En bref
- Ethereum domine la valeur on-chain : la TVL rebondit fortement au T3 et reste massivement concentrée sur cette blockchain.
- Tokenisation : le marché progresse lentement, mais les institutions choisissent quasi systématiquement Ethereum.
- Layers 2 : le paysage se polarise autour de quelques gagnants (Base, Arbitrum).
- DeFi vs fintechs : les protocoles DeFi atteignent des AUM comparables aux fintechs et deviennent des partenaires crédibles.
- Prix ETH : Ethereum surperforme nettement au T3, porté par l’arrivée massive de capitaux institutionnels.
- ETFs : les encours explosent au T3 et le marché se concentre largement autour de BlackRock.
Les actualités importantes du 3ème trimestre 2025
Derniers réglages avant la mise à jour Fusaka
La mise à jour Fusaka, prévue le 3 décembre 2025, doit considérablement améliorer Ethereum. Son élément central, PeerDAS, réduit la quantité de données que les nœuds doivent stocker, permettant aux Layers 2 d’augmenter fortement leur capacité tout en baissant les coûts. Fusaka introduit aussi un ajustement dynamique des blobs, davantage de transactions par bloc et de vraies pré-confirmations, rapprochant l’expérience utilisateur des standards du paiement traditionnel.
Les ETF et les “treasury companies” dopent l’adoption institutionnelle
Sur le terrain institutionnel, l’été 2025 a marqué un tournant : les ETF spot Ethereum ont attiré 9,6 milliards de dollars au T3, dépassant ceux du Bitcoin. En parallèle, les “treasury companies”, sociétés cotées dédiées à la détention d’ETH, totalisent déjà 4,34 millions d’ETH (15,2 milliards de dollars), dominées par Bitmine, Sharplink Gaming et The Ether Machine. Certaines envisagent d’allouer une partie de leurs réserves à la DeFi pour générer du rendement.
Un cadre réglementaire plus clair qui sécurise l’écosystème Ethereum
Les États-Unis ont clarifié le cadre réglementaire avec deux textes majeurs : le GENIUS Act, qui encadre strictement les stablecoins, et le CLARITY Act (il faut encore un vote au Sénat), qui vise à mettre fin au conflit SEC/CFTC et propose un cadre plus lisible pour la DeFi. Comme Ethereum concentre la majorité de l’activité stablecoin et DeFi, ces avancées renforcent encore son rôle central dans l’infrastructure financière mondiale.
TVL : Ethereum domine la valeur onchain
La TVL des applications on-chain a fortement rebondi entre juillet et septembre, passant de 96,1 à 156,9 milliards de dollars toutes blockchains confondues. Sur Ethereum, elle est montée de 60,1 à 88,7 milliards, portée en partie par la hausse d’ETH mais surtout par le retour massif des stratégies de rendement avec levier.
Ces montages (souvent basés sur du wstETH utilisé comme collatéral pour réemprunter de l’ETH et le re-staker) ont connu un regain d’intérêt, amplifié par les conditions attractives autour du sUSDe d’Ethena.
Les marchés monétaires d’Ethereum (Aave, Morpho, Euler, Fluid) ont capté l’essentiel de cette demande, tandis que Maple, positionné sur les prêts institutionnels sous-collatéralisés, a vu sa TVL doubler à 2,6 milliards.
L’ensemble confirme une tendance structurelle : malgré la concurrence des autres chaînes, la liquidité on-chain de valeur reste concentrée sur Ethereum, qui continue de servir de colonne vertébrale aux activités de prêt et d’emprunt de la DeFi.
Tokenisation : un marché qui progresse, mais encore loin du décollage massif
Le marché des actifs du monde réel tokenisés progresse, mais sans accélération majeure. Au T3, la part d’Ethereum dans ce segment est passée de 52,1 % à 54,6 %, une hausse modérée qui reflète les limites actuelles des RWA : encore peu intégrés dans la DeFi et accessibles surtout à des investisseurs accrédités, ils peinent à atteindre une adoption large.
Malgré cela, les initiatives institutionnelles se multiplient et choisissent presque toutes Ethereum comme socle. UBS en a donné une illustration en exécutant sa première transaction de fonds tokenisé directement sur le réseau, en automatisant plusieurs étapes grâce aux smart contracts et aux oracles de Chainlink — preuve que l’efficacité opérationnelle promise par la tokenisation commence à se matérialiser.
Autre tendance qui se dessine : la dissociation entre l’utilisation des RWA et la blockchain qui porte les actifs. L’exemple de l’USDtb d’Ethena est parlant : le stablecoin circule uniquement sur Ethereum, mais une partie de son collatéral (notamment le fonds monétaire BUIDL de BlackRock) est désormais répartie sur plusieurs chaînes. Un moyen de diversifier l’infrastructure tout en conservant Ethereum comme couche principale d’activité.
Layers 2 : un paysage qui se polarise
Le suivi des transactions quotidiennes sur Ethereum et ses principaux L2 montre une polarisation croissante : quelques réseaux concentrent désormais l’essentiel de la dynamique, tandis que d’autres s’effacent progressivement.
Base en est l’exemple le plus clair. Porté par l’intégration onchain de Coinbase (qui distribue désormais des services comme les marchés de prêts Morpho depuis son app) le réseau s’impose sans programme massif d’incitations. L’idée d’un token BASE circule, mais la chaîne progresse déjà comme si elle n’en avait pas besoin.
Arbitrum, lui, consolide sa deuxième place grâce à un écosystème DeFi dense et à des applications introuvables ailleurs : Ostium, qui ouvre l’accès à des actifs de la finance traditionnelle, ou Boros, qui permet un trading avancé des taux de futures. Cette diversité d’usages lui donne un rôle structurant dans la galaxie L2.
À l’inverse, certains projets semblent renoncer à la bataille du grand public. ZKsync a relégué Era au second plan pour se repositionner comme fournisseur technologique, misant sur ses Prividiums (des L2 privés où seul l’opérateur peut lire les données) une réponse directe aux attentes des grandes institutions.
Le paysage continue toutefois de s’élargir. Robinhood prépare un L2 dédié à la tokenisation d’actions, Jovay Network (soutenu par Ant Digital, filiale du géant chinois Alibaba) travaille sur son propre réseau, et des chaînes historiques comme Celo ou Ronin ont migré pour devenir des L2 Ethereum, réduisant leurs coûts tout en bénéficiant d’une interopérabilité accrue.
AUM : la DeFi marche sur les pas des fintechs
La frontière entre DeFi et fintech se réduit rapidement. Certaines applications Ethereum affichent désormais un AUM comparable à celui d’acteurs comme Revolut, un rapprochement illustré par Aave, dont la valeur déposée a bondi de 55 % sur le troisième trimestre.
Le lancement d’Horizon marque un tournant pour le protocole : ce marché distinct, pensé pour les institutions, leur permet d’emprunter via des actifs tokenisés tout en laissant tout utilisateur fournir de la liquidité. Un compromis entre exigences réglementaires et efficacité du capital, sans abandonner l’ouverture caractéristique de la DeFi.
Cette montée en puissance est d’autant plus remarquable que ces protocoles opèrent avec des équipes minuscules face aux fintechs ou aux banques. Et le rapprochement devient concret : Revolut discute désormais avec Morpho et Aave pour intégrer directement leurs services. La finance onchain n’apparaît plus comme un terrain d’expérimentation, mais comme un partenaire crédible du grand public.
Performance du prix : ETH signe un retour en force au troisième trimestre
Ethereum a signé un été particulièrement fort : au troisième trimestre, l’ETH a progressé de 68 %, loin devant un bitcoin resté quasi stable et bien au-delà du Nasdaq (+18,6 %) ou du STOXX 600 (+3,1 %). Une surperformance nette qui tranche avec le climat d’incertitude du début d’année.
Deux dynamiques ont porté ce rebond. D’un côté, les treasury companies ont accumulé plus de 15 milliards de dollars d’ETH, créant une nouvelle demande structurelle. De l’autre, les ETF Ethereum ont vu leurs flux s’accélérer après un démarrage timide, renforçant l’ancrage institutionnel du réseau.
En somme, la hausse d’Ethereum au T3 n’a pas été tirée par la spéculation crypto classique, mais par des capitaux institutionnels qui s’installent durablement. Un signal d’autant plus notable que le réseau s’apprête à déployer Fusaka et que l’activité onchain continue de croître trimestre après trimestre.
ETF Ethereum : l’AUM explose, la concentration aussi
Les ETF Ethereum ont changé d’échelle au troisième trimestre. Après un premier semestre stagnant entre 4 et 8 milliards de dollars, leurs encours ont brusquement accéléré dès juillet : plus de 20 milliards en août, puis un pic proche de 32 milliards en septembre, portés par l’arrivée de grands investisseurs.
Cette expansion s’est faite avec un autre effet majeur : une forte concentration du marché autour d’un seul acteur. BlackRock, avec son ETF ETHA, capte l’essentiel des flux grâce à des frais très bas (0,25 %, temporairement 0,12 %), une liquidité supérieure et la puissance de sa marque.
Les autres émetteurs peinent à suivre. Grayscale, bloqué par ses frais de 2,5 % hérités du format trust, perd en attractivité. Fidelity (FETH) et VanEck (ETHV) offrent des frais compétitifs, mais manquent du volume et de la notoriété qui permettent à BlackRock d’écraser la concurrence.
En quelques mois, les ETF ETH sont devenus un canal privilégié pour l’exposition institutionnelle à Ethereum, mais dans un paysage où BlackRock fait désormais figure de centre de gravité incontesté.
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