Michael Amar (PBW) : “Le Web3 a besoin des acteurs du Web2”
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Pour sa quatrième édition, la Paris Blockchain Week (20-24 mars) accueillera de nombreux acteurs traditionnels. Un choix revendiqué par son organisateur, Michael Amar.

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The Big Whale : La PBW va fêter sa 4ème édition en mars. Quel est le but d’un tel événement ?

Michael Amar : Notre objectif est de réunir l’écosystème Web3 et de le faire progresser. Je me souviens qu’à l’époque de la première édition de la PBW (en 2019, ndlr) peu de personnes travaillaient dans la blockchain et les cryptos. En se basant sur LinkedIn, il devait y avoir quelques centaines, peut-être quelques milliers de personnes en France, pas plus !

Aujourd’hui, l’écosystème a bien grandi. Il y a des milliers de commerciaux, ingénieurs, développeurs, qui travaillent sur ces sujets, et ça se ressent jusque dans les entreprises que nous attirons pour la PBW.

C’est-à-dire ?

Pour cette nouvelle édition, nous allons avoir un nombre record d'entreprises “traditionnelles”, presque autant que les entreprises Web3 natives. C’est une vraie bascule. Nous savions que cela arriverait, mais pas forcément aussi vite.

Comment expliquez-vous ce changement ?


Il y a clairement deux éléments qui jouent. D’abord, le fait que l’année a été très compliquée pour le secteur crypto avec en point d’orgue la chute de FTX. Beaucoup d’acteurs ont été touchés. Ils ont réduit la voilure et participent donc moins aux événements, notamment financièrement.

Et le second point, qui est directement lié au premier, c’est que la nature a horreur du vide : les entreprises traditionnelles, notamment les Big Tech, ont bien vu qu’il y avait une place à prendre et elles sont donc davantage présentes.

Comme vous l’avez dit, le secteur crypto subit de plein fouet la crise. N’est-ce pas compliqué d’organiser un tel événement dans ces conditions ?

Ce n’est évidemment pas un contexte favorable. Organiser un événement comme la PBW coûte de l’argent, et le sponsoring est très important. Hors billetterie, cela représente plus de 50% de notre budget, donc la baisse de l’investissement des acteurs cryptos a un impact.

Allez-vous être à l’équilibre ?

Oui, c’est prévu.

Comment ?

Justement grâce à de nouveaux acteurs comme Google et d’autres entreprises et marques, notamment dans le luxe. Il y a des dizaines de marques mondialement connues qui seront présentes.

Est-ce qu’en vous adossant à tous ces groupes vous ne craignez pas de trahir un peu l’esprit du Web3 ?

Non pas du tout, c’est même l’inverse, selon moi. En fait, les choses sont assez simples : si nous restons entre nous, l’écosystème Web3 ne va pas se développer, du moins pas assez vite.

Qu’est-ce que les géants du Web2 apportent ?

Plein de choses et notamment les utilisateurs. Quand Instagram se met aux NFTs, ce sont potentiellement des centaines de millions de personnes qui peuvent minter des NFTs, en posséder, se les échanger…

Si je voulais être un peu piquant, je dirais même qu’il y a une certaine forme d’hypocrisie à ne pas vouloir de ces grands groupes. La plupart des projets crypto et Web3 travaillent avec les géants de la Tech sans même peut-être le savoir.

La réalité, c’est que si nous voulons que le Web3 se développe, il faut aller là où sont les utilisateurs. Imaginer qu’on fera le Web3 sans les acteurs Web2 est une illusion. Le Web3 a besoin des acteurs du Web2.

Comment va se dérouler cette édition ? Vous avez adapté l’événement à ces nouveaux venus ?

Nous n’avons rien changé, mais l’événement est davantage tourné vers le business. Nous allons avoir plusieurs moments forts comme la “Talent Fair” qui est une journée dédiée aux entreprises qui cherchent des profils Web3. Il y en aura plus de 1000 !

Beaucoup d’entreprises veulent se lancer les cryptos, faire une collection de NFTs, mais ce n’est pas simple de savoir avec qui travailler, comment, pourquoi ? On veut les aider là-dessus.

Il y aura aussi une journée investisseurs qui réunira des centaines d’acteurs, fonds d’investissement, hedge funds, family offices, fonds souverains, qui cherchent des projets dans lesquels investir. Et nous aurons bien sûr des conférences et de nombreux speakers comme le patron de Reddit, le CEO de l’Oréal, le responsable de tout ce qui est NFT chez Meta, les équipes de Solana

Certains se plaignent du prix des tickets qui atteignent plusieurs milliers d’euros. Que leur répondez-vous ?

Oui, je comprends, mais nous sommes un événement dédié aux entreprises, et nous l’assumons. Cette année, nous sommes au Carrousel du Louvre, en plein Paris, avec des gens qui viennent de toute la planète.

Tout ça a un coût, mais il faut bien comprendre que c’est une énorme opportunité pour les entreprises. Pour quelques milliers d’euros, vous pouvez accéder à des fonds d’investissement, de potentiels clients ou partenaires, c’est une vraie chance.

On parle de Google, Meta, Reddit… Y aura-t-il suffisamment d’entreprises françaises et européennes à la PBW ?

Bien sûr, on table sur 20% de Français et plus de la moitié d’Européens. Rares sont les événements d’envergure internationale où les Français sont aussi bien représentés. Mais on doit aussi se féliciter que Paris accueille autant de groupes de dimension mondiale.

Est-ce que vous n’avez pas le sentiment qu’il y a trop de conférences ?

Je ne sais pas, les conférences sont très différentes : certaines sont très techniques, très tournées vers les particuliers. Nous, nous visons un public plus business et composées d’entreprises.

Combien de personnes attendez-vous ?

Nous visons 10.000 personnes sur la semaine, ce qui serait presque deux fois plus que 2022 (6000, ndlr) !

Quel est votre objectif cette année ?

Qu’il y ait du business et que l’Europe et la France rayonnent. Lors de notre première édition, nous avons fait venir Binance et d’autres gros acteurs, et on voit que tous ces acteurs sont aujourd’hui présents en France. C’est une excellente chose.

Grégory Raymond

Grégory Raymond est directeur de la recherche et co-fondateur de The Big Whale. Spécialiste de l'intersection entre finance traditionnelle et actifs numériques, il couvre depuis 2017 les enjeux réglementaires, institutionnels et technologiques du secteur pour une audience de décideurs (banques, asset managers, fintechs). Il est également l'auteur de "Bitcoin & Cryptos : L'enjeu du siècle" (Talent Éditions, 2025), un ouvrage structuré autour d'entretiens avec des figures clés de l'écosystème.

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Raphaël Bloch

Raphaël Bloch est CEO et cofondateur de The Big Whale, une plateforme indépendante d’intelligence de marché sur les actifs numériques, destinée aux acteurs des marchés financiers à travers une couverture éditoriale, de la recherche, un briefing hebdomadaire et des événements en présentiel. Il a cofondé The Big Whale en avril 2022. Au sein de la plateforme, il modère et anime des événements institutionnels réunissant banques, asset managers, custodians et fournisseurs d’infrastructure sur des sujets tels que le staking, l’on-chain yield, les stablecoins, le DeFi lending et la tokenisation. Il a modéré des panels lors d’événements organisés en partenariat avec Bitwise, Everstake, Gemini, Morpho, Hexarq, Coinhouse, Delubac, Franklin Templeton et l’Ethereum Foundation, à Londres et à Paris entre fin 2025 et mi-2026.

Avant de fonder The Big Whale, Bloch a travaillé comme journaliste aux Echos de décembre 2016 à mars 2020, puis à L’Express de mars 2020 à mars 2022. Il a également travaillé auparavant chez Reuters. Depuis septembre 2022, il exerce en parallèle le rôle de Business Analyst chez BFM Business. Il couvre le secteur crypto comme journaliste depuis 2016. Il est diplômé d’emlyon et du CFJ.

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