À Davos, la blockchain est déjà devenue mainstream

26.01.2024
À Davos, la blockchain est déjà devenue mainstream
Demandez à UNE IA DE RÉSUMER CET ARTICLE

TRIBUNE. Sheraz Ahmed, qui est l'un des responsables de Storm Partners et le cofondateur de Decentral House, était à Davos la semaine dernière (15-19 janvier). Pour The Big Whale, il raconte ce qui s'est passé là-bas.

Vous avez atteint votre limite de 2 articles gratuits ce mois-ci

La recherche que vos pairs exploitent déjà

The Big Whale donne aux institutions financières la market intelligence, le réseau, et la plateforme pour naviguer avec confiance dans les actifs numériques.
Choisi par plus de 150 institutions financières.

La semaine dernière, j'étais au cœur des montagnes suisses, à Davos, pour le 54e Forum économique mondial (FEM). Le "thème" de cette dernière édition (15-19 janvier) était la "reconstruction de la confiance", un sujet qui me tient particulièrement à cœur.

En tant que jeune entrepreneur, je vous avoue que j'étais assez impressionné d'aller là-bas. Davos est l'un des endroits où les idées disruptives, testées à l'échelle de certains groupes et entreprises, deviennent finalement grand public. C'est là que les acteurs les plus en vue dans le monde parlent ouvertement de choses sur lesquelles ils ont travaillé discrètement et où d'autres grands acteurs décident de leur emboîter le pas. Ce n'est pas un hasard si la création du Forum économique mondial en 1971 coïncide avec l'invention du courrier électronique.

Pour quelqu'un comme moi, dont la mission est l'adoption du Web3, être à Davos était donc finalement logique. Voici certaines choses qui m'ont surpris en parlant à des responsables économiques et politiques sur place : Il s'avère que la révolution Web3 a déjà eu lieu. Mais cette "victoire" n'est pas celle que certains pensent.Ce n'est pas le Web3 de la décentralisation et de la désintermédiation qui a gagné. Ce que j'ai entendu à Davos de la part d'acteurs comme CITI, Visa, Meta et d'autres, c'est que la blockchain n'est autre qu'une technologie que l'industrie bancaire, entre autres, utilise et utilisera de plus en plus pour servir ses clients.

De quand date précisément cette bascule ? J.P. Morgan a lancé le Réseau d'information interbancaire en septembre 2018 et le JPM Coin en février 2019, avant même la pandémie de COVID-19.

De même, HSBC a réalisé sa première transaction en blockchain en 2018 avec ING et Cargill, l'une des plus grandes entreprises privées aux États-Unis. Comme je l'ai dit, Davos n'est pas nécessairement l'endroit où l'innovation se produit, mais c'est là qu'elle est annoncée et où certaines orientations sont fixées. Ce qui m'a choqué par rapport aux années précédentes, ce n'est pas que les banques utilisent la blockchain pour suivre et compenser les transactions ou offrent des cryptos à leurs clients - je le savais, et j'ai été responsable de certaines de ces transformations.

Ce qui m'a surpris, c'est le côté presque évident de la chose. Beaucoup dans le monde des affaires, et notamment la finance, considèrent que c'est la façon standard de faire. Un représentant de Citi Bank m'a dit : "La crypto est comme un nouveau moyen de transporter l'argent. Nous l'utiliserons tous comme nous utilisons un vélo, un train ou un avion pour aller d'un point A à un point B." Un représentant de Standard Chartered m'a dit que les seules choses qui comptaient étaient "le coût, la transparence, les transactions transfrontalières et la vitesse".

La vérité est que le système bancaire mondial ne peut pas se permettre de fonctionner sans blockchain et cryptomonnaies. Il devient trop cher de ne pas le faire. J'ai récemment demandé au PDG d'une grande banque suisse où il pensait que l'adoption massive des technologies de registre distribué commencerait, et il m'a dit : "Dans les back offices des banques américaines".

Les blockchains sont sécurisées, immuables, auditables, disponibles 24/7, et, avec les avancées de l'IA, peuvent automatiser une grande partie de l'effort de haut niveau qui accompagne le mouvement des actifs.

De mon point de vue technique, nous parlons de révolution en matière de confidentialité, de cash numérique traçable sur liste blanche, de KYC instantanés et de réductions de coûts supérieures à 80%. Plus important encore, nous parlons des attentes changeantes des consommateurs pour qui trois à cinq jours de délai ou l'absence de visibilité de leurs actifs est tout simplement inacceptable.

Certains banquiers sont mal à l'aise avec cela, tandis que d'autres sont enthousiastes sur ce terrain. Quoi qu'il en soit, les choses ont commencé à bouger. Les acteurs institutionnels de Web3 comme Circle ou Grayscale ne sont plus seuls.

Quant à l'IA, qui est l'éléphant dans la pièce, elle-même a commencé à se normaliser. Comment impacte-t-elle l'adoption de la blockchain ? Selon un cadre de PWC, "la hype autour de l'IA va créer un effet positif pour toutes les technologies innovantes." Je pense effectivement que les technologies blockchain, augmentées par l'IA et des utilisations intelligentes de l'informatique quantique, rendront bientôt possibles des choses qui n'auraient pas pu être faites auparavant.

Format
Tribunes
Sheraz Ahmed

Sheraz Ahmed est Managing Partner chez STORM Partners, un cabinet de conseil blockchain et fintech basé à Genève, en Suisse, qu’il dirige depuis septembre 2020. Chez STORM Partners, il supervise les services de stratégie, de conformité et de croissance pour des clients actifs dans l’écosystème blockchain, avec des missions couvrant le marketing et la croissance, le juridique et la conformité, la finance et la levée de fonds, ainsi que la transformation digitale. Parmi ses clients figurent notamment Algorand, Aave, Cardano, Polygon, MultiversX, SingularityNet, Galaxy Digital, Swissborg et Vodafone.

Les travaux d’Ahmed dans les actifs numériques portent également sur la structuration et le lancement de produits tokenized, notamment de la propriété intellectuelle tokenized, des carbon credits, des creator tokens et des titres privés, en s’appuyant sur des infrastructures blockchain, des legal wrappers et des systèmes liés à l’IA. Son laboratoire d’innovation, Lightningbox, a mené des pilotes avec Hublot, UNICEF et Maerki Baumann. Il a également accompagné une fusion de 7,2 milliards de dollars au moyen d’une stratégie token structurée. En avril 2026, il est intervenu lors d’un petit-déjeuner à Paris organisé par The Big Whale en amont de la Paris Blockchain Week, aux côtés de représentants de Boerse Stuttgart Digital, Spiko, TACEO, 21x et AMINA Bank, sur le thème de l’exposition institutionnelle onchain. En dehors de STORM Partners, il est Founder de Decentral House et occupe le poste d’Ecosystem Director à la Crypto Valley Association. Il est titulaire d’un double Bachelor of Business Administration de Lancaster University et de l’Universidad Pontificia Comillas ICADE. Né en Angleterre, il a passé une grande partie de sa vie en Suisse et ses origines familiales le relient à l’Inde, au Pakistan et au Kenya.

See all articles ↗
Abonnez-vous à The Drop
Le briefing hebdomadaire de référence sur les actifs numériques pour les institutions financières : analyses indépendantes, rapports, benchmarks et événements exclusifs, directement dans votre boîte mail.
Lu par 30 000 professionnels
12-13 novembre 2026

The Geneva Summit

Le Corporate Gateway : là où l'avenir de la finance onchain se décide.
300 décideurs triés sur le volet.
300
Décideurs
2 jours
Programme complet