ceux que je viens de citer ou alors avec d’autres plus spécifiques en fonction des besoins de nos clients.

Lesquels par exemple ?

Pour les wallets, nous avons travaillé avec Ledger.

À quel type d’entreprises vous adressez-vous ?

Nous visons les moyennes et grandes entreprises qui ont déjà un système de CRM et qui ont identifié le Web3 comme un atout dans leur relation clients. Si ces technologies continuent de se développer, nous sommes le bon acteur pour industrialiser le processus.

Aujourd’hui certaines entreprises gèrent leurs projets web3 de manière plutôt artisanale. Or si elles veulent une solution scalable, elles devront passer à l’échelle, et nous sommes là. Sans compter le fait que nous permettons d’apporter de la confiance dans un milieu où les entreprises ont parfois du mal à identifier les bons partenaires.

Salesforce Web3 est-il déjà accessible pour tous vos clients ?

La solution est lancée, mais nous restons encore sélectifs sur les entreprises qui peuvent l’utiliser. Nous nous focalisons sur certaines industries et cas d’usage. Nous travaillons actuellement avec plusieurs groupes comme la marque de prêt-à-porter Scotch & Soda ou le fabricant de jouets Mattel.

Quels sont les projets de marque qui vous ont intéressé ?

Nous suivons avec attention ce que font Starbucks, Nike et Ticketmaster. Pour moi, ce sont les projets qui pourraient, à terme, devenir les grands cas d’usage du Web3 pour les marques, même si le chemin est encore long.

Beaucoup d’entreprises ont compris le sujet, elles savent ce qu’elles doivent faire et également les erreurs qu’elles doivent éviter. Nous voyons bien que nous avons dépassé la phase de l’expérimentation gadget et que désormais les projets sont beaucoup plus sérieux, les entreprises veulent passer à l’échelle.

Comment gagnez-vous de l’argent avec cette activité ?

Nos revenus proviennent du minting des NFTs ou des appels API, qui permettent d’aller récupérer automatiquement des données pour nos clients, comme par exemple aller vérifier qu’un wallet n’est pas frauduleux. Nous avons envisagé un temps de prélever des frais à chaque transfert de tokens, mais comme la tendance est aux transactions gratuites, cela ne nous a pas paru pertinent.

Quelles blockchains sont disponible dans votre système ?

Nous avons uniquement intégré des blockchains que nous considérons comme “long terme”. Polygon fait partie d’entre elles. Nous avons aussi rajouté Ethereum fin 2022 après le passage au Proof-of-Stake. C’est sans doute l’une des blockchains les plus demandées par nos clients.

Grégory Raymond

Grégory Raymond est directeur de la recherche et co-fondateur de The Big Whale. Spécialiste de l'intersection entre finance traditionnelle et actifs numériques, il couvre depuis 2017 les enjeux réglementaires, institutionnels et technologiques du secteur pour une audience de décideurs (banques, asset managers, fintechs). Il est également l'auteur de "Bitcoin & Cryptos : L'enjeu du siècle" (Talent Éditions, 2025), un ouvrage structuré autour d'entretiens avec des figures clés de l'écosystème.

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Raphaël Bloch

Raphaël Bloch est CEO et cofondateur de The Big Whale, une plateforme indépendante d’intelligence de marché sur les actifs numériques, destinée aux acteurs des marchés financiers à travers une couverture éditoriale, de la recherche, un briefing hebdomadaire et des événements en présentiel. Il a cofondé The Big Whale en avril 2022. Au sein de la plateforme, il modère et anime des événements institutionnels réunissant banques, asset managers, custodians et fournisseurs d’infrastructure sur des sujets tels que le staking, l’on-chain yield, les stablecoins, le DeFi lending et la tokenisation. Il a modéré des panels lors d’événements organisés en partenariat avec Bitwise, Everstake, Gemini, Morpho, Hexarq, Coinhouse, Delubac, Franklin Templeton et l’Ethereum Foundation, à Londres et à Paris entre fin 2025 et mi-2026.

Avant de fonder The Big Whale, Bloch a travaillé comme journaliste aux Echos de décembre 2016 à mars 2020, puis à L’Express de mars 2020 à mars 2022. Il a également travaillé auparavant chez Reuters. Depuis septembre 2022, il exerce en parallèle le rôle de Business Analyst chez BFM Business. Il couvre le secteur crypto comme journaliste depuis 2016. Il est diplômé d’emlyon et du CFJ.

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