2024, une année faste pour le Web3 français ?
Demandez à UNE IA DE RÉSUMER CET ARTICLE

Alors qu'une loi sur l'attractivité financière se prépare, la France pourrait tirer son épingle du jeu sur un marché du Web3 qui entre dans une nouvelle phase de croissance, selon Franck Guiader, directeur de l'équipe Gide 255 au sein du cabinet d'avocats Gide.

Vous avez atteint votre limite de 2 articles gratuits ce mois-ci

La recherche que vos pairs exploitent déjà

The Big Whale donne aux institutions financières la market intelligence, le réseau, et la plateforme pour naviguer avec confiance dans les actifs numériques.
Choisi par plus de 150 institutions financières.

Dans une période d'aversion au risque et d'incertitude sur les contours de cette nouvelle version annoncée d'Internet, les acteurs du Web3 sont confrontés à un double défi : démontrer leur utilité économique et s'insérer dans le cadre des développements législatifs et réglementaires qui déferlent dans le domaine de l'économie numérique.

Pour relever ce double défi, le Web3 devra rapidement être accompagné de garanties concernant la robustesse et la sécurité de son modèle, et se soumettre à une nouvelle forme de contrôles que les superviseurs souhaiteront effectuer sur certaines transactions qui y seront opérées.

Fort d'un écosystème "crypto" qui s'est développé en France depuis près de cinq ans, composé principalement de plateformes d'échanges et de prestataires en matière de sécurité technologique, les acteurs du Web3 pourront s'appuyer sur la profondeur du marché français à la recherche de leviers de croissance.

Ils ne devraient sans doute pas être les seuls à profiter des opportunités de cette transition numérique. Les acteurs institutionnels, notamment financiers, pourraient également apporter leur savoir-faire, par exemple, dans l'exécution des paiements et la maîtrise des contraintes réglementaires. En témoignent leurs nombreuses initiatives et contre-offensives en matière de blockchain, publique ou privée, et leurs premiers pas observés encore récemment sur le marché des cryptoactifs.

Portés par l'impulsion des pouvoirs publics qui œuvrent pour que la France réussisse mieux sa transition vers le Web3 que son passage à Internet il y a une trentaine d'années, il suffit d'observer la présence des banques, des dépositaires, et plus largement du secteur financier, dans les travaux de place et les négociations européennes. Ils semblent en effet avoir intégré dans leurs stratégies à long terme, l'évolution des échanges et l'émergence de nouveaux instruments numériques tels que les crypto-monnaies, stablecoins, et autres NFT.

Le droit, une arme en matière d'attractivité ?

Reste à savoir ce qui dominera après l'avalanche réglementaire déjà enclenchée au niveau européen uniquement ? Le règlement européen MiCA, applicable au marché des cryptoactifs, commencera à entrer en application dès cet été, ce qui devrait avoir pour conséquence de consolider le marché des prestataires et des émetteurs, et de faire émerger quelques acteurs qui pourraient imposer leurs standards, face à leurs concurrents étrangers.

De même, DORA, le règlement-phare en matière de cybersécurité pour le secteur financier européen, s'appliquera dès janvier 2025, et devrait progressivement obliger les prestataires "crypto" qui y seront également soumis, à aligner leurs modèles opérationnels sur une ligne commune en matière de résilience opérationnelle.

Face à cette recomposition du marché sous-jacent au monde du Web3, qui devrait emprunter largement les voies des protocoles blockchain et de toutes sortes de cryptoactifs, les investissements pourraient alors se porter vers les meilleurs élèves en matière de confiance numérique.

Alors que la France a été pionnière en matière de réglementation dans ce domaine, le pays pourrait sans doute bénéficier d'un certain attrait pour les investissements dans le Web3 au cours des prochaines années. Le droit pourrait ainsi servir d'arme offensive en matière d'attractivité, et recréer de la confiance au sein d'un nouvel écosystème en recherche de légitimité et de croissance.

Format
Tribunes
Franck Guiader

Franck Guiader est Head of FinTech and Innovation chez Gide Loyrette Nouel, où il dirige la pratique du cabinet en matière de finance digitale, fintech, AI et Web3. Il conseille des entreprises et institutions publiques et privées sur des projets de développement nécessitant une structuration juridique propre aux technologies concernées, couvrant notamment la blockchain, les security tokens, les ICOs, les stablecoins, les NFTs, le metaverse, les roboadvisors, le crowdfunding et l’AI. La pratique est classée Band 1 dans le Chambers FinTech Legal Guide depuis cinq années consécutives, de 2022 à 2026.

Guiader est membre de la Commission consultative Gestion et investisseurs institutionnels de l’AMF et du Comité Innovations technologiques et évolutions réglementaires de l’Association française de la gestion financière (AFG), où il préside également le groupe de travail de l’AFG sur l’Artificial Intelligence. Depuis juillet 2024, il est Independent Board Member et Chairman of the Audit Committee chez Groupama Asset Management. Avant de rejoindre Gide en 2018, il a été Division Director à l’AMF de 2011 à 2018, en charge de la régulation de la gestion d’actifs ainsi que de la division fintech, innovation et compétitivité. Auparavant, il a occupé des fonctions dans la banque d’investissement, la gestion d’actifs et les marchés boursiers. Il est diplômé en droit des affaires, finance et mathématiques des universités Paris Panthéon-Assas et Paris Cité, ainsi que de Neoma Business School.

See all articles ↗
Abonnez-vous à The Drop
Le briefing hebdomadaire de référence sur les actifs numériques pour les institutions financières : analyses indépendantes, rapports, benchmarks et événements exclusifs, directement dans votre boîte mail.
Lu par 30 000 professionnels
12-13 novembre 2026

The Geneva Summit

Le Corporate Gateway : là où l'avenir de la finance onchain se décide.
300 décideurs triés sur le volet.
300
Décideurs
2 jours
Programme complet