Morgan Stanley s'apprête à casser le marché des ETF Bitcoin

Morgan Stanley s'apprête à casser le marché des ETF Bitcoin
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La banque américaine a déposé un prospectus pour lancer son propre ETF Bitcoin spot. Moins cher que BlackRock, distribué par 15 000 conseillers : le MSBT n'est pas un produit comme les autres.

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Depuis janvier 2024 et l'approbation des premiers ETF Bitcoin spot aux États-Unis, le marché s'est structuré autour d'un duopole de fait. L'IBIT de BlackRock d'un côté, qui dépasse désormais les 50 milliards de dollars d'actifs sous gestion. Le FBTC de Fidelity de l'autre, solidement installé en deuxième position. Les neuf autres produits se partagent le reste.

Bitcoin ETFs AUM

Morgan Stanley vient de changer la donne. Le 20 mars 2026, la banque a déposé une version amendée de son S-1 auprès de la SEC pour le Morgan Stanley Bitcoin Trust (ticker : MSBT), un ETF Bitcoin spot passif, sans levier ni dérivés, destiné à être coté sur le NYSE Arca. Selon Eric Balchunas, analyste ETF senior chez Bloomberg et référence du secteur, le lancement pourrait intervenir "dans les deux prochaines semaines".

Des frais qui cassent le marché

Le MSBT sera facturé 14 points de base par an (0,14% des actifs), soit le tarif le plus bas du marché parmi les produits actifs. L'IBIT de BlackRock prélève 25 bps, soit 11 de plus. Le GBTC de Grayscale, ramené à 15 bps sous pression concurrentielle, reste au-dessus. Seul Fidelity fait exception avec un FBTC à zéro frais, une politique de pénétration de marché assumée depuis le lancement.

Les frais des principaux émetteurs américains

Ce positionnement tarifaire n'est pas cosmétique : dans l'univers des ETF, les frais constituent l'un des rares critères objectivement comparables entre produits de structure équivalente. Eric Balchunas le formule directement : à ce niveau de prix, aucun conseiller de Morgan Stanley "ne se sentira en conflit d'intérêts" en recommandant le produit à ses clients. La banque se donne par ailleurs une chance d'attirer des flux venus d'autres établissements.

Ce que les gestionnaires d'actifs ne peuvent pas faire

La vraie rupture n'est pas dans la structure du produit. Elle est dans la mécanique de distribution. Tous les ETF Bitcoin spot existants ont été conçus par des sociétés de gestion spécialisées, BlackRock, Fidelity, Invesco ou VanEck, qui doivent ensuite convaincre des milliers de conseillers répartis dans d'autres institutions de les distribuer. Un travail long, coûteux, soumis à une concurrence frontale entre produits similaires.

Morgan Stanley fonctionne autrement : la banque dispose de plus de 15 000 conseillers financiers et gère 5 500 milliards de dollars d'actifs clients. Le MSBT sera proposé directement, sans partage de revenus avec un émetteur tiers, sans intermédiation externe. Sur des hypothèses prudentes, une allocation de 1% au bitcoin auprès de 5% de la clientèle représente déjà 2,75 milliards de dollars de demande nette. Ce n'est pas un scénario agressif.

Un effet d'entraînement sur les autres banques ?

Goldman Sachs, JPMorgan et Bank of America disposent toutes de divisions gestion de fortune gérant des milliers de milliards de dollars, sans avoir encore déposé de demande d'ETF Bitcoin propriétaire. Si le MSBT attire des flux significatifs après son approbation, laisser un concurrent direct capter ces revenus sur un produit à forte demande deviendra difficile à justifier en interne.

Le mécanisme avait déjà fonctionné en janvier 2024 : l'approbation de l'IBIT avait déclenché une vague de dépôts concurrents en quelques semaines. Un schéma similaire pourrait se reproduire entre les grandes banques. À noter que Morgan Stanley avait également déposé, en janvier 2026, une demande d'ETF Ethereum et Solana, signalant une stratégie crypto qui va bien au-delà du seul bitcoin.

Un signal structurellement positif pour le bitcoin

Un ETF émis sous la marque Morgan Stanley, adossé à BNY Mellon comme administrateur et Coinbase comme prime broker en cold storage, est un produit que les comités de risque institutionnels peuvent plus facilement valider que ceux proposés par des gestionnaires d'actifs spécialisés.

Si les grandes banques suivent, c'est un nouveau canal de distribution institutionnelle qui s'ouvre, sur un segment aujourd'hui largement sous-alloué à cette classe d'actifs. Le marché adressable des ETF Bitcoin ne serait plus limité aux actifs gérés par les sociétés de fonds, il s'étendrait à l'ensemble des grandes divisions de gestion de fortune du pays.

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Depuis janvier 2024 et l'approbation des premiers ETF Bitcoin spot aux États-Unis, le marché s'est structuré autour d'un duopole de fait. L'IBIT de BlackRock d'un côté, qui dépasse désormais les 50 milliards de dollars d'actifs sous gestion. Le FBTC de Fidelity de l'autre, solidement installé en deuxième position. Les neuf autres produits se partagent le reste.

Bitcoin ETFs AUM

Morgan Stanley vient de changer la donne. Le 20 mars 2026, la banque a déposé une version amendée de son S-1 auprès de la SEC pour le Morgan Stanley Bitcoin Trust (ticker : MSBT), un ETF Bitcoin spot passif, sans levier ni dérivés, destiné à être coté sur le NYSE Arca. Selon Eric Balchunas, analyste ETF senior chez Bloomberg et référence du secteur, le lancement pourrait intervenir "dans les deux prochaines semaines".

Des frais qui cassent le marché

Le MSBT sera facturé 14 points de base par an (0,14% des actifs), soit le tarif le plus bas du marché parmi les produits actifs. L'IBIT de BlackRock prélève 25 bps, soit 11 de plus. Le GBTC de Grayscale, ramené à 15 bps sous pression concurrentielle, reste au-dessus. Seul Fidelity fait exception avec un FBTC à zéro frais, une politique de pénétration de marché assumée depuis le lancement.

Les frais des principaux émetteurs américains

Ce positionnement tarifaire n'est pas cosmétique : dans l'univers des ETF, les frais constituent l'un des rares critères objectivement comparables entre produits de structure équivalente. Eric Balchunas le formule directement : à ce niveau de prix, aucun conseiller de Morgan Stanley "ne se sentira en conflit d'intérêts" en recommandant le produit à ses clients. La banque se donne par ailleurs une chance d'attirer des flux venus d'autres établissements.

Ce que les gestionnaires d'actifs ne peuvent pas faire

La vraie rupture n'est pas dans la structure du produit. Elle est dans la mécanique de distribution. Tous les ETF Bitcoin spot existants ont été conçus par des sociétés de gestion spécialisées, BlackRock, Fidelity, Invesco ou VanEck, qui doivent ensuite convaincre des milliers de conseillers répartis dans d'autres institutions de les distribuer. Un travail long, coûteux, soumis à une concurrence frontale entre produits similaires.

Morgan Stanley fonctionne autrement : la banque dispose de plus de 15 000 conseillers financiers et gère 5 500 milliards de dollars d'actifs clients. Le MSBT sera proposé directement, sans partage de revenus avec un émetteur tiers, sans intermédiation externe. Sur des hypothèses prudentes, une allocation de 1% au bitcoin auprès de 5% de la clientèle représente déjà 2,75 milliards de dollars de demande nette. Ce n'est pas un scénario agressif.

Un effet d'entraînement sur les autres banques ?

Goldman Sachs, JPMorgan et Bank of America disposent toutes de divisions gestion de fortune gérant des milliers de milliards de dollars, sans avoir encore déposé de demande d'ETF Bitcoin propriétaire. Si le MSBT attire des flux significatifs après son approbation, laisser un concurrent direct capter ces revenus sur un produit à forte demande deviendra difficile à justifier en interne.

Le mécanisme avait déjà fonctionné en janvier 2024 : l'approbation de l'IBIT avait déclenché une vague de dépôts concurrents en quelques semaines. Un schéma similaire pourrait se reproduire entre les grandes banques. À noter que Morgan Stanley avait également déposé, en janvier 2026, une demande d'ETF Ethereum et Solana, signalant une stratégie crypto qui va bien au-delà du seul bitcoin.

Un signal structurellement positif pour le bitcoin

Un ETF émis sous la marque Morgan Stanley, adossé à BNY Mellon comme administrateur et Coinbase comme prime broker en cold storage, est un produit que les comités de risque institutionnels peuvent plus facilement valider que ceux proposés par des gestionnaires d'actifs spécialisés.

Si les grandes banques suivent, c'est un nouveau canal de distribution institutionnelle qui s'ouvre, sur un segment aujourd'hui largement sous-alloué à cette classe d'actifs. Le marché adressable des ETF Bitcoin ne serait plus limité aux actifs gérés par les sociétés de fonds, il s'étendrait à l'ensemble des grandes divisions de gestion de fortune du pays.

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Format
Analyses
Grégory Raymond

Grégory Raymond est directeur de la recherche et co-fondateur de The Big Whale. Spécialiste de l'intersection entre finance traditionnelle et actifs numériques, il couvre depuis 2017 les enjeux réglementaires, institutionnels et technologiques du secteur pour une audience de décideurs (banques, asset managers, fintechs). Il est également l'auteur de "Bitcoin & Cryptos : L'enjeu du siècle" (Talent Éditions, 2025), un ouvrage structuré autour d'entretiens avec des figures clés de l'écosystème.

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